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GUINEE - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères et Européennes

Situation intérieure 

Situation politique

- Lansana Conté est décédé le 22 décembre 2008 après 24 années à la tête la Guinée. Dès le lendemain, le capitaine Moussa Dadis Camara a annoncé la suspension des institutions et de la constitution et la création du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD). Le capitaine Dadis Camara s’est auto-proclamé Président de la République.

- Comme le chef de la junte s’y était engagé à l’occasion de la visite en janvier du secrétaire d’état chargé de la coopération et de la francophonie, un processus de transition était en cours en Guinée auquel la communauté internationale participait grâce au Groupe international de contact (auquel la France participe en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité) afin de suivre et appuyer le processus de transition. Ce processus devait inclure la tenue d’élections législatives et présidentielle en 2009, la mise en place d’un organe de transition (Conseil National de Transition) et l’engagement que ni le chef de la junte, ni la junte (membres du CNDD), ni le Premier ministre ne participent aux élections.

- Initialement, un consensus national entre la junte et la société civile avait permis de fixer la date des élections à la fin 2009. Toutefois, pour des raisons techniques, les élections ont été reportées début 2010.

Dans un climat assez délétère marqué par la saturation de l’espace public par la question de la candidature de Dadis Camara à l’élection présidentielle, on a alors assisté à un morcellement de l’opinion publique (« Mouvement Dadis doit rester », « Mouvement Dadis doit partir »). Le 28 septembre 2009, l’armée a violemment réprimé une manifestation pacifique organisée par les Forces vives dans le stade de Conakry, faisant plus de 150 tués et plus de 1200 blessés. Ce massacre a été unanimement condamné par la communauté internationale. La France a immédiatement suspendu sa coopération militaire et déployé une assistance médicale aux victimes.

- Le 3 décembre 2009, l’aide de camp de Dadis Camara, Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba », a tenté d’assassiner le chef de la junte au camp Koundara. Dadis Camara a été évacué et hospitalisé à Rabat.

- La disparition de Dadis Camara de la scène politique guinéenne a permis au général Konaté de promettre, dans un discours tenu le 6 janvier 2010 à la Radio Télévision Guinéenne, d’ouvrir la voie à un retour du pouvoir civil en Guinée grâce, notamment, à la désignation d’un Premier ministre issu des Forces vives et désigné par elles afin de former « un gouvernement d’union nationale ».

- Le 12 janvier 2010, Dadis Camara a gagné le territoire burkinabé. Sous l’impulsion décisive du Président Compaoré, le capitaine Dadis Camara, le général Konaté et le Président Blaise Compaoré ont signé, le 15 janvier 2010, la « Déclaration conjointe de Ouagadougou » qui définit les modalités de la transition guinéenne : gouvernement d’union dirigé par un Premier ministre issu des Forces vives, non candidature des membres du CNDD, du chef d’état de la transition, du premier ministre de transition, du gouvernement et des membres des Forces de sécurité et de défense en activité aux prochaines élections et tenue des élections dans un délai de six mois.

- Avec la signature de l’accord politique de Ouagadougou, le 15 janvier, et la nomination d’un nouveau Premier ministre, le 20 janvier, la Guinée s’est engagée sur la voie de la transition politique. Le gouvernement d’union nationale a tardé à se former, permettant toutefois à la transition de s’organiser.

- Le Président de la République par intérim et Président de la transition, Sékouba Konaté, a mis à bien cette période pour asseoir son autorité sur l’armée et apaiser les tensions en Guinée forestière. Sur proposition du Premier ministre, chef de gouvernement, il a nommé, le 15 février 2010 les membres du gouvernement d’union nationale de la transition qui devrait contribuer à la stabilisation du pays. La commission électorale nationale indépendante (CENI) de Guinée a proposé que l’élection présidentielle soit organisée le 27 juin, avec un éventuel second tour le 18 juillet 2010. Ces propositions doivent être transmises aux autorités de transition qui prendront la décision finale de fixer le calendrier électoral.

Situation économique

- Le pays dispose d’un très riche potentiel (outre un tiers des réserves mondiales de bauxite : or, diamant, fer, manganèse, zinc, cobalt, nickel, uranium). Le secteur minier contribue pour 15 à 20% au PIB et pour plus de 60% aux exportations du pays, mais il n’assure actuellement que 25% des recettes intérieures de l’Etat. Plusieurs méga-projets industriels (dépassant chacun le milliard de dollars) ont été programmés dans le secteur minier. Des contrats ont été signés avec les sociétés Global Alumina, Alcoa-Alcan et Rusal (contrat en cours de renégociation) pour l’exploration et l’exploitation de la bauxite, tandis que les groupes Rio Tinto (6 milliards $ d’investissements actuellement en suspens) et BHP Billinton sont fortement présents pour le minerai de fer.

- Selon le Ministre des mines guinéen, Mahmoud Thiam, un contrat a été signé, courant octobre 2009, à Conakry avec la China International Fund (CIF) et la Sonangol (compagnie pétrolière angolaise). Ce contrat prévoirait des investissements, notamment dans le domaine des infrastructures, de plus de 7 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros), les plus importants jamais réalisés en Afrique.

- Alors que la Guinée remplissait pratiquement toutes les conditions formelles pour atteindre le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés qui permet un traitement significatif de la dette extérieure, le FMI et la Banque Mondiale ont décidé de reporter l’examen de l’atteinte du point d’achèvement fixé initialement le 12 janvier 2009. Le coup d’Etat le 22 décembre 2008 a en effet marqué un coup d’arrêt aux relations avec la communauté financière internationale, justifié par la non- reconnaissance de la légitimité de la junte.

- La dernière mission « fact-indings » menée fin mars 2009 par la Banque mondiale et le FMI a relevé que la Guinée se trouvait dans une situation financière critique et ne disposait plus que de quelques mois avant d’être en arriérés de salaires (écart budgétaire estimé alors à 200 M€, soit 25% du budget ou plus de 5% du PIB). En juillet 2009, les salaires des fonctionnaires étaient toujours versés. Au cours du premier semestre 2009, la junte a préféré payer, en priorité, les salaires par rapport aux remboursements du service de la dette. Le risque de cessation de paiement de l’Etat n’était pas à exclure à court terme.

P.-S.

- Carte de Guinée

Publié le vendredi 4 juin 2010, par CIDR

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