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Rapport d’activité 2011 - Microfinance, entreprises et création d’emplois

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Evolution des programmes 

Accompagner la consolidation et la transformation des IMF partenaires

Cinq programmes sont inscrits dans cet axe stratégique et ont mené des activités significatives en 2011 auprès d’une dizaine d’IMF de toutes tailles et degré de maturité :

Cameroun ICS Grand Nord

Le programme, en cinquième année de sa mise en œuvre, a pu vérifier la pertinence de son offre de services financiers auprès des femmes du grand Nord et leurs groupes de solidarité. En 2011, un double mouvement a été mis en œuvre pour, d’une part, densifier la portée dans les deux agences existantes de Maroua et Garoua et, d’autre part, étendre ces services dans une ville secondaire voisine, N’Gaoundéré, de plus de 300 000 habitants, très dynamique sur le plan commercial.

Pour la première fois depuis son lancement, le programme a obtenu un refinancement bancaire de la BICEC grâce à l’intermédiation de l’UCGN (EMF proche, promu à l’origine par CIDR et MIFED), ce qui lui a permis d’accroître ses ressources pour faire face à la demande croissante.

Un plan d’affaires a été développé en fin d’année, servant de support à la constitution d’un dossier de demande d’agrément auprès de la COBAC pour l’obtention d’une licence pour un EMF de catégorie 2, qui sera déposé début 2012.

A cet effet, une SA sera créée avec pour actionnaires fondateurs et de référence le CIDR et MIFED Cameroun. Les bailleurs ont accepté d’attribuer les biens du programme à la constitution du patrimoine de cette SA, à raison de 50 % pour chacun des co-promoteurs. Un pacte d’actionnaires sera défini pour statuer sur le devenir des parts de la société, CIDR s’engageant de se retirer au bénéfice des clientes dès que celles-ci seront capables de participer valablement à la gouvernance de l’EMF.

Cameroun Appui à deux EMF urbains pour leur extension en zones rurales

Ce programme a connu une accélération en avril 2011, avec l’arrivée d’un conseiller technique expatrié du CIDR, renforçant le conseiller technique de MIFED Cameroun déjà en place.

L’équipe a notamment appuyé deux EMF urbains, Alpha Fund et CEC Cameroun, dans l’audit de leurs portefeuilles de crédit, visant à diagnostiquer les faiblesses affectant leur performance puis dans la mise en place de nouvelles procédures d’octroi et de gestion de crédit, mieux alignées sur les bonnes pratiques du secteur. Ce faisant, l’équipe a aussi aidé les EMF dans l’amélioration de leur SIG et dans leur politique comptable et financière, notamment en matière de provisionnement et de suivi des règles prudentielles exigées par la COBAC.

En fin d’année, un bilan a été dressé de l’état de collaboration avec les deux EMF et a conclu à l’arrêt avec l’un, Alpha Fund, notamment en raison de performances insuffisantes, et à la poursuite avec l’autre, CEC Cameroun, en intensifiant l’appui aussi bien dans la réforme de son système que l’accompagnement à son extension dans des zones rurales dans les provinces du Littoral et du Sud.

Ethiopie RSCF

En Ethiopie, la National Bank of Ethiopia (NBE), banque centrale et tutelle des IMF, a approuvé la transformation des RSCF (Rural Savings and Credit Facility) en guichets ruraux, modèle efficace favorisant la pénétration en zones rurales reculées.

Le programme a ainsi appuyé les quatre IMF partenaires dans leurs activités de transformation de leurs réseaux de RSCF en guichets, avec toutes les implications organisationnelles (RH, procédures) légales et administratives (transferts des actifs et des passifs des RSCF dans les comptes des IMF).

BirrTotal juin 2011Total décembre 2011Total juin 2010Variation juin 2011/juin 2010
Nombre de RSCF 50 50 50 -
Nombre de membres 30 970 26 714 25 599 + 21%
Nombre moyen de membres / RSCF 619 534 512
% de femmes membres 34% 32% 32%
Nombre de déposants volontaires 8 314 8 883 8 912 - 7%
Encours d’épargne 6 041 493 4 085 748 3 534 995 + 71%
Encours de refinancement 10 589 620 6 349 667 6 349 860 + 67%
Nombre d’emprunteurs actifs 10 734 8 746 8 596 + 25%
Encours de crédits 17 376 144 10 175 662 9 892 672 + 76%
Encours moyen de prêts 1 619 1 163 1 151 + 40%
Portefeuille à risque à 30 jours 0,2% 0,35% 0,52%
Portefeuille à risque à 90 jours 0,2% 0,33% 0,46%
Nombre d’emprunteurs / agents 826 729 673 + 23%
Portefeuille de prêts / agents 1 337 000 848 000 761 000 + 76%

Madagascar Centre de Ressource

Ce programme a aussi connu une accélération avec l’arrivée du conseiller technique expatrié CIDR en août 2011 qui renforce l’équipe d’appui technique nationale constituée par FIDEV.

Le centre de ressource mis en place a pu réaliser des formations auprès de personnels des cinq PMIMF appuyées, notamment pour les mettre à niveau sur un plan comptable et d’établissement des états financiers selon les normes exigées par la CSBF. Il a aussi réalisé des audits de portefeuille sur le terrain.

En parallèle, des sensibilisations ont été faites pour amener les IMF à accepter de mettre en commun certaines fonctions pointues et coûteuses, nécessitant du personnel qualifié que chacune ne pourra pas prendre en charge : il s’agit du Système d’Information et de Gestion (SIG) automatisé et du contrôle/inspection. Durant l’année, une mission d’expertise en analyse des besoins en SIG a été organisée et a permis de définir un cahier des charges et de lancer un appel à propositions auprès de fournisseurs de logiciels spécialisés. Loan Performer a finalement été choisi et sera installé en pilote dans deux IMF.

A la fin de l’année 2011, la situation des IMF reste fragile, en particulier celle de SOAHITA qui a connu beaucoup de difficultés.

Tchad UCEC-Guéra

Avec un don du FIDA, le programme a pu utiliser pleinement la phase transitoire entre la fin du PSANG II et le démarrage du PADER-G (lancement prévu au premier trimestre 2012) pour restructurer le réseau de distribution, pour accompagner la croissance des activités par des opérations de refinancement (grâce à des dotations en fonds propre sur financement PSANG) et par le développement de nouveaux produits d’épargne et de crédit.

Caisses principalesNombre d’entités fusionnéesNombre de guichets rattachésNombre de membresEncours de dépôts (31/10/11)Ecnours crédit (31/10/11)
1. Baro 0 3 1 166 16 063 745 20 543 314
2. Dougoul 4 2 1 944 7 736 110 30 912 325
3. Zoni 5 4 1 910 3 204 450 21 091 775
4. Bardangal 2 1 987 3 325 575 17 097 400
5. Barlo 7 3 2 624 10 695 330 36 862 225
6. Moukoulou 7 3 2 693 14 550 370 49 790 615
7. Sara Kenga 2 1 1 271 9 438 110 22 248 795
8. CU Bitkine 3 0 747 87 631 724 44 547 035
9. Mongo 7 5 2 458 232 133 149 66 577 909
Total 37 22 15 800 384 778 563 309 671 393

Une évaluation externe a été commanditée par le FIDA et le gouvernement tchadien et réalisée par le Centre d’Investissement de la FAO. Elle a constaté que le programme a atteint et souvent dépassé tous les objectifs fixés, tant sur un plan quantitatif que qualitatif.

Paramètres Prévisions au 31/10/11 Réalisations au 31/10/11
Chiffres %
Caisses 9 9 100
Membres 15 000 15 800 105
Encours dépôts 210 millions 384 778 565 183
Encours crédit 220 millions 309 691 393 140
Autonomie 60% 78% 144

En conséquence, le FIDA et le gouvernement tchadien ont décidé de reconduire le CIDR comme opérateur technique dans le cadre du nouveau projet PADER-G, pour mener la composante « accès aux services financiers » et accompagner le réseau UCEC-G à sa totale autonomie et pérennité.

Renforcer les capacités des IMF partenaires à diversifier leurs produits et leurs clientèles et à adopter les nouvelles technologies

Diversification de produits et de clientèles

Les deux projets où cette diversification a eu lieu sont le Tchad Nord Guéra et l’Ethiopie.

Au Tchad, trois pilotes ont été mis en œuvre pour tester un produit d’épargne tontinier à échéances régulières et montant abordable pour encourager les pratiques de micro-épargne, un produit de crédit « warrantage » avec nantissement de stock, testé pour des arachides (femmes) et des pois de terre (hommes) et un produit de crédit solidaire pour des groupes de femmes, surtout dans les caisses urbaines. Un bilan a été fait après un an et a montré des résultats encourageants. Ces nouveaux produits ont contribué à accroître la portée des caisses, à diversifier la clientèle et avec l’épargne à lancer une dynamique de mobilisation des ressources locales.

En Ethiopie, un test de financement de la chaîne de valeur « orge de brasserie » a été réalisé avec des producteurs organisés d’une part, une entreprise semencière d’autre part et la brasserie nationale qui voulait assurer son approvisionnement, comme garant auprès des IMF participantes. Si l’opération réussit, elle serait très prometteuse car la filière est très rentable et les producteurs très intéressés.

Etudes de faisabilité et études de marché

Plusieurs études ont été réalisées dans divers projets, visant à mieux connaître de nouveaux segments de clientèles ou de nouvelles filières agricoles et leurs besoins de financement.

Ainsi, au Togo, le programme a réalisé deux études de faisabilité pour le financement des filières du soja et du riz.

WagesAnnée 2010Année 2011Variation
Nombre de bénéficiaires 122 528 135 569 11%
Nombre de clients en zone rurale (points de service appuyés / CIDR) 3 926 6 893 76%
Encours de dépôts (millions FCFA) 6 659 7 611 14%
Encours de crédits (millions FCFA) 10 218 13 477 32%
FECECAVAnnée 2010Année 2011Variation
Nombre de bénéficiaires 54 844 75 824 38%
Nombre de clients (nouvelle CECAV Notsé créée avec appui CIDR) 1 783 (9 mois) 5 174 200%
Encours de dépôts (millions FCFA) 1 107 1 333 20%
Encours de crédits (millions FCFA) 1 365 1 688 24%

En Tanzanie, des études ont porté sur les filières de la canne à sucre et du vin de table. Au Ghana, le fonds a étudié plusieurs filières prometteuses telles que l’hévéa, les agrumes et le cacao biologique.

Plusieurs projets ont aussi exploré le marché du financement de TPE (ICS Maroua et Garoua) dans la perspective d’accompagnement de clientes plus entreprenantes qui évolueraient vers du crédit individuel ou de PME (PRIDE Tanzanie) en amont ou aval de chaînes de valeur agricole, surtout pour les filières diffuses et moins solidement structurées (riz, tournesol, lait).

Un bon traitement de ces études permettra de définir les nouveaux marchés à servir et les produits financiers adaptés à mettre en place.

Il est à noter que le programme au Togo, d’appui à 2 IMF, WAGES et FECECAV, pour favoriser leur extension en zones rurales, arrivé au terme de sa première phase a dû être clôturé, le bailleur principal ayant préféré apporter son soutien aux IMF jugées suffisamment matures pour pouvoir être des investissements directs que de passer par le CIDR et son assistance technique.

Publié le lundi 22 octobre 2012

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