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Rapport d’activités CIDR 2011

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I. Bilan général de l’année 2011 

1. Evolution du contexte de la coopération au développement

1.1. Contexte général

L’année 2011 a été marquée par de nombreux évènements importants qui ont touché le monde entier. Crises et révolutions se sont enchaînées : qu’elles soient financières et institutionnelles particulièrement en Europe avec la crise de la dette et de l’euro, politiques avec le Printemps arabe en Tunisie et en Egypte, de conflit en Syrie et en Lybie, humanitaires et environnementales au Japon avec un tsunami et une catastrophe nucléaire qui l’a suivi, et alimentaires dans la Corne de l’Afrique.

2011 a également été une année qui a vu la mise en œuvre de la démocratie dans plusieurs pays d’Afrique où de nombreuses élections se sont tenues, avec le référendum pour l’indépendance du Sud-Soudan, des élections présidentielles dans de nombreux pays dont l’Ouganda, le Bénin, le Tchad, le Cameroun et la RDC, ainsi que des élections législatives en Egypte et en Côte d’Ivoire.

Les élections s’étant en général bien déroulées, une certaine stabilité politique a pu être observée et a permis un développement économique avec une croissance globale estimée à plus de 5% pour l’ensemble de l’Afrique, confirmant une courbe ascendante d’amélioration de la croissance. La hausse des prix alimentaires et des prix des carburants sur le marché mondial a toutefois aggravé l’inflation dans certains pays importateurs. Une volonté d’intégration économique régionale s’est concrétisée par le lancement officiel des pourparlers portant sur la création d’une zone tripartite de libre-échange, avec la perspective d’arriver d’ici trois ans à un marché unique et à la libre circulation des marchandises entre le marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Dans ce contexte en constante évolution, les acteurs du développement, notamment les ONG du Nord, ont dû se mobiliser pour répondre aux crises et s’adapter pour répondre aux nouveaux enjeux tout en maintenant la continuité de leur appui aux zones et populations moins sous le projecteur médiatique. Elles ont du également s’adapter aux répercussions de la crise financière sur les ressources financières disponibles pour soutenir leurs actions. On assiste à une concentration du secteur des ONG internationales, notamment dans le secteur humanitaire, avec la disparition d’ONG et les fusions et rapprochements d’autres.

1.2. Au niveau français

Après une année 2010 fortement centrée sur les procédures de financement de l’AFD en direction des ONG, l’année 2011 a permis leur mise en œuvre. Des points spécifiques restaient encore à clarifier tels que les procédures de lutte anti-terrorisme et de blanchiment d’argent (LAB-FT), le pourcentage des fonds d’origine privée et le taux de co-financement.

Des temps d’échange ont eu lieu entre les ONG et l’AFD, principalement via la mobilisation de Coordination Sud, mais n’ont pas permis à tous ces chantiers d’aboutir en 2011 : les procédures LAB-FT, notamment pour la microfinance, n’ont pu être finalisées et les ONG continuent à se mobiliser pour que les procédures demandées soient proportionnées au contexte d’intervention. Une autre évolution en négociation a été la modification du pourcentage de ressources d’origine privée exigé pour chaque subvention. Même si les règles évolueront à partir de 2012 en laissant le choix à l’ONG de le faire porter sur le budget global de l’association ou sur chaque projet appuyé, le pourcentage de 15 % est resté le même. Enfin le pourcentage maximum de co-financement des projets par l’AFD a également été un point traité mais qui n’a évolué que pour les conventions programmes (cofinancement de 50 % passé à 60 %), les autres projets restant à 50 %.

En termes d’aide publique française au développement via les ONG, le montant alloué aux ONG par l’AFD pour l’année 2011 s’est monté à 43,17 millions €, engagé à 93 % (les 7 % restants ont été reportés sur 2012). Sur 123 projets déposés (- 28 % comparé à 2010), 97 ont été présentés en comité ONG (+ 10 % comparé à 2010) et 71 octroyés (+ 13 %). Ces différences s’expliquent par le fait que de nombreux projets reçus en 2010 ont été instruits et présentés en 2011. L’enveloppe prévisionnelle pour 2012 est de 42,03 millions € plus les reliquats de 2011, (un total de 45 millions €) dont 80 % pour les projets terrain – 60 % pour des projets terrain à destination de l’Afrique subsaharienne et 20 % pour des interventions dans les pays d’Afrique du Nord/Moyen Orient. La législation favorisant la mise en œuvre de programmes de développement entre collectivités françaises et du Sud, on compte à ce jour près de 6.000 liens entre collectivités dans 115 pays. Le volume d’aide publique au développement, hors frais de structure et de personnel, financé par les collectivités locales françaises est passé de 54 millions d’euros en 2006 à 75 millions d’euros en 2011, dont 12,2 millions proviennent des Agences de l’eau. Cette importante progression, liée à la loi « Oudi-Santini » est depuis 2010 ralentie par la crise économique internationale, l’endettement de nombreuses collectivités, la suppression de la taxe professionnelle, la réforme territoriale en cours d’examen à l’Assemblée Nationale et la réduction importante de dotations de l’Etat. Sans diminuer, le volume d’aide publique au développement des collectivités territoriales françaises devrait, d’après la Mission « Aide publique au développement » du Sénat, se stabiliser autour de 75 millions d’euros annuels en 2012 et 2013.

1.3. Au niveau européen

Le processus de définition du nouveau cadre financier 2014-20 s’est poursuivi et la Commission Européenne a commencé le processus de négociation des propositions budgétaires. Elle a proposé en juin d’augmenter de 14 milliards d’Euros les fonds destinés à l’action extérieure et à la solidarité internationale, ce qui démontre une volonté politique et une cohérence avec les engagements contenus dans le traité de Lisbonne. Cette augmentation a pour objectif de renforcer le rôle de l’UE sur la scène internationale ainsi que sa responsabilité en matière de lutte contre la pauvreté. Toutefois, ceci n’est encore qu’une proposition qui doit être validée par les autres institutions européennes, notamment par les Etats membres. Par ailleurs, un point d’attention est la stratégie de l’UE vis-à-vis des pays émergents et à revenus intermédiaires : le type d’aide allouée à ces pays sera révisé avec une accentuation de l’appui aux secteurs dits productifs au détriment des secteurs sociaux.

Le premier trimestre 2011 a permis aux ONG françaises de contribuer à la dernière phase du processus de « dialogue structuré », en particulier sur le thème des relations entre les OSC et les autorités locales. Au cours du reste de l’année, dans le prolongement du dialogue structuré, l’Union Européenne a débuté la réflexion sur la formalisation des espaces de dialogue avec la société civile, en s’interrogeant sur les niveaux prioritaires (national, régional et européen) ainsi que sur le périmètre de la concertation (partenariat UE/société civile, mais également la programmation et la politique d’aide extérieure).

1.4. Au niveau international

A partir de novembre 2010, la France a eu la présidence des sommets G8 et G20 pour un an. Le sommet du G20 à Cannes a été marqué par la crise de la dette grecque et ses prolongements sur la zone euro. Si cette rencontre a permis des avancées, notamment sur le financement du changement climatique, sur les socles de la protection sociale, ainsi que sur la taxe sur les transactions financières et son utilité pour le développement, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances et les intentions doivent encore se traduire par des engagements réels. La conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques s’est déroulée à Durban en décembre 2011. Jusqu’au dernier moment divisés, les Etats ont toutefois finalement réaffirmé leur volonté d’agir ensemble à long terme, en acceptant le principe d’une deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto et l’adoption d’un mandat pour parvenir à un accord mondial sur le climat, mais peu d’avancées concrètes et contraignantes ont été actées.

Un autre sujet important sur la scène internationale en 2011 a été la réflexion sur l’efficacité de l’aide qui a pris de plus en plus d’importance au sein du monde de la coopération internationale. Au niveau de l’aide internationale, on assiste à une déconcentration des fonds de plus en plus prononcée et le renforcement des partenariats entre organisations du Nord et du Sud. Après la Déclaration de Paris qui se focalisait sur l’efficacité de l’aide aux Etats, puis avec le programme d’action d’ACCRA où les organisations de la société civile ont été reconnues comme des acteurs de développement, les ONG ont décidé de prendre en charge de façon collective la structuration et la promotion du cadre de l’efficacité de leur propre contribution en tant qu’acteurs de développement. Le quatrième forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide s’est tenu à Busan en novembre 2011, permettant de rassembler 2 500 participants de 160 pays. Le document de position finale a été endossé tant par l’ensemble des pays présents, dont la Chine et l’Inde, que par les organisations de la société civile. Mais il connaît des limites importantes et peu d’échéances concrètes et contraignantes.

2. Synthèse des activités des départements CIDR

2.1. Département « Ingénierie, management et gouvernance des territoires »

En 2011, le département a accompagné 49 collectivités urbaines ou rurales dans trois pays pour une population d’environ 3 millions d’habitants. L’année fut une année de transition pour le département. Quatre des six programmes au Bénin et à Madagascar en fin de projet ou de phase ont bénéficié d’évaluations externes, qui ont insisté sur le caractère pilote et innovant des programmes dans certains domaines, tel que :

  • l’intercommunalité, qui développe la solidarité et la concertation entre les communes, et la mise en commun de compétences ;
  • la maîtrise d’ouvrage commune, sur la planification participative et la mobilisation de ressources financières, qui participent à construire chez le citoyen la reconnaissance de la nouvelle institution communale ;
  • la participation, l’animation territoriale et la concertation entre populations et communes, avec la mise à disposition « d’animateurs de territoire » pour animer des instances de dialogue ;
  • la diversité des fonds de développement pour les investissements communaux, pour l’appui aux associations et aux dynamiques citoyennes locales et pour soutenir l’économie locale et les porteurs d’initiatives.

Ces analyses ont permis d’identifier des points de progrès, notamment sur les changements de comportement et de pratiques en matière d’entretien et de gestion durable des ouvrages. Elles encouragent à dépasser les dimensions techniques pour travailler, de façon plus approfondie, sur le sens des activités et les changements de pratiques attendus.

Un travail de formulation de nouvelles phases de ces programmes a abouti à mettre l’accent sur la mise en œuvre de politiques intercommunales de développement économique par le GIC Collines-Bénin, sur la déclinaison opérationnelle du schéma régional d’aménagement du territoire en matière économique et sur le concept de pôles urbains autour de projets intercommunaux en Diana (Madagascar).

En 2011, le département a lancé deux nouveaux projets thématiques :

  • un programme d’appui au développement social urbain de Diégo-Suarez à Madagascar, mené en collaboration avec l’ONG malgache Territoires et Développement ;
  • le second concerne l’« eau et assainissement » destiné à l’association de communes d’Ambanja (UNICOSA) à Madagascar dans le cadre du programme PDPU-Picardie.

Le département a enrichi son offre de formation en créant le cycle sur le thème « Améliorer la performance des communes ».

Enfin, cette année a permis d’amorcer l’évolution organisationnelle inscrite dans le POS avec la préparation des coordinations, une régionale en Afrique de l’Ouest et une nationale à Madagascar, prévues respectivement pour 2012 et 2013.

2.2. Département « Entreprises agricoles, filières et marché »

L’année 2011 a été marquée par des résultats prometteurs du premier programme que le département met en œuvre en partenariat avec une organisation faitière nationale de producteurs, le Conseil de Concertation des Riziculteurs du Bénin (CCR-B).

2011 a également été une année de transition pour le département qui a consacré une grande partie de ses efforts au montage et à la négociation de nouveaux projets ou de nouvelles phases de projets. Ceci a notamment été le cas pour le programme de démultiplication des entreprises agroalimentaires ESOP en Afrique de l’Ouest, au Bénin, Burkina Faso, Mali et Togo. Ces échanges ont permis d’affiner le programme notamment sur sa dimension d’étude d’impact des ESOP sur les producteurs. Les travaux sur l’élaboration du fonds de capital-risque pour les entreprises agro-alimentaires se sont poursuivis ; fin 2011, le fonds avait été abondé par de nouveaux partenaires mais n’était pas encore institutionnalisé.

Dans ce contexte, les équipes sur le terrain se sont essentiellement consacrées à la consolidation des ESOP existantes. On note toutefois des avancées notables faites au Burkina Faso, au Togo et au Bénin, avec la création de sept nouvelles ESOP. Les missions d’appuis technique et méthodologique du département ont permis d’établir un bilan de compétences complet des plates-formes du Burkina Faso et du Mali, travail déjà réalisé au Togo et au Bénin.

Les évolutions politiques en Côte d’Ivoire, violentes encore au premier semestre, ont obligé le département à revoir la configuration des partenariats qui étaient prévus pour la mise en œuvre d’un programme d’appui à l’organisation faitière des riziculteurs de ce pays. Ce dernier a été initié en fin d’année.

Le département souhaite créer des partenariats avec des organisations professionnelles agricoles du Nord, en vue d’enrichir les programmes avec des OPA africaines. Dans cette optique, des premiers échanges ont eu lieu avec le Centre Français du Riz.

Toujours sur la thématique du riz, le département s’est doté d’un support de communication avec la réalisation d’un film sur la production et la commercialisation de riz au Bénin, avec le CCR-B. Il a été présenté lors de la première Journée du riz organisée en octobre à Cotonou devant un large public de professionnels du développement, de bailleurs internationaux et d’institutions publiques et privées béninoises.

2.3. Département « Microfinance, entreprises et création d’emplois »

2011 a aussi été une année de transition pour ce département, qui a vu six projets sur les neuf du département s’achever et de nouveaux émerger, en formulation ou en montage et négociation. Simultanément, trois autres programmes étaient à leur lancement, avec des équipes et une assistance technique à mettre en place ainsi que leurs modalités opératoires, puisqu’il s’agissait de nouveaux projets innovants : au Cameroun avec un Etablissement de Microfinance (EMF), Ghana un programme « Outgrower and Value Chain Fund » (OVCF) et Madagascar un Centre de Ressources. Les défis étaient nombreux et multidimensionnels.

Le département a préparé la mise en place de la Coordination régionale en Afrique de l’Est, en étudiant le contexte et ses enjeux pour le secteur de la microfinance rurale, en définissant en conséquence son positionnement stratégique et en élaborant son plan d’affaires et les implications opérationnelles et financières. Ce travail collectif a été essentiel dans la progression du département dans la détermination des conditions de succès et de pérennité d’une telle démarche fondatrice de décentralisation, à la fois organisationnelle et de répartition des lieux de décisions.

Malgré ces enjeux et ces défis, 2011 a été très riche en percée sur le plan des processus et du management des connaissances.

Deux projets ont fait l’objet d’évaluation externe au Tchad Nord Guéra et en Tanzanie, où les objectifs et performances ont été largement atteints, tant sur un plan quantitatif (portée, encours) que sur le plan qualitatif (nouveaux produits, nouvelle clientèle). Ces deux projets sont aussi considérés comme des modèles de réussite de microfinance rurale dans leurs pays respectifs.

Deux projets ont procédé à une évaluation accompagnée en performance sociale, en analyse de satisfaction de clients et en suivi d’impact : au Kenya et au Cameroun. Les résultats ont aussi été satisfaisants, notamment dus aux actions d’éducation financière et de renforcement des capacités de gouvernance des groupes informels que ces deux IMF ont mis en œuvre auprès des femmes démunies qu’elles servaient.

Trois compétences nouvelles et essentielles, développées depuis cinq années en Afrique de l’Est, ont fait l’objet de capitalisation aussi bien sur le plan de la méthodologie que des outils utilisés : (i) financement de chaînes de valeur agricoles, (ii) extension efficiente en zones rurales reculées et (iii) modernisation de coopératives d’épargne et de crédit. Ces capitalisations ont permis de construire la base de savoirs du département qui, à son tour, a permis de former les nouveaux collaborateurs qui ont rejoint le département.

Un film a été réalisé sur le thème du financement rural et du financement des chaînes de valeur agricoles en Tanzanie. Sur place, il a été projeté à plusieurs reprises sur diverses chaînes locales afin de faire connaître les produits financiers du partenaire national du programme PRIDE Tanzania RFW.

2.4. Département « Systèmes de santé et prévoyance sociale »

Les performances des pays d’Afrique anglophones ont mieux résisté à la crise économique que les pays d’Afrique francophone et ont poursuivi une croissance soutenue. En raison de la sensibilité du secteur de la micro-assurance à l’évolution du pouvoir d’achat des populations ciblées, ce contexte économique a toutefois indirectement pesé sur l’ensemble des résultats des programmes du département. En 2011, les programmes du département ont touché un peu plus d’un million d’habitants, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2010 au travers de 160 mutuelles.

En Guinée, dans un contexte politique non stabilisé, l’Union des Mutuelles de Santé de Guinée Forestière a enregistré un turnover important de son personnel. Les effectifs d’assurés se sont maintenus essentiellement grâce à une forte progression des adhésions des écoles à l’assurance scolaire. Les résultats du lancement du produit « maternité sans risques » ont fait l’objet d’une large diffusion.

Au Sénégal, le travail préparatoire à la mise en place du Pool de Micro-Assurance Santé a été achevé. Les assureurs ont négocié avec des groupes organisés de taille importante, ce qui devrait permettre de réaliser le plan d’affaires

Au Tchad, suite à la mise en place de Cellules d’Appui aux Mutuelles, les BELACD se sont activement impliqués dans la promotion des mutuelles et ont joué un rôle très utile de mise en relation avec les autorités sanitaires. Cinq mutuelles ont été créées dans trois régions.

En Afrique de l’Est, la croissance des effectifs observée en 2010 s’est poursuivie en 2011 dans les trois programmes où le département intervient. En Tanzanie, l’approche développée dans le district de Kyela s’est basée sur un cofinancement important des primes (par le district et par une entreprise) et sur la distribution des produits de micro-assurance au travers du réseau commercial de l’entreprise. Cette approche a porté ses fruits puisque 15 000 assurés ont pu être couverts dès la première année. Au vu de ces résultats, le district de Mbozi a décidé d’adopter la même approche pour 2012.

Au Kenya, le réseau de Nyeri a poursuivi sa croissance basée essentiellement sur l’attractivité d’un produit à bas coût avec une garantie limitée aux hôpitaux du district, démontrant ainsi le bien-fondé de la stratégie « produits » mise en œuvre par l’ONG Afya Yetu Initiative avec l’appui du CIDR. Le système national NHIF a reconnu le travail fait dans la distribution du produit proposé par l’Etat et a accepté d’octroyer une commission par police d’assurance vendue. En Ouganda, si le programme de crédits santé a poursuivi sa croissance en termes d’effectifs, la question de la viabilité de ce mécanisme financier reste entière.

Aux Comores, la stratégie de marketing des produits via des groupes socioprofessionnels plutôt que via des mutuelles à base géographique a porté ses fruits (+ 274 % sur l’Ile d’Anjouan). L’évaluation de fin de phase a reconnu la pertinence du service commun de gestion et sa fonctionnalité.

Durant l’année, le département a consacré un temps important pour le développement de nouveaux programmes : un projet de promotion de la micro-assurance sur la ville de Lomé au Togo, la conception d’un programme régional en Afrique de l’Est pour le passage à l’échelle des dispositifs de micro-assurance existants et une prospection en Côte d’Ivoire. Enfin, 2011 a vu l’élaboration et la négociation d’un programme de chèque santé au Cameroun.

3. Synthèse des activités organisationnelles

Dans le cadre de sa démarche de partenariats et d’alliance, le CIDR, membre du réseau Alliance Internationale de Développement et de Recherche (AIDR) a continué sa forte implication dans le réseau. Un des temps forts de l’AIDR en 2011 a été l’organisation d’un forum sur le développement économique local qui a regroupé plus d’une centaine de participants. Le thème du forum était « A nouveaux enjeux, nouvelles approches et pratiques du développement économique local en Afrique ».

Le CIDR a également maintenu ses partenariats opérationnels existants (Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé et Société (CERMES), Fédération Nationale de la Mutualité Française (FMNF), Association Nationale de la Mutualité Chrétienne - Belgique (ANMC) et a œuvré au développement d’un partenariat stratégique avec une ONG indienne, BASIX India, spécialiste en services financiers, services agricoles et développement institutionnel. Les nombreux échanges ont permis de développer le concept d’une coopération Sud-Nord-Sud, impliquant CIDR/PAMIGA, le Groupe BASIX et des acteurs africains dont MIFED Cameroun. Ce partenariat a pour objectif la promotion des « moyens d’existence » (livelihood) des populations pauvres en Afrique sub-saharienne.

Dans un environnement en mutation, l’attitude attentiste voire frileuse de certains bailleurs de fonds et les réorganisations d’autres ont causé des difficultés au CIDR dans le financement de certains programmes en cours. Le CIDR, fidèle à ses engagements vis à vis de ses partenaires locaux, a maintenu, dans les limites du possible et en ayant recours à ses propres ressources, ses activités d’appui sur le terrain.

Au niveau du management des connaissances, un accompagnement régulier a eu pour enjeu principal d’opérationnaliser et d’étendre la portée des démarches de chaque département. La formation au management des connaissances des conseillers techniques en préparation au départ a été systématisée. Trois séminaires de formation ont été organisés sur la micro-assurance participative et sur l’amélioration des performances des communes.

Dans le cadre de la démarche de communication externe, la cellule de communication mise en place a suivi, entre autres, l’élaboration d’une nouvelle charte graphique et d’une banque d’images et de textes, la réalisation des deux films sur le riz au Bénin et la microfinance en Tanzanie. Le Plan d’Orientation Stratégique a été présenté en Tanzanie en décembre auprès d’environ quarante personnes, notamment des bailleurs et ONG de développement. Pour célébrer son cinquantenaire, le CIDR a commencé l’élaboration d’un livre sur « 50 ans d’histoire(s), d’innovations, de partenariat » qui sortira en 2012.

Dans la continuité des évolutions organisationnelles, les concepts de coordinations régionales ont été affinés ainsi que leurs modalités de fonctionnement. Le conseil d’administration a été renouvelé et une nouvelle présidente élue.

4. Synthèse en termes d’atteinte des orientations stratégiques

4.1. Accompagner la modernisation des économies locales et la création d’emplois

Afin de promouvoir une approche entrepreneuriale des économies rurales, le CIDR a continué d’appuyer la promotion d’entreprises de transformation (7 nouvelles entreprises se sont développées en 2011 avec l’appui des plateformes) ainsi que le renforcement d’organisations professionnelles agricoles (Bénin, Côte d’Ivoire) afin qu’elles puissent proposer des services économiques à leurs membres. Ces actions visent à fournir en priorité une clientèle urbaine locale sensible au développement des PME dans leur pays mais surtout des produits compétitifs tant en qualité qu’en prix face aux produits importés.

Le CIDR a renforcé les capacités institutionnelles d’IMF rurales pour qu’elles soient pérennes et puissent servir durablement une clientèle négligée par les banques. Son appui porte notamment sur le développement des produits adaptés pour le financement des ménages ruraux et des chaînes de valeur agricoles. En 2011, un pas est franchi dans l’extension de cette nouvelle approche de financement agricole aux banques commerciales au Ghana. Avec les études réalisées en Tanzanie, les besoins de financement de PME insérées dans des chaînes de valeur vont être analysés en vue de trouver des solutions financières adaptées.

Pour favoriser la création d’emplois dans les villes intermédiaires et les quartiers populaires des grandes agglomérations, le CIDR aide des IMF à fournir des crédits solidaires à des femmes démunies mais actives économiquement : une étude d’impact sur la création d’emplois décents réalisée au Nord Cameroun a permis d’identifier 2 à 5 % de femmes démunies pouvant progresser vers un statut d’entrepreneur de TPE avec de la création d’emplois (deux à trois emplois en plus) à la clé.

L’agence de développement économique locale au Bénin - l’Organisation de Développement des Territoires de l’Alibori (ODETA) - a montré ses premiers résultats : outre l’impact économique et social des activités engagées (warrantage, volet économique des PDC, foire économique intercommunale, promotion de filières et soutien à des porteurs de projets DEL), l’ODETA représente un espace de dialogue, de réflexion et d’actions entre des acteurs publics (Etat et collectivités) et privés (entreprises, groupements, associations, ONG, IMF) qui généralement coopèrent peu sur ces questions voire se méfient les uns des autres.

4.2. Participer au renforcement de la dimension sociale du développement

Une priorité a été accordée à l’atteinte des OMD, avec le développement d’une microfinance inclusive et d’une offre de services de micro-assurance accessible aux populations vulnérables, tout en renforçant le pouvoir de ces derniers d’agir sur l’amélioration des services. En Tanzanie, la négociation de cofinancement par le fonds national public a permis de réduire le montant des cotisations et de donner accès à une offre de soins plus diversifiée. Un mécanisme a été conçu pour la prise en charge des malades du SIDA.

Une place importante a été faite aux femmes : 9 126 femmes en âge de procréer (Guinée, Comores et Ouganda) ont eu la possibilité d’avoir accès à des soins gratuits ou à tarifs réduits pendant leur grossesse grâce à la mobilisation financière collective des villages et à la gestion par les mutuelles de services de tiers payant. L’accessibilité des soins a été améliorée grâce à des services d’ambulance et de consultations prénatales (Guinée, Ouganda). Les données de suivi indiquent une réduction très significative de la mortalité maternelle dans les villages adhérents.

Un accent particulier a également été mis sur la dimension genre dans l’élaboration des PDC au Bénin qui, par ailleurs, prennent tous comme référentiel les OMD. Des appels à projets de développement économique local ont particulièrement ciblé les jeunes et les femmes.

Les performances sociales des IMF au Kenya (WPS) et au Cameroun (ICS) ont été suivies en recourant à l’outil de mesure développé par CERISE (SPI 3), qui renseigne sur la performance des IMF, permet de cibler les aspects à améliorer et de les insérer dans la stratégie de développement. Un travail d’exploitation des enquêtes de satisfaction de clientes et des collectes d’histoires de vie a permis de définir des hypothèses d’impact socio-économique. Par ailleurs, un protocole de suivi de l’impact des mutuelles sur la réduction de la mortalité maternelle et infantile a été conçu et mis en œuvre en Tanzanie. Des termes de référence ont été élaborés pour développer une méthodologie rigoureuse et applicable pour suivre l’impact des ESOP sur les producteurs.

4.3. Favoriser au niveau des territoires la cohérence des politiques sectorielles et de développement durable

Pour accompagner la territorialisation des politiques sectorielles, un travail sur la planification territoriale a été réalisé (Bénin, Madagascar), articulé avec les politiques sectorielles nationales et équilibré entre les différentes dimensions du développement durable. Un programme de renforcement de la gouvernance locale de l’eau et de l’assainissement a été mené par les associations de communes (Madagascar, Bénin). Un nouveau programme de politique communale de lutte contre l’exclusion urbaine (Madagascar) a été initié et témoigne de la volonté de croiser les politiques sectorielles avec les préoccupations des territoires. Ceci a également été le cas pour la méthodologie d’élaboration du SRADDT.

En Tanzanie, le CIDR a appuyé les autorités régionales pour adapter le système national d’assurance maladie destiné au secteur informel, en décentralisant sa gouvernance et sa gestion. Ceci a permis de mobiliser d’autres partenaires, de réduire la cotisation et d’augmenter la portée du produit.

Un programme a été formulé pour accompagner la territorialisation des politiques sectorielles agricoles au niveau de la région Sofia à Madagascar, via l’appui à des Centres de Services Agricoles.

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Publié le lundi 1er octobre 2012

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