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MALI - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministères des Affaires Etrangères et Européennes

Politique extérieure 

- Terre de passage, le Mali se situe entre deux zones géographiques et stratégiques distinctes, l’espace sahélo-saharien et l’Afrique subsaharienne. Entouré de 7 voisins, le Mali a développé une diplomatie sage et prudente, favorisant l’intégration régionale. Membre fondateur de l’UEMOA et de la CEDEAO, le Mali a été le premier à ratifier le projet d’Union africaine. Il est également membre du comité de mise en œuvre du NEPAD et de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD). Des personnalités maliennes de premier plan ont exercé, ou exercent, un rôle important à la tête d’organisations clés du continent : l’ancien chef de l’Etat Konaré à la présidence de la Commission de l’Union africaine, ou Soumaïla Cissé à la tête de la Commission de l’UEMOA.
- Plutôt que de songer à exporter ses expériences spécifiques qui sont considérées en Occident comme exemplaires (transition démocratique de 1992), le Mali tente de sauvegarder la stabilité régionale (projet du président malien d’organiser une Conférence régionale sur la sécurité et le développement en zone sahélo-saharienne), ou en tout état de cause de se préserver des soubresauts des crises diverses qui affectent nombre de ses voisins directs (Côte d’Ivoire, Mauritanie, Niger, Guinée). Les questions de sécurité (trafics, terrorisme) sont désormais un enjeu majeur de la préservation de ses relations de bon voisinage, notamment avec les Etats les plus concernés, à savoir l’Algérie, la Mauritanie et le Niger.
- Le Mali a par ailleurs été un contributeur actif dans le domaine du maintien de la paix, qu’il s’agisse du renforcement des structures de prévention des conflits au sein de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou de sa participation aux forces de maintien de la paix (RCA, Sierra Leone et Libéria).
- Les liens avec les Etats-Unis ont tendance à se raffermir. En novembre 2006, un accord de coopération de 460,8 millions de dollars sur cinq ans destiné à financer des aménagements de la zone de l’Office du Niger et de l’aéroport de Bamako-Sénou a été signé avec la Millenium Challenge Corporation. Les Etats-Unis souhaitent par ailleurs développer leur coopération militaire dans le Nord du Mali, région stratégique dans la lutte contre le terrorisme international.

Relations bilatérales

Relations politiques

- Le Mali et la France entretiennent des relations étroites et confiantes tant pour des raisons historiques, culturelles (avec notamment la Francophonie) que communautaires (la diaspora malienne en France est très importante).
- Les relations politiques sont excellentes, et comptent depuis 2002 de nombreuses visites bilatérales. Après une première visite officielle en 2002, le président Touré s’est rendu en France en octobre 2007, puis en novembre 2008 pour les Journées européennes du Développement à Strasbourg. Il a également été reçu par le Président de la République le 28 mai 2009.
- M. Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, s’est rendu au Mali en juin 2007 pour la cérémonie d’investiture du Président ATT (8 juin). Il a ensuite effectué une visite le 22 novembre 2008 et le 1er février 2010. En juillet 2007, le Secrétaire d’Etat à la coopération, M. Bockel, s’est rendu au Mali pour la signature de plusieurs projets FSP. M. Alain Joyandet s’est à son tour rendu à Bamako le 4 août 2009.
- Le président de la République Nicolas Sarkozy, accompagné du Ministre des Affaires étrangères et européennes et du Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, s’est rendu à Bamako le 24 février 2010 à l’occasion de la libération de l’otage français Pierre Camatte.

Relations économiques

- Si la présence française au Mali est ancienne, elle a connu une expansion importante depuis le rétablissement du régime démocratique au début des années 1990. La France demeure aujourd’hui l’un des principaux partenaires économiques du pays, aux côtés du Sénégal et de la Chine. Les échanges entre la France et le Mali se sont élevés à 228 M€ en 2009, comme en 2008 (227 M€). Au sein de l’UEMOA, le Mali conserve en 2009 son 4e rang de partenaire commercial de la France, derrière la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin. En l’absence de statistiques fiables, on peut estimer que la France se situe comme 4e fournisseur du Mali, derrière le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Chine, très présente dans le secteur des BTP.
- La part française est faible dans les investissements étrangers au Mali, nos entreprises n’étant pas engagées dans le secteur minier. Les IDE français vers le Mali s’élèvent en 2007 à 5 M€. En 2008, on recense près de 60 filiales et sociétés à capitaux français. Employant un effectif global de 2 000 salariés, les filiales françaises sont très majoritairement basées à Bamako. La répartition de leur activité reflète le potentiel du marché malien : 55 % dans les services, 25 % dans l’industrie et 20 % dans le commerce.

Coopération culturelle, scientifique et technique

- En 2008, l’Aide Publique au Développement (APD) bilatérale française en faveur du Mali s’est élevée à 60 millions € (hors dette) soit près de 9 % de l’APD mondiale. La France est ainsi le 2e bailleur bilatéral au Mali, après le Canada (74 M€) et devant les Pays-Bas et les Etats-Unis.
- La coopération française au Mali s’oriente autour des priorités fixées par le Document cadre de partenariat (DCP) signé le 7 juillet 2006. Afin de participer à la réalisation des objectifs du Millénaire, 3 secteurs de concentration ont été retenus (80 % des crédits y sont consacrés) : éducation et formation, eau et assainissement, et appui au secteur productif. Les priorités du gouvernement malien ont conduit depuis 2008 à porter l’accent sur le développement du secteur privé et à favoriser le développement solidaire. Conformément au DCP, le Ministère des affaires étrangères apporte son soutien au Mali selon 3 priorités transversales : la gouvernance et le développement local ; l’enseignement supérieur et la recherche ; la promotion de la diversité culturelle et de la francophonie.
- Dans le cadre du DCP, les moyens envisagés s’inscrivent dans une fourchette de 241 à 315 M € pour la période 2006-2010, soit 48 à 63 M € en moyenne annuelle.
- Les actions dans le domaine migratoire constituent également un axe de la coopération française au Mali, essentiellement à travers des projets du FSP « appui à la jeunesse » et le soutien à la création du Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM) inauguré le 6 octobre 2008 à Bamako par le ministre Brice Hortefeux. Un projet d’accord de gestion concertée des flux migratoires et de développement solidaire est en négociation.

Autres types de coopération

- Avec 150 jumelages, le Mali est le premier bénéficiaire de la coopération décentralisée française, qui représentait près de 7 M € en 2008. Limitée à l’origine à des actions à caractère humanitaire et à des échanges culturels, l’action des collectivités locales s’est progressivement étendue à des domaines variés : appui institutionnel et gouvernance locale, activités rurales, appui à l’artisanat. Compte tenu des enjeux de sécurité dans la zone sahélo-saharienne, le Mali bénéficie d’une aide de la France en matière de sécurité et de défense. Des actions visant à renforcer les capacités de souveraineté de l’Etat malien dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée ont été engagées en 2009, dans le cadre d’une approche régionale sur la sécurité dans la zone sahélo-saharienne (projet FSP « justice et sécurité en zone sahélo-saharienne »).
- Par ailleurs, le soutien apporté en matière de coopération militaire s’élève à près de 4 M€ en moyenne annuelle. Cette aide est notamment orientée sur la formation des élites avec le soutien à 3 Ecoles à vocation régionale (ENVR) dans le domaine du maintien de la paix, de l’administration et de la formation d’état-major.

Publié le lundi 21 juin 2010, par CIDR

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