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GUINEE - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères et Européennes

Politique extérieure 

La Guinée et son environnement régional

- La Guinée est globalement peu intégrée dans la sous-région. Elle est membre de la CEDEAO mais pas de la zone franc. Les autorités guinéennes réfléchissent cependant à un rapprochement progressif avec l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine. La Guinée est également membre de l’Autorité du bassin du Niger, (avec le Nigéria, le Niger, le Cameroun, le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’ivoire et le Tchad) dont la 27ème session ordinaire du Conseil des ministres s’est tenue à Conakry du 3 au 7 novembre 2008.

- Avec le Libéria, la Guinée a entretenu des relations extrêmement tendues jusqu’à la fin de la guerre dans ce pays en août 2003. La sortie de crise libérienne a offert l’occasion de consolider durablement la paix dans la région et d’ouvrir la voie à une réconciliation entre les pays de la région du fleuve Mano (Guinée, Sierra Leone, Libéria). La Guinée est membre de l’Union du fleuve Mano (Mano river union - MRU).

- La crise en Côte d’Ivoire, et ses répercussions politiques, économiques mais surtout humanitaires, (plusieurs milliers de Maliens, Burkinabés et Ivoiriens se sont réfugiés en Guinée) a été un facteur de préoccupation pour la Guinée. Le président Conté avait défendu la légitimité du président Gbagbo, sans pour autant lui apporter une aide militaire dans sa lutte contre les rebelles.

La Guinée et la communauté internationale

- En tant qu’Etat partie à l’accord de Cotonou, la Guinée doit respecter l’article 9 de ce dernier concernant le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’Etat de droit sur lesquels se fonde le partenariat ACP-UE. Dans ce contexte, l’UE a posé des exigences à la junte (déclaration de l’UE du 31 décembre 2008 : organisation d’élections dans les plus brefs délais, non présentation à ces élections du chef de la junte, transition confiée à un gouvernement civil). Elle a ouvert avec la junte au pouvoir en Guinée de nouvelles consultations au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou (atteinte grave à la démocratie et aux droits de l’Homme).

- Lors de ces consultations, qui se sont tenues à Bruxelles le 30 avril 2009, a été présentée une « feuille de route de transition » qui inclut « l’organisation d’élections générales et présidentielle libres et transparentes avant la fin 2009 ». Dans l’attente de la conclusion de ces consultations, la Commission n’a pas suspendu les projets en cours mais n’en instruit pas de nouveaux, hors aide humanitaire. Le massacre du 28 septembre 2009 a conduit l’Union européenne à l’adoption d’un embargo sur les armes et de mesures individuelles ciblées contre les membres de la junte et personnes associées responsables du massacre du 28 septembre.

- La communauté internationale a décidé de créer, lors du sommet de l’Union africaine tenu à Addis Abeba fin janvier 2009, le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G). Celui-ci est coprésidé par l’envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine (UA) et le Président de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Participent au Groupe : l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’Union européenne (UE), l’Union des Etats du Fleuve Mano, l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), la Communauté des Etats Sahélo Sahariens (CEN-SAD), la Banque Mondiale (BM), l’Angola qui assure la présidence du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, le Nigeria en sa qualité de pays assurant la présidence de la CEDEAO, ainsi que des membres africains (Burkina et Libye) et des membres permanents (Royaume Uni, la France, la Russie et les Etats-Unis d’Amérique) du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Espagne et depuis la dixième session du GIC-G à Addis Abeba le 26 janvier 2010, le Maroc. Ce groupe a pour objectif de suivre la situation, de coordonner et harmoniser les efforts de ses membres pour rétablir l’ordre constitutionnel.

Relations bilatérales

Relations politiques

La France affirme ses positions à travers l’action conduite par le Groupe international de contact sur la Guinée, auquel elle participe en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi qu’au travers de l’action de l’UE. Ses exigences sont les mêmes que celles de ses partenaires : organisation d’élections libres et transparentes le plus rapidement possible.

Relations économiques

- La France est le troisième fournisseur après la Chine et la Côte d’Ivoire, d’où viennent tous les produits pétroliers commercialisés en Guinée. Elle est également le deuxième client de la Guinée. Les ventes de la France vers la Guinée représentaient 160M€ sur les dix premiers mois de 2008 (+4,4% ; 102ème client) contre 115 M€ en 2007 et les achats s’élèvent à 50 M€ sur les dix premiers mois 2008. Le solde commercial excédentaire pour la France s’établit à 65 M€ en 2008 (36,1 M€ en 2007).
- Les ventes sont constituées principalement par le poste « biens d’équipements professionnels » (25% du total), le poste « biens intermédiaires » (13%) et par les produits agricoles et des industries alimentaires (13%), mais aussi les produits pharmaceutiques (17,4 M€). La Guinée exporte vers la France ses produits minéraux (70 % du total).

70 entreprises françaises, dont 25 filiales, sont installées en Guinée, principalement dans les secteurs suivants :

- banques (BNP-PARIBAS, Société Générale, Groupe Financial),
- assurance (AXA-UAP),
- services maritimes (Bolloré, SAGA, SDV, SOCOPAO),
- distribution pétrolière (TOTAL-FINA-ELF)
- automobile (PSA-Citroën, Renault),
- transports aériens, gestions des infrastructures aéroportuaires (Air France, SOGEAC),
- produits pharmaceutiques (Euro Pharma),
- hôtellerie ( ACCOR),
- travaux publics (SATOM/SOGEA, AUDEMARD),
- audit et conseil (Ernst Young),
- télécommunications (ALCATEL).

De nombreuses petites entreprises de droit local appartiennent à des Français, associées ou non à des partenaires guinéens. Ils participent activement à la présence économique de la France (restauration, vente et location de véhicules, construction et maintenance, informatique, transitaire...). Par ailleurs, la société Technip est membre (pour environ 400 M€) du consortium dirigé par Global Alumina signataire d’un contrat de 1,5 Md $ pour la production d’alumine.

Coopération culturelle, scientifique et technique

- La France est un partenaire privilégié de la Guinée, pays qui figure parmi les dix premiers bénéficiaires de l’aide française en Afrique. A ce titre et suite à la levée des sanctions en 2005, un document cadre de partenariat (DCP) a été signé en 2006 pour une période de 5 ans. Ce document reflète les trois secteurs OMD de concentration - éducation, eau et agriculture - pour lesquels l’Agence Française de Développement (AFD) affiche des engagements pour un montant global de 100 M€ sur 2006-2010.

- Pour 2009, la DGM a programmé une enveloppe de 932.000 € et alloué 480.000 € en crédits de paiement (CP) au titre du FSP pour le financement de projets en cours. A titre exceptionnel, suite à arbitrage, 200.000€ en CP complémentaires permettront de mettre en œuvre un nouveau projet dont une composante visera l’appui à la campagne électorale. Une nouvelle enveloppe pluriannuelle de 700.000€ va également être mise en place au titre du Fonds social de développement (FSD - projets communautaires devant bénéficier en priorité aux enfants privés de famille et aux femmes).

Autres types de coopération

- A travers l’action extérieure des collectivités locales, le ministère des Affaires étrangères et européennes finance également plusieurs projets de proximité (décentralisation, développement économique, etc.).

P.-S.

- Carte de Guinée

Publié le vendredi 4 juin 2010, par CIDR

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