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ETHIOPIE - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères

Politique extérieure 

Conflit avec l’Erythrée

- Le différend frontalier entre l’Ethiopie et l’Erythrée a provoqué un conflit meurtrier (au moins 100.000 morts) de mai 1998 à juin 2000. La médiation de l’OUA, soutenue par le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Union Européenne avait permis la signature à Alger d’un accord de cessation des hostilités (18 juin 2000), puis d’un accord de paix (12 décembre 2000) : mise en place d’une opération de maintien de la paix, la MINUEE (Mission des Nations unies en Ethiopie et en Erythrée) ; délimitation de la frontière par une Commission arbitrale, dont les décisions avaient été rendues le 13 avril 2002. Addis-Abeba avait d’abord rejeté ces conclusions, jugées favorables à l’Erythrée, pour finalement accepter « en principe »la décision de la commission de délimitation, mais avait invité l’Erythrée à ouvrir un « dialogue » sur la mise en œuvre de la démarcation de la frontière et sur la normalisation des relations entre les deux pays. L’Erythrée a toujours refusé d’entamer un dialogue, estimant que la démarcation de la frontière devait précéder toute normalisation.

- Le processus de paix entre les deux pays est donc dans l’impasse depuis 6 ans et leurs relations inexistantes (frontières fermées, relations diplomatiques rompues, aucune relation économique). Devant l’impossibilité de procéder à la démarcation sur le terrain (bornage), la Commission frontalière a décidé de procéder à une démarcation sur cartes en novembre 2006, définitive depuis décembre 2007, date à laquelle la Commission arbitrale, devant l’impasse du processus de démarcation, a décidé de s’auto-dissoudre. Parallèlement, le Conseil de Sécurité de l’ONU a mis un terme au mandat de la MINUEE en juillet 2008, compte-tenu des entraves croissantes à son fonctionnement imposées par l’Erythrée (interdiction de survol, expulsion de fonctionnaires des Nations Unies, réoccupation progressive de la zone tampon - Zone de Sécurité Temporaire).

- Les deux parties sont donc laissées à elles-mêmes pour résoudre leur différend frontalier. Les tensions restent vives, même si le risque de guerre imminente ne semble pas élevé.

Crise somalienne

- Addis-Abeba a toujours considéré avec méfiance son voisin somalien, redoutant les projets de « Grande Somalie » incluant la province éthiopienne de l’Ogaden (qui a provoqué un conflit entre les deux pays en 1977-1978), mais aussi que la Somalie serve de base arrière à des mouvements d’opposition armés, en particulier les mouvements séparatistes oromos.

- En décembre 2006, considérant que la progression des Tribunaux islamiques menaçaient le gouvernement de transition (installé à Baidoa, sous la protection de troupes éthiopiennes), l’Ethiopie est intervenue militairement en Somalie. En moins d’une semaine, les troupes éthiopiennes ont chassé les milices des Tribunaux islamiques et ont permis au gouvernement de transition de s’installer dans la capitale, début janvier 2007. Depuis, la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader dans l’ensemble du Centre et du Sud de la Somalie, y compris dans les zones de présence de l’armée éthiopienne, laquelle semble de plus en plus enlisée face à une insurrection, menée par les milices islamistes issues des Tribunaux Islamiques, qui gagne du terrain. Face à cette situation difficile, l’Ethiopie a retiré son armée début 2009. Elle entretient des rapports cordiaux avec le nouveau gouvernement somalien, issu du processus de Djibouti et associant les islamistes modérés issus des tribunaux islamiques.

Relations avec les autres Etats

- Relations apaisées avec Djibouti, devenu son principal débouché maritime (80 % de l’activité du port de Djibouti).
- Nette amélioration des relations avec le Soudan, tant avec le Nord qu’avec le Sud.
- Relations bonnes avec les pays occidentaux malgré les tensions issues des violences consécutives aux élections de mai 2005. L’Ethiopie est perçue, surtout à Washington, comme un rempart contre l’islamisme dans la région.
- Le Siège de l’Union Africaine se trouve à Addis-Abeba. L’Ethiopie est membre du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. L’Ethiopie est membre de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui regroupe six pays de la région, au sein de laquelle elle exerce une large influence.

Relations bilatérales

Relations politiques

- La France et l’Ethiopie ont des liens depuis le 19ème siècle. Ces liens se sont relâchés pendant le régime communiste de Mengistu.

- Les visites à haut niveau se sont développées dernièrement : visite du Premier Ministre Meles Zenawi en 1996, en février 2003 lors du sommet Afrique-France (entretien avec le Président de la République), en avril 2005 et en décembre 2009. Visite en France du ministre des Affaires étrangères Seyoum Mesfin en 1998, janvier 2005, novembre 2007, du vice-ministre, M. Tekeda, en avril 2003 et juin 2009 et du ministre des finances, M. Soufian Ahmed, en juin 2003. Visite à Addis-Abeba du Ministre des Affaires étrangères en juillet 2007 et novembre 2008. Visite du CEMA, Général Georgelin, en janvier 2009. Visite de la Secrétaire d’Etat aux affaires étrangère et aux Droits de l’Homme en avril 2009.

Relations économiques

- La France est le 11ème fournisseur de l’Ethiopie et son 13ème client. Signature (juin 2004) d’un Accord de Promotion et de protection des Investissements (API). Elle est également l’un des principaux investisseurs en Ethiopie. Les investissements français sont concentrés dans quatre secteurs : brasserie, distribution de produits pétroliers, floriculture et hôtellerie. Les volumes d’investissements restent cependant faibles (125 M€).
- Présence commerciale : ETDE, Total, Alcatel, Castel, Accor, Roses Meilland, Vergnet, Areva.

Coopération culturelle, scientifique et technique

- Signature d’un DCP en novembre 2006, avec deux secteurs de concentration (Développement des infrastructures urbaines et Eau/assainissement) et trois secteurs transversaux (Gouvernance/justice, Enseignement supérieur et Francophonie/diversité culturelle) pour un montant total de 67,9 à 79,6 M€ sur 5 ans (2006-2010).
- Une nouvelle action de coopération est en train d’être mise en place avec le ministère du Renforcement des capacités pour l’élaboration d’un programme de formation de la haute fonction publique éthiopienne, en partenariat en France avec l’École Nationale d’Administration.
- L’AFD dispose d’une agence à Addis-Abeba depuis 1993, avec compétence régionale (Erythrée, Somaliland et Soudan). Dans la pratique, les projets de l’Agence se concentrent sur l’Ethiopie (1 gros projet d’hydraulique villageoise au Sud Soudan, 1 projet transfrontalier de lutte contre le sida au Somaliland). De 2001 à 2006, les versements de l’AFD en Ethiopie se sont élevés à environ 21M€, entièrement réalisés en subvention, essentiellement dans le secteur de l’eau (alimentation en eau potable à Addis-Abeba et Debre Berhan, irrigation, gestion intégrée des ressources en eau du Nil éthiopien).
- L’AFD a signé en mai 2009 un contrat avec la societé Vergnet pour la livraison et construction d’une ferme éolienne de 120 MW dans le Tigray d’un montant de 210 M€. L’AFD va également intervenir dans le domaine de la gouvernance urbaine (projet d’amélioration de la gestion des déchets à Addis-Abeba).

Autres types de coopération

- La coopération militaire (enseignement du français, stages d’officiers et actions dans le domaine des transmissions) s’appuie sur une enveloppe qui s’élève à 571.000 € en 2009. Le regain d’intérêt pour le français s’explique notamment par la participation de l’Ethiopie aux opérations de maintien de la paix sur le continent africain (Darfour, Libéria, Soudan, Côte d’Ivoire, Burundi).

Relations avec l’Union Européenne et aide communautaire

L’Ethiopie est le pays d’Afrique qui reçoit en volume le plus d’aide de l’UE. En 2007, la Commission européenne et les Etats membres de l’UE ont versé 727,6 M€, soit 44 % de l’APD reçue par l’Ethiopie. Les relations politiques se sont nettement améliorées après un refroidissement à la suite des élections en 2005.

P.-S.

- Carte de l’Ethiopie

Publié le mardi 26 janvier 2010, par CIDR

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