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Rapport d’activités 2011 - Entreprises agricoles, filières et marchés

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Faits marquants de l’année 2011 

L’année 2011 a été marquée par l’évolution dans de bonnes conditions et avec des résultats prometteurs du premier programme que le département met en œuvre en partenariat avec une Organisation faitière nationale de producteurs : le Conseil de Concertation des Riziculteurs du Bénin (CCR-B).

Mais 2011 a aussi été une année de transition pour le département qui a consacré une grande partie de ses efforts au montage et à la négociation de nouveaux projets ou de nouvelles phases de projets. Ceci a notamment été le cas pour le programme de démultiplication des entreprises agroalimentaires « Entreprises de Services et Organisations de Producteurs » (ESOP) en Afrique de l’Ouest au Bénin, Burkina Faso, Mali et Togo. Ces échanges ont permis d’affiner le programme notamment sur sa dimension d’étude d’impact des ESOP sur les producteurs. Les travaux sur l’élaboration du Fonds de capital-risque pour les entreprises agro-alimentaires se sont poursuivis ; fin 2011, le Fonds avait été abondé par de nouveaux partenaires mais n’était pas encore institutionnalisé.

Les évolutions politiques en Côte d’Ivoire, violentes encore au premier semestre, et leurs répercussions institutionnelles ont obligé le département à revoir et renégocier la configuration des partenariats qui étaient prévus pour la mise en œuvre d’un programme d’appui à l’organisation faitière des riziculteurs de ce pays.

Enfin, malgré les études de faisabilité effectuées en 2010 et les efforts déployés, les deux nouveaux programmes conçus n’ont pas pu être financés et donc démarrer. Il s’agissait :

  • d’un programme à Madagascar visant à rendre la région Sofia compétitive et attractive pour les entreprises agroalimentaires associant autorités régionales et Centres privés de Services Agricoles (CSA),
  • d’un programme en Guinée Conakry, formulé avec une organisation professionnelle agricole de Haute Guinée intervenant sur la filière riz : la Fédération des Unions de Producteurs de Riz Haute Guinée (FUPRORIZ-HG).

Ces deux pistes de travail ne seront pas abandonnées et seront réactivées en 2012, mais ces échecs relatifs sont aussi caractéristiques du durcissement de la concurrence entre organisations non gouvernementales lors des appels à projets et démontrent la nécessité de réajuster la stratégie financière du département pour la mise en œuvre de son POS.

Le thème retenu par le département pour son programme de Recherche-Développement - gestion du fonds de Capital Risque pour les Entreprises su Secteur Agro-alimentaires (CRESA) est plus que jamais d’actualité. Les travaux préparatoires ont pu être menés notamment sur ses états financiers, l’analyse des options juridiques. Tous les interlocuteurs contactés se sont montrés intéressés par le caractère de la démarche, le positionnement innovant du fonds, et ont manifesté leur intérêt à en accompagner l’institutionnalisation et/ou déléguer la gestion de leurs fonds à la structure qui sera mise en place (Association Champenoise de Coopération Inter-Régionale (ACCIR), Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA)).

Le département a également commencé à déployer son programme de management des connaissances : quatre axes d’actions prioritaires étaient inscrits pour 2011 :

  • Standardisation des outils et des procédures de promotion des ESOP avec les plates-formes et les conseillers techniques (CT), qui a été initié par un travail d’inventaire des documents disponibles qui reste, fin 2011, encore à finaliser, du retard ayant été pris faute de clarté dans les processus de décision et de validation.
  • Partage de savoir-faire et méthodologie entre plates-formes de promotion des ESOP. Les missions d’appuis technique et méthodologique en mai/juin 2011 ont permis d’établir un bilan de compétences complet des plates-formes du Burkina Faso et du Mali dans l’optique du programme particulièrement ambitieux de création de nouvelles ESOP. Ces travaux, dont les résultats ont été partagés avec les deux Organisations Non Gouvernementales (ONG), seront utilisés en 2012.
  • Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) faitières et gestion de la transformation et de la commercialisation des produits agricoles. Ce thème stratégique pour le département a fait l’objet d’un atelier interne au département en septembre 2011 puis d’échanges avec le Centre de Formation et de Management des Connaissances permettant d’élaborer un programme de production de méthodes et d’outils sur l’année 2012.
  • Huit documents seulement ont été publiés pour vingt annoncés, mais neuf autres ont été proposés sur la période et sont en attente de validation fin 2011.

Trois axes de partenariats avaient été retenus par le département :

  • La mise en œuvre de partenariats avec des investisseurs du Nord et du Sud pour le fonds CRESA qui est liée à la finalisation par un CT spécifique de son plan d’affaires (donc est reportée à 2012).
  • Les échanges et partenariats avec des Organisations Professionnelles Agricoles du Nord : une première approche a été tentée cette année avec le Centre Français du Riz mais, malgré une visite d’échanges du CIDR en mai, n’a pas encore débouché sur un échange concret avec les OPA du Sud par manque de disponibilité du côté des riziculteurs français.
  • Actions conjointes entre partenaires de l’Alliance Internationale de Développement et de Recherche (AIDR) : des pistes de collaboration techniques ont été étudiée avec l’ONG RAFIA et ETD dans la région des Savanes.

Deux actions de communication destinées à faire connaître les interventions du CIDR et du département en Afrique étaient prévues, la présentation du Plan d’Orientation Stratégique (POS) du CIDR en Côte d’Ivoire, reportée de fait à 2012, et, au Bénin, la réalisation et la diffusion d’un film réalisé sur le CCR-B. Celui-ci a été présenté lors de la première Journée du riz organisée en octobre 2011 à Cotonou devant un large public de professionnels du développement, de bailleurs internationaux et d’institutions publiques et privées béninoises. Son édition DVD est prévue en début d’année 2012 pour une diffusion plus large.

Evolution du contexte dans le secteur et les pays d’intervention 

En Afrique de l’Ouest, on estime que la production 2011 de céréales (qui sert d’étalon pour estimer la situation) sera de 0,6 % supérieur à l’an dernier. Mais ce chiffre, a priori positif, cache de fortes disparités.

Dans plusieurs pays, notamment du Sahel, la production agricole a subi les conséquences des pluies tardives, des épisodes de sécheresse prolongés et des importantes infestations parasitaires, ce qui pourrait avoir des répercussions au niveau des marchés régionaux de céréales, avec une hausse des prix et de l’insécurité alimentaire.

Cette baisse est plus accentuée au Tchad, au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. Les niveaux de production céréalière enregistrent des déficits variant entre 15 et 52 % par rapport à l’année dernière. En comparaison avec la moyenne des cinq dernières années, les baisses enregistrées se situent entre 9 et 38 %.

Même si les récoltes sont meilleures dans les pays côtiers longeant le golfe de Guinée (comme le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigéria), la production qui y est attendue ne suffit pas à compenser ce recul de la production dans les pays du Sahel. Début 2012, les stocks paysans et communautaires sont faibles et les stocks institutionnels (offices des stocks de sécurité et stocks stratégiques) sont en-deçà du niveau conventionnel.

Le disponible fourrager pour le bétail est également en-deçà de celui d’une année moyenne dans tous les pays. La régénération des herbacées a été discontinue (ou stoppée) par le régime des pluies, la transhumance a été précoce et les conditions d’abreuvement étaient déjà mauvaises fin 2011 en Mauritanie, au Tchad et dans certaines zones du Mali. Les principaux produits animaux (lait, viande et œufs) y sont en forte baisse de production.

Dans le bassin central de l’Afrique de l’Ouest, on constate aussi des augmentations de 50 à 60 % sur les prix des céréales sèches.

Les mesures prises par certains gouvernements pour anticiper la reconstitution des stocks publics va créer des tensions sur les marchés en période post-récolte car elles visent à limiter l’exportation des céréales. Ces mesures aggraveront également les difficultés d’approvisionnement et la hausse des prix en zone déficitaire dans les pays voisins. Ces risques ont donc amené les Etats à adopter début mars 2012 un cadre régional de coopération des ministères en charge de la gestion des stocks nationaux de sécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest (réunion Réseau des structures publiques en charge de la Gestion des Stocks nationaux de sécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest RESOGEST).

Ainsi, au Mali, la production céréalière prévisionnelle est estimée à 5 138 000 tonnes. Même si le bilan céréalier laisse apparaître un excédent brut de 555 000 tonnes par rapport aux besoins, la production a connu une baisse notable de 20 % par rapport à la dernière campagne et le Gouvernement envisage de mobiliser 77 milliards de FCFA pour des actions subventionnées dans les zones les plus affectées (distributions alimentaires, distribution de semences et reconstitution du stock national de sécurité alimentaire).

Au Burkina Faso, en octobre, le Gouvernement avait déjà débloqué 6 milliards de FCFA pour l’achat de céréales au profit des populations vulnérables. Afin d’améliorer la disponibilité alimentaire, il a également initié une opération pour la production de 50 000 tonnes de maïs de contre-saison, mais cette opération risque de connaître des difficultés du fait de l’insuffisance des ressources en eau pour les cultures de contre-saison. En plus de ces mesures, le Gouvernement a élaboré et adopté un plan opérationnel d’intervention en vue de faire face aux difficultés alimentaires en perspective. Son coût total est estimé à environ 70 milliards.

Le Togo, le Bénin et la Côte d’Ivoire font partie des quatre seuls pays (avec le Nigéria) de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à disposer d’excédents de production sur la campagne 2011/2012 et n’ont donc pas pris de mesures similaires. S’appuyant plutôt sur les bonnes campagnes agricoles de ces dernières années, le Togo et le Bénin se sont au contraire attelés à la mise en place de leurs Programmes pluriannuels Nationaux d’Investissement Agricole pour la Sécurité Alimentaire (PNIASA).

Plusieurs autres facteurs internes et externes ont influé sur le fonctionnement normal des marchés, induisant des hausses précoces, voire très fortes, des prix par endroits, notamment en fin d’année et début 2012 :

  • la période de soudure, les mauvaises récoltes et le contexte international,
  • la hausse des prix du carburant, les taxations routières et donc le coût élevé du transport,
  • le comportement des commerçants anticipant la reconstitution des stocks publics. Les marchés des produits alimentaires continueront à être affectés par ces facteurs suscités jusqu’aux prochaines récoltes entre mi 2012 et fin 2012. L’équilibre est très précaire compte-tenu des caractéristiques de l’offre.

La Côte d’Ivoire ressent encore les dégâts agricoles dus au conflit de ces dernières années et au manque de services d’appui aux activités agricoles. La crise post-électorale a de plus contraint plus de 180 000 personnes à quitter le pays pour chercher refuge dans l’Est du Libéria essentiellement, tandis que des milliers d’autres ont été déplacées à l’intérieur du pays. La plupart des personnes déplacées sont retournées dans leur région d’origine, suite à l’amélioration des conditions de sécurité, mais de nombreux ménages ont un accès limité à la nourriture et n’ont pu récupérer tous leurs moyens de subsistance. Le plan d’intervention humanitaire d’urgence pour la Côte d’Ivoire et les pays voisins lancé en avril 2011 a été révisé en juillet 2011 afin de mobiliser 166,6 millions USD pour appuyer l’aide humanitaire destinée à couvrir les besoins les plus urgents des réfugiés, des personnes déplacées et de la population hôte.

A Madagascar enfin, une faible récolte nationale de riz en 2011 et le renchérissement de cette céréale ont aggravé la situation générale de la sécurité alimentaire. Toutefois, une meilleure production enregistrée dans les régions du Sud qui sont régulièrement déficitaires a permis d’atténuer cette dégradation.

Publié le lundi 22 octobre 2012

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