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ETHIOPIE - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères

Situation intérieure 

Situation politique

- En 1991, le Front Démocratique et Révolutionnaire du Peuple Ethiopien (FDRPE), qui regroupe divers mouvements d’opposition armée, met fin à la dictature de Mengistu Haile Maryam. Meles Zenawi devient Premier Ministre.

- Le FDRPE, dominé par le Front Populaire de Libération du Tigré (FPLT) de Meles Zenawi, remporte les élections organisées en 2000. L’apparition de dissensions au sein du parti conduit à l’éviction, en mars 2001, de douze membres du comité central, du chef d’état-major des armées et du chef d’état-major de l’armée de l’air. Le Président de la République (fonction honorifique), M. Negasso Gidada, est remplacé par M. Girma Woldé Giorgis le 8 octobre 2001. On assiste à quelques troubles épisodiques : répression des manifestations estudiantines (avril 2001), faisant une quarantaine de morts ; incidents meurtriers en mars et mai 2002 dans le sud-ouest du pays (Tepi, Awassa), puis en février 2004, à Gambella (frontière soudanaise).

- En mai 2005, l’Ethiopie a connu ses premières élections législatives libres à la faveur d’une réelle tentative d’ouverture de la part du régime. Mais la contestation des résultats par l’opposition, qui avait effectué une percée importante à cette occasion, a conduit en juin et novembre 2005 à des émeutes qui ont fait des centaines de morts et entraîné plusieurs milliers d’arrestations. Meles Zenawi a été reconduit à son poste de Premier ministre en octobre 2005.

- Le procès d’une centaine de dirigeants emprisonnés de l’opposition a traîné en longueur pendant près de 2 ans. Des tractations menées à l’été 2007 par des « elders » éthiopiens entre le régime et les opposants ont permis la libération de presque tous les opposants dont Birtukan Mideksa, membre de la CUD, emprisonnée pendant 18 mois. Son parti, la CUD, avait boycotté les élections locales d’avril 2008. Elle avait fondé un nouveau parti, l’UDJ (Unity for Democracy and Justice), en juillet 2008. Elle a été de nouveau emprisonnée à vie le 31 décembre 2008 suite à des déclarations en Suède, où elle remettait en cause sa demande de pardon. Les autorités éthiopiennes se sont montrées jusqu’à présent particulièrement intransigeantes sur cette affaire et ont refusé toutes les propositions en vue de permettre sa libération (exil à l’étranger, intervention des « elders »).

- Des élections régionales se sont tenues en avril 2008, largement remportées par le FDRPE. L’opposition a dénoncé des pressions, intimidations et entraves à ses activités durant la campagne, ainsi que des irrégularités au moment du scrutin. Après une crispation de deux ans, le dialogue s’est peu à peu noué entre le gouvernement et l’opposition parlementaire.

- A l’approche des élections générales prévues en mai 2010, Meles Zenawi représentant l’Ethiopian People Revolutionnary Front (EPRDF), a signé le 30 octobre 2009 un accord politique avec la majorité des partis d’opposition (Coalition pour l’Unité et la Démocratie, Parti Démocratique Ethiopien, et Organisation pour l’Unité des Ethiopiens), concernant le calendrier des futures élections législatives éthiopiennes. Seul le MEDREK, coalition des partis qui ne sont pas représentés au parlement, n’a pas encore trouvé de terrain d’entente.

- La loi sur la société civile, votée fin 2008, restreint la capacité d’action des ONG : elles sont soumises à des réglementations comptables et administratives qui peuvent condamner leurs dirigeants à de lourdes peines (jusqu’à 15 ans de prison) en cas de non respect des procédures. Les ONG dites « étrangères » (financement étranger supérieur à 10%) voient leur champ d’intervention réduit puisqu’il leur est désormais interdit d’agir dans les secteurs jugés politiquement sensibles tels le droit des femmes, des enfants et des handicapés, le fonctionnement de la justice ou la résolution des conflits. Les lois sur la presse et anti-terroriste (votées en janvier et en juillet 2009) sont venues confirmer la volonté du parti au pouvoir d’encadrer strictement et à son avantage la liberté d’expression des médias (possibilité d’arrestation d’un journaliste sur simple dénonciation).

Situation économique

- Après avoir été gravement affectée par la guerre avec l’Erythrée (1998-2000), l’économie éthiopienne s’est progressivement relevée. Depuis 2003, la croissance est soutenue (plus de 10% en 2006 et 2007), malgré un ralentissement en 2008 (8%). Il est prévu une croissance de 6,5% en 2009. Fin 2008, l’Ethiopie a été fortement touchée par la crise économique mondiale et la hausse des prix pétroliers et alimentaires avec pour principale conséquence une nette accélération de l’inflation de plus de 40% en moyenne annuelle, contre 15% en 2007 et une détérioration du solde courant (-5,8% du PIB). La chute des réserves de change qui s’en est suivi (à seulement un mois d’importations) a eu pour conséquence un resserrement de l’accès aux devises, qui pénalise nombre d’opérateurs économiques. Pour faire face à cette situation, le gouvernement a sollicité une aide de 50 MUSD au FMI, dans le cadre des facilités pour lutter contre les chocs exogènes. Une deuxième facilité de 240 MUSD vient de nouveau de lui être accordée fin août 2009, en contrepartie de la mise en application d’un certains nombres de mesures : en particulier la dépréciation du birr, la maîtrise de l’inflation, des dépenses et des emprunts publics, y compris ceux des entreprises publiques.

- Le principal vecteur de croissance reste la production agricole. Les secteurs des services et de la construction (bâtiment, infrastructures), ainsi que l’horticulture, se développent rapidement.

- La situation alimentaire est caractérisée par un déficit chronique, en particulier dans certaines régions du pays (Ogaden, pays Oromo), plus vulnérables sur le plan climatique. Or, si la part de l’agriculture dans le PIB est de 41%, ce secteur fait vivre 80% de la population. En 2008, en raison de mauvaises récoltes, de la sécheresse, et de la hausse mondiale des prix des matières premières, les agences humanitaires estiment que plus de 6 millions d’Ethiopiens nécessitent une aide humanitaire d’urgence, auxquels s’ajoutent les 5,7 millions déjà couverts par le programme d’assistance éthiopien (Productive Safety Net Programme).

P.-S.

- Carte de l’Ethiopie

Publié le mardi 26 janvier 2010, par CIDR

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