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KENYA - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères et Européennes

Situation intérieure 

Situation politique

- Le Kenya, indépendant depuis 45 ans, a longtemps fait figure d’exemple en matière de stabilité politique et de transition démocratique. En 1992, le multipartisme a été établi et, lors des élections présidentielles de 2002, l’ancien président Moi qui avait dirigé le pays depuis 1978, a accepté la victoire du candidat de l’opposition Mwai Kibaki.

- Cinq ans après, ce dernier se représentait aux élections présidentielles du 27 décembre 2007, s’appuyant sur un solide bilan macro-économique de croissance retrouvée et de liberté d’expression garantie. Dans un contexte général remarquablement favorable, l’année 2007 avait tout de même vu une pause dans les réformes et une certaine érosion du soutien politique et populaire accordé au Président sortant.

- Les élections présidentielles, législatives et locales se sont déroulées le 27 décembre 2007, dans un climat serein. Les résultats des législatives ont envoyé au Parlement une courte majorité de députés de l’opposition et ont marqué la défaite d’une vingtaine de ministres du gouvernement sortant. Les résultats des présidentielles, qui ont conduit à la proclamation précipitée de la victoire de Mwai Kibaki, ont visiblement été falsifiés. Des violences ont alors éclaté dans l’ensemble du pays, faisant en tout 1 500 morts et 500 000 déplacés.

- La médiation confiée à Kofi Annan a abouti, le 28 février 2008, à un partage du pouvoir et à la mise en place d’un gouvernement de grande coalition où majorité présidentielle (PNU) et opposition (ODM) sont représentées à parité, même si les postes clés restent entre les mains du camp présidentiel. L’opposition garde, d’une courte tête, la majorité au Parlement après les élections partielles du printemps et de l’automne.

- La médiation Annan prévoyait également la mise en place d’une série de commissions d’enquête et le traitement des causes profondes de la crise, à travers une liste détaillée de thèmes de fond nécessitant une réforme avec un échéancier de mise en place (dont une nouvelle constitution et de nouvelles institutions, la réforme de la justice, de la police et de la fonction publique, l’emploi et le chômage des jeunes, la cohésion nationale et l’unité. Ces réformes avancent enfin après plusieurs mois de statu quo. Seule la question foncière et la dévolution (décentralisation) semblent encore bloquées.

Situation économique

- Le taux de croissance réelle de l’économie kenyane a poursuivi, en 2007, sa tendance haussière, initiée en 2003, avec une croissance de 7 %. Cette bonne performance de la croissance kenyane s’est accompagnée d’une inflation maitrisée, d’un endettement soutenable et d’un déficit budgétaire limité à 5,3 % du PIB. Le recours au financement interne a été compensé par un large plan de privatisations lancé par le Président sortant Kibaki.

- La réussite économique kenyane repose sur le miracles des 3 T : le thé (2ème ressources en devises), le tourisme (3ème ressource), l’horticulture (4ème ressource), les transferts de la diaspora représentant la 1ère ressource.

- On identifie deux grands freins au développement du pays : la dépendance énergétique qui rend le pays très sensible aux chocs exogènes (prix du pétrole) et l’insuffisance des infrastructures de transport routiers. Par ailleurs, les montants de flux d’investissements directs étrangers sont inférieurs à ceux de l’Ouganda et de la Tanzanie, du fait essentiellement d’un cadre législatif restrictif. On note toutefois de récents efforts salués par la Banque Mondiale.

- La croissance n’a toutefois pas fait reculer la pauvreté qui touche 46 % de la population et qui atteint plus de 70% dans le Nord-Est du pays et sur la Côte.

- La crise post-électorale de 2008 a coûté 4 points de croissance (croissante autour de 2,5 % en 2008, soit une forte décélération). Les récoltes ont, en effet, souffert des déplacements de populations ; le tourisme a été très affecté, de même que le secteur du commerce. Les perturbations dans le secteur du commerce et la baisse des recettes du tourisme ont entraîné une détérioration du déficit courant et une baisse des rentrées fiscales. L’inflation, qui a touché principalement les secteurs de l’alimentation, des transports et de l’énergie s’établit à 27 % en 2008 contre 9,7% en 2007. Pour 2009, le FMI prévoit un taux de croissance de 4,5 %. Si la crise financière n’a pas eu de conséquences directes sur la place financière de Nairobi, on note un impact sur l’économie réelle qui se traduit par la baisse des flux de capitaux privés (IDE et fonds de la diaspora), une baisse du tourisme et des exportations.

P.-S.

- Carte du Kenya

Publié le mardi 11 mai 2010, par CIDR

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