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Rapport d’activités CIDR 2012

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I. Bilan général de l’année 2012 

1. Evolution du contexte de la coopération au développement

1.1. Contexte général

L’année 2012 est marquée par la prolongation et l’ancrage de la crise financière au travers du monde. La croissance économique est ralentie par la crise de la dette en Europe et par les mesures d’austérité qui ont été mises en œuvre en réaction. Un Pacte budgétaire européen est validé en mars, dans la lignée de cette approche d’austérité.

Dans de nombreux pays européens, des manifestations s’enchainent, suivies de grèves générales ; les élections ont abouti à la sanction des dirigeants en place pendant la crise. Une plus grande régulation par la mise en place de règles prudentielles plus rigoureuses est validée.

A cette crise financière et économique dans les pays du Nord, s’ajoute celle, sécuritaire de nombreux pays du Sud, notamment au Moyen Orient et au Sahel, avec les instabilités que cela implique dans toute la sous région, affectant l’économie générale dans des pays comme le Mali.

Ce contexte de crise sécuritaire, économique et d’austérité a entraîné la contraction des budgets dédiés à la solidarité internationale au niveau des coopérations nationales, des bailleurs multilatéraux et bilatéraux. Les acteurs du développement, notamment les ONG du Nord, en ressentent fortement les effets. On constate également une évolution du type de partenariat avec l’Etat, où l’on passe de subventions à des commandes publiques. Cette évolution a une forte incidence sur le type d’actions entreprises par les ONG et leur capacité d’initiatives. En réaction, les ONG mettent en place différentes stratégies pour s’adapter et résister à ces évolutions. Une étude a été menée par le FRIO/Coordination SUD sur les pratiques des ONG françaises dans un contexte économique difficile et présente les principaux mécanismes mis en place par les ONG. Les résultats seront disponibles début 2013.

1.2. Contexte en Afrique Sub-Saharienne

Malgré un ralentissement économique mondial, l’Afrique Sub-Saharienne voit sa croissance atteindre 6 % en 2012. Ses exportations connaissent une importante reprise et, sur les 48 pays subsahariens, la Banque Mondiale en classe 22 dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire.

Cela n’a toutefois pas empêché que l’année soit également marquée par plusieurs conflits : Mali, RDC, RCA, affectant plus largement les pays limitrophes. 2012 a été une année avec des échéances électorales dont plusieurs ont été repoussées, comme à Madagascar et au Togo.

La coopération entre l’Asie et l’Afrique s’est accrue : la Chine, après être devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 2009, est également maintenant son premier bailleur de fonds, annonçant, lors du cinquième sommet Chine-Afrique, qu’il allait porter le montant des prêts au continent à 16,3 milliards d’Euros pour les trois années à venir. L’Inde également continue sa coopération avec l’Afrique, notamment sur les sciences et technologies, l’agriculture et l’énergie solaire. La coopération brésilienne aussi progresse. La présence accrue de ces acteurs préfigure de nouvelles formes de partenariat au développement, ainsi qu’un nouveau type de coopération Sud-Sud.

1.3. Au niveau français

En France, l’année a été marquée par les élections présidentielle et législative qui ont amené une nouvelle majorité au pouvoir, un nouveau Gouvernement et une nouvelle politique en place. Concernant les affaires étrangères, la Cour des Comptes analyse pour la première fois la politique publique française d’aide au développement. Ses conclusions sont que celle-ci « affiche des objectifs peu réalistes, trop nombreux et peu hiérarchisés ». Seul 26 % de l’aide bilatérale est à destination de l’Afrique Sub-Saharienne, alors qu’une part croissante de l’aide est consacrée aux pays émergeants au travers de prêts bonifiés. Seul 0,15 % de l’aide passe par les ONG, contre 2 % en moyenne dans l’OCDE.

L’Agence Française de Développement a lancé une étude sur les relations entre l’AFD et les ONG. Ce travail constituera la base de l’élaboration du Cadre d’intervention transversal de l’AFD, dont l’objectif est de mieux intégrer les organisations de la société civile française et internationale dans les opérations de l’AFD et de les mettre dans une perspective plus large d’articulation et de mise en cohérence avec les autres instruments de la Coopération Française. Ce travail sera finalisé en 2013.

Suite aux engagements de campagne, le Président Français a initié des Assises du Développement et de la Solidarité Internationale, qui se sont déroulées sur cinq mois à partir de novembre 2012. Elles ont permis de réunir et de faire dialoguer les acteurs du Nord et du Sud que sont les ONG, syndicats, entreprises, fondations, collectivités territoriales, parlementaires, organismes de recherche et les services de l’Etat. Les discussions se sont structurées autour de cinq thématiques-chantiers, correspondant aux principaux enjeux pour la politique de développement : quelle vision du développement après 2015 ? Comment assurer une aide transparente et efficace ? Comment accroître la cohérence des politiques publiques en faveur du développement ? Comment renforcer les partenariats entre l’Etat et les acteurs non gouvernementaux ? Innovations technologiques et sociales, politiques de recherche : quels enjeux pour le développement ? Suite aux échanges et débats, les Assises se sont clôturées sur l’annonce d’une loi d’orientation et de programmation et de la création d’un Conseil national du développement et de la solidarité internationale. Lors de la clôture, le Président de la République a confirmé le doublement sur le quinquennat de l’aide publique au développement transitant par les ONG.

1.4. Au niveau européen

Dix ans après la dernière publication de la stratégie de l’Union Européenne de soutien à la société civile, une consultation a été lancée mi 2012 par la Commission pour recueillir l’opinion des différentes parties prenantes sur le rôle de la société civile dans le développement. La communication qui en résulte constitue le nouveau cadre politique de l’UE pour l’engagement avec la société civile. Elle met fortement l’accent sur la participation de la société civile locale aux processus politiques nationaux, et à l’élaboration des politiques pour la construction d’Etats plus redevables et démocratiques. L’UE veut concentrer son aide destinée à la société civile sur trois priorités : 1) renforcer les efforts visant à promouvoir un environnement favorable pour les organisations de la société civile (OSC) dans les pays partenaires ; 2) encourager une participation constructive et structurée des organisations de la société civile aux politiques intérieures des pays partenaires, à celles de l’UE et aux processus internationaux ; 3) accroître la capacité des OSC locales à exercer plus efficacement leur rôle d’acteurs indépendants du développement. Ces nouvelles orientations se trouveront reflétées notamment dans les prochains instruments de développement et leurs priorités pour la période 2014-2020.

Pendant près de deux ans, l’Union Européenne a travaillé sur une réforme de sa politique de développement « Agenda for Change ». Celui-ci, adopté en mai 2012, est le cadre de référence pour les négociations sur le budget triennal. Après plusieurs mois de négociations de ce nouveau cadre financier, les Etats membres ont commencé à s’entendre sur les montants budgétaires. Toutefois, les discussions ont principalement été orientées sur la réduction budgétaire. Même si la solidarité internationale est perçue comme importante par de nombreux pays, elle n’apparaît toutefois pas comme une priorité. Outre le volume financier dédié au développement, un des enjeux des négociations réside dans les instruments financiers qui seront validés mi 2013. Les changements majeurs portent sur la différentiation par pays, avec les pays émergents et à revenu intermédiaire qui pourraient ne plus être éligibles à l’aide bilatérale.

1.5. Au niveau international

2015, date cible pour l’attente des Objectifs du Millénaire, approchant, l’ONU a mis en place en septembre 2012 un panel de haut niveau pour élaborer un document de principe sur l’agenda pour le développement post 2015. Cinquante consultations nationales et neuf consultations thématiques seront menées. De nombreuses organisations de la société civile ont également lancé une campagne « au delà de 2015 » pour construire de nouveaux cadres de développement. L’un des cadres majeurs émergeant est celui du développement durable dans la suite de la conférence Rio + 20, dans le cadre des réflexions sur le changement climatique, qui s’appliquent au Nord et au Sud.

2. Synthèse des activités des départements CIDR

2.1. Département « Ingénierie, Management et Gouvernance des Territoires »

En 2012, le département a accompagné 45 collectivités urbaines ou rurales dans trois pays pour une portée potentielle d’environ 2,7 millions d’habitants. Après la fin en 2011 de deux programmes (Bénin-Borgou et Madagascar-Sava) et la naissance de deux nouveaux projets sectoriels à Madagascar (Diégo-action sociale et Ambanja-eau/ assainissement), l’année 2012 a été marquée par d’importants efforts de renouvellement et de diversification des programmes IMGT.

Toute l’année, les équipes ont travaillé au montage technique et financier de nouveaux programmes : réalisant des études de faisabilité, répondant à de nombreux appels à projets, négociant de nouveaux partenariats techniques et financiers. Ces efforts se sont traduits par le montage à Madagascar d’un programme de renforcement des capacités des communes urbaines dans le domaine de l’assainissement en Sava et d’un programme de coopération décentralisé avec la Région Aquitaine et la Région Itasy. Au Bénin, l’association intercommunale APIDA a obtenu la mise en œuvre d’un nouveau programme de gestion des ressources naturelles autour du Parc du W. Enfin, un nouveau programme en République Centrafricaine a été développé avec l’Union Européenne pour le renforcement de la société civile et des autorités locales dans quatre régions.

Parallèlement, le partenariat avec la Région Picardie a été consolidé avec la sélection par appel d’offres du CIDR comme partenaire technique des programmes de coopération décentralisée au Bénin-Collines et Madagascar-Diana pour quatre nouvelles années.

Ces efforts, couronnés de succès, permettent au CIDR de débuter l’année 2013 avec des projets IMGT plus nombreux, plus diversifiés et plus ambitieux. Ils ont été l’occasion d’imaginer de nouveaux partenariats avec des ONG et collectivités locales aussi bien en France qu’en Afrique.

Sur le plan technique, les programmes ont continué, en 2012, d’être accompagnés par des conseillers intervenant, de plus en plus, sur plusieurs programmes à la fois. Des évolutions organisationnelles importantes ont été préparées et pourront être mises en œuvre à partir du début 2013.

2.2. Département « Entreprises Agricoles, Filières et Marché »

Les efforts portés par les équipes EAFM durant l’année 2012 sur les négociations financières nécessaires à la mise en œuvre des programmes ESOP en Afrique de l’Ouest et du programme d’appui à la fédération nationale des riziculteurs en Côte d’Ivoire ont été couronnés de succès.

S’adaptant au contexte qui tend à se régionaliser (échanges économiques, regroupement des organisations professionnelles agricoles, ouverture de bureaux sous-régionaux par les institutions internationales comme le FIDA ou la BAD, etc.), le département a rendu ses actions plus attrayantes pour de nouveaux partenaires financiers en inscrivant ses interventions au niveau régional : l’appui aux ESOP et le fonds de capital-risque CRESA, créé pour accompagner la démultiplication des entreprises agro-alimentaires. Le département a également lancé, à cette même échelle régionale, de nouveaux chantiers transversaux tels que la définition d’une charte RSE, des échanges de savoir-faire et l’élaboration de méthodologies de mesures des impacts des ESOP.

Les 43 ESOP promues en Afrique de l’Ouest ont acheté pour 1 milliard de FCFA de matières premières agricoles (environ 3 000 tonnes de riz, 2 800 tonnes de soja, 160 000 litres de lait) à 14 117 producteurs sous contrat. Le chiffre d’affaires cumulé de ces 43 ESOP est de 1,40 milliards de FCFA (2,13 millions d’Euros). Entre 2011 et 2012, le nombre de producteurs sous contrat avec les ESOP a augmenté de 8 %, la quantité de riz paddy livré a augmenté de 17 %, celle de soja a augmenté de 61 %. Le chiffre d’affaires cumulé des ESOP a progressé de 4 % et le nombre de salariés a augmenté de 17 % dans le réseau des ESOP.

Tout au long de l’année 2012, le département a également renforcé ses partenariats et en a initié de nouveaux, très variés. Il s’agit de partenariats commerciaux sur le soja biologique avec l’Union Française d’Agriculture Biologique (UFAB) ; techniques avec CERISE pour la mise au point d’un outil de mesure du Social business ; de capitalisation avec le CFSI sur l’implication des agricultures familiales pour l’alimentation des villes ; à la fois financiers et thématiques avec la Fondation AGRA, la Banque Mondiale au travers d’ETD, les Ministères de l’Agriculture au Togo, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, et enfin avec des IMF et banques au Togo, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso.

Enfin, le lancement de bureaux déconcentrés du CIDR et de ses coordinations thématiques, décidé dans le courant de l’année, a été anticipé et sera mis en œuvre dès le début de l’année 2013.

2.3. Département « Microfinance, Entreprises et Création d’Emplois »

2012 a été une année de transition pour le département, qui a vu le passage de relais entre l’actuel directeur de département et son prédécesseur en juillet, et le départ à la retraite du responsable de programme. Ces évolutions au siège ont accompagné les évolutions organisationnelles sur le terrain avec le processus de mise en place de la coordination thématique régionale en Afrique Centrale et de l’Ouest ainsi que celle d’Afrique de l’Est et Océan Indien, dans le cadre des Bureaux Régionaux du CIDR.

Grâce aux efforts soutenus des équipes techniques du département, l’année a aussi été une année d’émergence de nouvelles phases et de nouveaux projets et programmes. Au Tchad, la nouvelle phase du projet avec le lancement du PADER-G permettra de consolider le réseau UCEC-G ; au Cameroun, un nouveau programme, dans le cadre de MicroLead II débutera en 2013 ; en Tanzanie, le département a été retenu pour continuer à apporter son appui à PRIDE pour son extension, sa modernisation et le développement de produits pour le financement des chaînes de valeurs. Le département a également proposé un programme en Ethiopie sur les chaînes de valeur et la réplication des RSCF (FIDA RUFIP) et des expertises au Kenya pour appuyer la modernisation des SACCO (FIDA PROFIT).

En 2012, le CIDR a appuyé, dans sept pays d’Afrique Sub-Saharienne, 15 Institutions de Microfinance (IMF) de formes juridiques (association, coopérative, SA), âge et taille différents totalisant 371 554 déposants et un encours d’épargne de 16 Millions €, 353 400 emprunteurs et un encours de crédits de plus de 100 Millions €. Le département a ainsi un impact sur les conditions de vie de plus de 1,7 Millions de ruraux.

Les programmes en cours ont connu des avancées notables avec l’amélioration de la qualité du portefeuille et du système d’information de l’EMF CEC au Cameroun, en vue d’une ouverture d’agence rurale en 2013. A Madagascar, la mise en place de formation à la carte et de suivi post-formation intensif a permis au Centre de Ressources de démontrer toute son utilité et sa pertinence. Ces formations et appuis ont permis à une IMF d’obtenir son agrément.

Les évaluations des programmes achevés en Afrique de l’Est ont montré que les objectifs étaient atteints aussi bien en termes quantitatif que qualitatif : ces programmes sont considérés comme un modèle de réussite de la microfinance rurale dans les pays d’intervention (Tanzanie, Ethiopie, Kenya). Ils ont fait l’objet de capitalisation sur le plan de la méthodologie et des outils développés, qui seront à la base de nouveaux modules de formation pour leur dissémination en Afrique.

2.4. Département « Systèmes de Santé et Prévoyance Sociale »

En 2012, les programmes du département ont pu impacté 1,17 millions d’habitants, soit une augmentation de 21 % par rapport à 2011, au travers de 258 mutuelles.

Au Tchad, l’évaluation externe a confirmé l’opportunité du programme et recommandé sa poursuite. La DDC a de ce fait décidé de prolonger la phase pilote en vue de la préparation d’une deuxième phase qui permettra l’intégration des mutuelles de santé dans la stratégie de financement des soins et de protection sociale du pays. Les résultats du programme Guinée maternité sans risque sont également très positifs, ce qui a permis à l’Union des Mutuelles de Santé de Guinée Forestière (UMSGF) de continuer la diversification de ses activités et le renouvellement des partenariats locaux.

En Afrique de l’Est, malgré l’incertitude planant sur la place qui sera finalement dévolue aux organisations à base de membres promues par le CIDR, l’année 2012 a été marquée en Tanzanie par de nombreux succès : la création de l’ONG HIMSO, la réplication réussie de l’approche testée, les demandes d’extension de celle-ci et un vif intérêt du Gouvernement Tanzanien pour l’approche développée. Au Kenya, l’échec de l’extension de la couverture du produit assurantiel du Gouvernement a eu un impact négatif sur Afya Yetu Initiative, qui le distribue également. En revanche, la mise en application du Devolution Act offrira des opportunités d’appuis institutionnels.

Aux Comores, le transfert de la maîtrise d’ouvrage du programme à la Fédération Nationale des Mutuelles de Santé des Comores (FENAMUSAC) a été un succès. Il a permis à la fédération de se saisir des opportunités offertes par la réforme de la gouvernance de la PNAC et par l’extension du fonds d’amélioration de la performance. La Fédération a aussi conclu un accord pour couvrir tous les étudiants de l’Université Nationale.

Le département a également œuvré pour la conception et la mise en œuvre de nouveaux programmes : au Sénégal, après la signature de la convention entre le PMAS et le Ministère de la Santé et les négociations menées avec les prestataires de soins de Dakar, les premières souscriptions ont pu être lancées ; au Cameroun, la finalisation du contrat « Chèque Santé » a eu lieu ; au Togo, un programme de promotion de micro-assurance santé sur Lomé avec l’ONG CREDI, membre de l’AIDR, a été lancé ; en Côte d’Ivoire un programme pour les planteurs de cacao a été conçu.

3. Synthèse des activités organisationnelles

Dans le cadre de son plan d’orientation stratégique 2010-2014, des évolutions organisationnelles ont été proposées et validées par l’assemblée générale de septembre 2012 : une stratégie de déconcentration du CIDR en Afrique a été planifiée pour les années 2013 et 2014. Elle s’appuiera sur la mise en place de Bureaux régionaux déconcentrés, le rattachement des conseillers techniques et des projets aux Bureaux Régionaux, le repositionnement et la reconfiguration du siège en France et la déconcentration des fonctions financières. Cette stratégie a pour objectifs une plus grande capacité de décisions et de suivi des opérations sur le terrain, un partenariat renforcé avec des organisations de développement solides du Sud et une recherche de valeur ajoutée et d’impact toujours accrus.

Dans le cadre de sa démarche de partenariats et d’alliance, le CIDR, membre de l’AIDR, a continué son implication dans le réseau. Les deux temps forts de l’année à Autrêches (France) et à Antananarivo (Madagascar) ont permis de finaliser le programme d’activité triennal 2012-2015 et de démarrer les premières actions. Au cours de ces deux sessions, un séminaire de formation sur la collecte de fonds privés dans les pays du Sud a été organisé à destination des membres.

Le CIDR a œuvré à la formulation du programme African Livelihoods Partnership ALP, initié par le BASIX Social Entreprises (Inde), spécialiste en services financiers, services agricoles et développement institutionnel. Ce programme de coopération Sud-Sud est en partenariat avec le CIDR, PAMIGA, MIFED Cameroun et K-REP du Kenya. Ce partenariat a pour objectif l’amélioration durable, amplifiable et innovante, des moyens d’existence des pauvres en Afrique, en s’appuyant sur les expertises de BASIX, du CIDR et des autres partenaires du programme. Ce partenariat a donné lieu à un atelier en juin à Nairobi pour définir collectivement un premier document projet, support à une demande de financement auprès de la DDC pour une phase pilote. Ce programme est prévu pour démarrer au premier semestre 2013.

Au niveau du management des connaissances, plusieurs travaux de capitalisation ont été réalisés ainsi que des activités de formation externe, avec un séminaire à Autrêches sur le rôle des mutuelles dans le cadre de la couverture maladie universelle et des formations en Afrique, en RDC et au Togo, dans le domaine de la santé et en Europe, en Italie au Boulder MFT en microfinance.

Dans le cadre de la démarche de communication externe, la cellule de communication a piloté la rédaction d’un livre sur « 50 ans d’histoire(s), d’innovations, de partenariat ». Le site du CIDR a été rénové. Le film « Riz du Bénin, Riz de demain » a été projeté dans le cadre du festival Alimenterre organisé par le CFSI qui aura permis sa très large diffusion avec plus de 50 projections-débats en France, au Bénin, aux Comores et en Tchéquie.

4. Synthèse en termes d’atteinte des orientations stratégiques

4.1. Accompagner la modernisation des économies locales et la création d’emplois

Afin de promouvoir une approche entrepreneuriale des économies rurales, le CIDR a continué d’appuyer la promotion d’entreprises de transformation (sept nouvelles ESOP ont été développées en 2012 avec l’appui des plates-formes) ainsi que le renforcement d’organisations professionnelles agricoles (Bénin, Côte d’Ivoire) pour qu’elles puissent proposer des services économiques et commerciaux à leurs membres. Les Ministères et les organisations internationales ont été sensibilisés à la démarche et les ont intégrés comme un élément de leurs stratégies de développement rural. En 2012, a été formalisée au travers de l’élaboration d’une charte RSE l’association d’une vision économique orientée vers les marchés et d’une responsabilité sociale et environnementale volontariste.

Le CIDR a renforcé les capacités institutionnelles d’IMF rurales pour qu’elles soient pérennes et puissent servir durablement une clientèle négligée par les banques. Son appui porte notamment sur le développement des produits adaptés pour le financement des ménages ruraux et des chaînes de valeur agricole. En 2012, avec l’opérationnalisation du fonds OVCF, un pas a été franchi dans l’extension de cette nouvelle approche de financement agricole aux banques commerciales au Ghana. Avec l’ouverture de deux agences rurales en Tanzanie, les besoins de financement des TPE insérées dans des chaînes de valeur pourront être satisfaits par la conception de produits financés adaptés.

Pour favoriser la création d’emplois dans les villes intermédiaires et les quartiers populaires des grandes agglomérations, le CIDR aide des IMF à fournir des crédits solidaires à des femmes démunies mais actives économiquement : une étude d’impact sur la création d’emplois décents réalisée au Nord Cameroun a permis d’identifier 2 à 5 % de femmes démunies pouvant progresser vers un statut d’entrepreneur de TPE avec de la création d’emplois à la clé. Réussir à accompagner ces évolutions sur un plan financier et non financier est essentiel pour l’emploi de femmes et de jeunes dans les villes.

L’agence de développement économique locale au Bénin - l’Organisation de Développement des Territoires de l’Alibori (ODETA) - a montré ses premiers résultats : outre l’impact économique et social des activités engagées (warrantage, volet économique des PDC, foire économique intercommunale, promotion de filières et soutien à des porteurs de projets DEL), l’ODETA représente un espace de dialogue, de réflexion et d’actions entre des acteurs publics (Etat et collectivités) et privés (entreprises, groupements, associations, ONG, IMF) qui généralement coopèrent peu sur ces questions voire se méfient les uns des autres. Le choix de l’internalisation de l’ODETA au sein de l’association de communes illustre l’engagement fort des collectivités. Dans les autres territoires appuyés au Bénin et à Madagascar, un accompagnement est proposé pour la démarche de conception de stratégies de développement économique et leur mise en œuvre opérationnelle.

4.2. Participer au renforcement de la dimension sociale du développement

Une priorité a été accordée à l’atteinte des OMD, avec le développement d’une microfinance inclusive et d’une offre de services de micro-assurance accessible aux populations vulnérables, tout en renforçant le pouvoir de ces dernières à agir sur l’amélioration des services. Aux Comores, un système de solidarité collective de l’ensemble des habitants du village permet de couvrir 2 500 habitants.

Une place importante a été faite aux femmes : 9 126 femmes en âge de procréer (Guinée, Comores et Ouganda) ont eu la possibilité d’avoir accès à des soins gratuits ou à tarifs réduits pendant leur grossesse. La participation communautaire (Guinée) a permis que les femmes enceintes puissent suivre les visites prénatales, soient évacuées en cas de complications, pour un coût de service estimé à 1 $ par habitant par an. Aucun décès n’est à déplorer.

Le rôle et la place des femmes ont été particulièrement présents dans le cadre des projets de territoire, au Bénin et à Madagascar, avec l’appui à la structuration d’associations de femmes en plates-formes et forum. Dans le cadre de l’appui à la définition et la mise en œuvre d’une politique urbaine de lutte contre l’exclusion à Madagascar, l’émancipation économique et sociale a été un des sujets prioritaires.

Les actions ont également eu un impact en termes de développement du capital social et de la capacité à agir : la mise en place de mutuelle permet d’agir sur l’amélioration des services de santé (Tchad), sur la disponibilité en médicament (Tanzanie) et sur l’amélioration de la performance (Comores).

Les résultats des évaluations des performances sociales des IMF au Kenya (WPS) et au Cameroun (ICS) leur ont permis d’accroître leurs performances en mettant en place des mesures correctives, le cas échéant.

La mise au point d’une méthodologie standard de mesure de l’impact des ESOP sur les producteurs a été initiée. Des travaux ont également été menés sur la définition d’une charte de responsabilité sociale et environnementale des entreprises ESOP.

4.3. Favoriser au niveau des territoires la cohérence des politiques sectorielles et de développement durable

Pour accompagner la territorialisation des politiques sectorielles, un travail sur la planification territoriale a été réalisé (Bénin, Madagascar), articulé avec les politiques sectorielles nationales et équilibré entre les différentes dimensions du développement durable. A l’échelle régionale (Madagascar), la composition du comité régional d’aménagement du territoire/développement économique et la méthodologie de leurs stratégies témoignent de la volonté de croiser les politiques nationales sectorielles avec les préoccupations des territoires de projets que constituent les pôles urbains de la région. Des programmes de renforcement de la gouvernance locale de l’eau et de l’assainissement ont été menés et se développent au Bénin comme à Madagascar.

Le programme formulé pour accompagner la territorialisation des politiques sectorielles agricoles au niveau de la région Sofia à Madagascar, via l’appui à des Centres de Services Agricoles, a eu du mal à trouver son financement. Une analyse des causes permettra de reformuler ce programme de façon plus convaincante. Par ailleurs, les politiques sectorielles, agricoles, de développement économique, ont été prises en compte systématiquement dans les programmes de développement des filières.

Documents joints

Publié le mercredi 18 septembre 2013

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