Accueil > Présentation > Politique et stratégie > Priorités politiques 2010-2014 du CIDR

Priorités politiques 2010-2014 du CIDR

Enregistrer au format PDF version imprimable

Toutes les versions de cet article : [français] [français]

Introduction 

Pour l’élaboration de son plan d’orientation stratégique 2010-2014, suite à l’évaluation de son précédent plan stratégique, le CIDR a mis en œuvre une démarche basée sur les quatre grandes étapes d’une planification stratégique :

- Analyse de l’environnement sectoriel ;
- Positionnement de la structure à l’échéance du plan d’orientation ;
- Définition des axes stratégiques ;
- Elaboration d’un plan d’actions quinquennal.

Ces travaux ont été accompagnés par la réalisation :

- D’une étude de perception du CIDR par ses partenaires (juin 2008) ;
- D’un séminaire d’analyse prospective (juillet 2008) ;
- D’un séminaire sur la définition d’une politique de communication externe du CIDR (septembre 2008).

Ces analyses ont amené le CIDR à articuler son plan d’orientation stratégique autour des trois priorités politiques suivantes :

- Accompagner la modernisation des économies locales et la création d’emplois ;
- Participer au renforcement de la dimension sociale du développement ;
- Favoriser au niveau des territoires la cohérence des politiques sectorielles et de développement durable.

Accompagner la modernisation des économies locales et la création d’emplois 

Dans le cadre de son plan d’orientation stratégique 2010-2014, le CIDR orientera les actions de ses différents départements opérationnels vers une participation active à une modernisation des économies locales africaines, créatrices de revenus et d’emplois. Il mettra en œuvre des programmes de développement économique ambitieux au niveau des territoires, financera, au travers d’institutions de microfinance partenaires, des projets d’entrepreneurs ruraux et urbains, impliquera dans cette dynamique les plates-formes de diffusion d’entreprises agricoles partenaires mises en place dans différents pays.

Promouvoir une approche entrepreneuriale des économies rurales

La mondialisation économique a pris de nouvelles formes avec la course aux matières premières et aux produits agricoles. Les achats de terres en Afrique pour la production de denrées vivrières à destination des pays émergents, au détriment de la sécurité alimentaire des pays concernés, inquiètent les responsables politiques de ces pays et les acteurs internationaux, préoccupés par les récentes crises alimentaires et leurs retombées sociales sur la stabilité du continent.

Pour le CIDR, dans ce nouveau contexte, la prise en compte du développement agricole et rural est une priorité politique. Elle nécessite de développer des approches entrepreneuriales qui, dès leur conception, lient les questions agricoles, alimentaires et environnementales. Les « nouveaux entrepreneurs ruraux » doivent s’insérer à différents échelons des filières porteuses (production, transformation, conditionnement et stockage, commercialisation). La croissance du secteur agricole doit s’appuyer sur une forte articulation entre milieu rural, petites et moyennes entreprises agroalimentaires, et clientèles urbaines. Les pays anglophones tels que la Tanzanie ou le Ghana, plus dynamiques et entreprenants ont déjà vu de telles filières se démultiplier avec l’émergence de nombreux acteurs privés qui se positionnent et occupent des parts croissantes de marché.

Pour ce faire, le CIDR développera des pratiques contractuelles, des modes de financement et d’innovations techniques, en priorité, mais non exclusivement, dans des secteurs que l’on peut qualifier de « pro-pauvres ». Il favorisera la contractualisation avec des petits agriculteurs en affichant une volonté d’équité et de relations d’affaires stables. Il contractualisera également, avec les partenaires impliqués dans ses programmes, l’adaptation des agricultures au changement climatique, par une meilleure prise en compte d’une démarche de développement durable, intégrée et décentralisée, dans la gestion des ressources en terre et en eau.

Le CIDR accordera d’autre part, une importance croissante à la place et au renforcement des organisations professionnelles agricoles. Il les appuiera à la fois dans leurs rôles d’acteurs impliqués dans la définition des politiques publiques concernant l’agriculture et le monde rural, et dans leur implication dans le développement de logiques entrepreneuriales plus marquées au niveau de la mise en place de filières vivrières marchandes.

Favoriser la création d’emplois dans les villes intermédiaires et les quartiers populaires des grandes agglomérations

L’une des conséquences majeures de l’urbanisation rapide des villes intermédiaires des pays africains est la croissance des mouvements migratoires nationaux et sous-régionaux, temporaires ou durables et du retour de migrants extérieurs. Ces populations sont très généralement jeunes, d’un niveau d’éducation plus poussé, d’une expression plus forte d’aspirations à de meilleures conditions de vie et d’accès à des services. Ces mouvements migratoires ont entraîné l’émergence d’une classe moyenne de ménages, souvent à double revenu, et de salariés ayant des modes de vie et de consommation plus modernes. Cette évolution sociodémographique représente une opportunité importante de marché pour les denrées alimentaires, les biens manufacturés, les services divers, avec pour la première fois depuis des décennies en Afrique, une demande intérieure solvable. Il existe de réelles opportunités d’accompagner le développement de micros, petites et moyennes entreprises fortement créatrices d’emplois, répondant à cette nouvelle demande urbaine.

Le CIDR appuiera les initiatives économiques de ces « nouveaux » entrepreneurs : membres de la diaspora désirant réinvestir au pays, jeunes diplômés notamment dans les domaines des services et de la technologie, femmes entrepreneurs, apprentis et salariés voulant se mettre à leur compte, etc. Il s’agira de leur permettre de développer leurs entreprises de manière profitable, de développer l’emploi salarié, etc. visant autant que possible à substituer les biens et services locaux aux importations.

La situation est fondamentalement différente dans les quartiers populaires des grandes agglomérations où vivent des populations défavorisées, souvent en situation de grande pauvreté. Les jeunes, en rupture scolaire, sont sans qualification et sans emploi même dans le secteur informel traditionnel. Les femmes travaillent de très longues heures et effectuent des tâches très ingrates pour faire survivre leur famille ; elles sont bien souvent chefs de famille ou seule source de revenu. Il est essentiel de contribuer à la recherche d’une certaine stabilité sociale, impliquant équité et solidarité.

Le CIDR, dans la mesure de ses moyens, favorisera le développement des activités d’insertion économique. Il appuiera la mise en place d’entreprises d’insertion, de services travaillant sous contrat avec des administrations, d’établissements scolaires et de santé, recrutant de manière importante dans les quartiers populaires. Il associera à cette démarche des entreprises publiques, des entreprises transnationales et des moyennes ou grandes entreprises « citoyennes » nationales proposant, dans le cadre de leur démarche « RSE », des formations et des emplois.

Renforcer le rôle des collectivités locales dans la promotion du développement économique de leur territoire

Les collectivités locales décentralisées ont un rôle essentiel à remplir dans le développement économique de leur territoire. Il s’agit pour elles à la fois d’augmenter les revenus, de créer des richesses et des emplois pour les populations du territoire mais également de favoriser le développement d’une fiscalité locale nécessaire au renforcement des collectivités décentralisées.

La confrontation des attentes et des stratégies des principaux acteurs du développement économique des territoires (entreprises rurales et urbaines, collectivités locales et structures d’appui aux entreprises) fait ressortir la nécessité, pour un développement économique local efficace, de mener des actions concertées entre différentes catégories d’acteurs (publics et privés) et à différents niveaux d’intervention (communes, intercommunalité, département, Etat).

Dans le cadre de ses appuis aux collectivités territoriales, le CIDR accompagnera la création d’agences départementales ou régionales de développement économique. Ces agences auront pour missions d’élaborer la stratégie départementale ou régionale de développement économique, d’accompagner et renforcer les services communaux chargés de la promotion du développement économique local, d’animer des espaces de concertation public-privé, de gérer des fonds de développement économique et de développer des relations avec le système bancaire, d’accueillir les entrepreneurs, d’assurer la promotion économique du territoire, etc.

Documents joints

Publié le jeudi 25 février 2010, par CIDR

Recommander cet article Recommander ce contenu par email