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Rapport d’activités 2008 - Systèmes financiers décentralisés

 

Sommaire

I. Introduction

1. Faits marquants de l’année 2008

L’année 2008 est la dernière année du plan d’orientation stratégique 2004–2008. Le département a donc entrepris une démarche d’autoévaluation de la réalisation de ce plan.

Il ressort que l’expérience innovante de l’Afrique de l’Est d’appui à des IMF existantes, par le renforcement de leur capacité organisationnelle et par le développement de nouvelles méthodologies et de nouveaux produits pour toucher le milieu rural, a porté ses fruits et a permis de définir un nouveau métier pour le département. Ce nouveau métier ou nouvelle approche a aussi pu être appliqué en Afrique de l’Ouest (Togo) de façon prometteuse car elle répond de manière évidente à des besoins d’IMF matures cherchant à se diversifier.

Les efforts de consolidation des réseaux CVECA butent sur des contraintes structurelles de taille, de risques co-variants, de faiblesse de la gouvernance participative et des limites d’une équipe restreinte de techniciens à faire face à tous les défis d’évolution d’un environnement. Il paraît clair, au sortir de ce plan d’orientation stratégique que la seule façon de pérenniser ces réseaux est de les regrouper (fusion), transformer en structures plus ouvertes et de mettre à leur disposition des services financiers et non financiers à valeur ajoutée à un niveau national, voire sous régional. C’est le rôle de PAMIGA.

Concomitamment, le département a aussi démarré le processus de formulation de son plan d’orientation stratégique 2009-2013, en procédant à l’analyse de son environnement, en établissant son diagnostic « FFOM » afin d’en déduire un positionnement souhaitable et de définir sa stratégie.

Sur le terrain, ce qui ressort de l’année 2008 est surtout les efforts déployés par le département pour identifier et formuler de nouveaux projets et programmes pour prendre la relève de programmes qui se terminent.

Le décalage croissant entre les besoins du terrain, où il y a encore de nombreuses zones mal desservies et où des segments de populations restent sans accès aux services de microfinance et les politiques des bailleurs de fonds « classiques » de se positionner comme investisseurs d’IMF les plus performantes financièrement montre qu’il faudra rapidement redéfinir une stratégie de financement des actions du département pour pouvoir rester significatif dans le secteur. Les deux pistes, d’une part de renouer avec les bailleurs institutionnels et d’autre part de tisser des liens avec des fondations privées, doivent être poursuivies, surtout en vue du financement du prochain plan d’orientation stratégique.

Globalement, sur les terrains sur lesquels le département s’est engagé, les activités se sont déroulées de manière satisfaisante et des résultats ont été obtenus, malgré des conditions contractuelles parfois bien « chaotiques » (Mali FODESA, Tchad Nord Guéra, Afrique de l’Est, etc.). Ceci a pu se réaliser grâce à des équipes engagées et solides ainsi que le partenariat avec des IMF et des opérateurs du Sud (souvent des membres de l’AIDR) également engagés, compétents et bien insérés dans leur environnement professionnel au niveau national.

2. Evolution du contexte dans les pays d’intervention

2.1. Afrique de l’Ouest

Fin 2008, pays par pays, la nouvelle loi portant sur la microfinance en zone UEMOA a été adoptée puis promulguée. Cette loi offre davantage de possibilités de formes juridiques (association, coopérative ou société anonyme) mais est par contre, moins favorable fiscalement aux associations et sociétés anonymes qu’aux mutuelles d’épargne et de crédit, seules exonérées.

Néanmoins, ce qui paraît le plus déterminant, c’est la mise en place d’un nouveau référentiel comptable, très proche du plan comptable bancaire (PCB) et qui va constituer une véritable barrière technique à l’entrée pour les petites et moyennes IMF. D’ailleurs, l’intention clairement affichée par les autorités est de consolider et concentrer le secteur afin qu’il soit constitué d’un nombre limité d’IMF et de banques de microfinance rentables, professionnelles, compétitives et capables d’innover, dont le nombre, restreint, permettra une supervision plus efficiente.

2.2. Afrique Centrale

Après plusieurs années d’application de la réglementation COBAC, les autorités constatent un secteur très polarisé entre deux types d’établissements de microfinance : ceux de type communautaire implantés en zones rurales et desservant des populations cibles de la microfinance et ceux, créés par des anciens cadres de banques, qui souvent utilisent ce système pour lever des fonds pour financer des affaires ou poursuivent leur métier de banquiers sans les contraintes de la loi bancaire.

C’est surtout le cas au Cameroun, pays où les EMF agréés représentent pratiquement 80% des volumes d’activités de la sous-région. C’est aussi dans ce type d’établissement que sont concentrées les défaillances les plus importantes, amenant les autorités à se consacrer davantage à l’assainissement qu’à l’agrément de nouveaux EMF alors que la sous-région reste globalement encore mal desservie (notamment, dans des pays comme le Tchad, la République Centrafricaine).

2.3. Afrique de l’Est

En Ethiopie, les tensions latentes sont fortes aboutissant à l’émission de réglementations plus strictes sur les activités des ONG, surtout celles financées par des fonds étrangers, leur interdisant un travail d’animation en santé ou en agriculture dans les villages.

La situation au Kenya a été marquée par les émeutes issues des élections présidentielles au début de l’année qui ont entraîné un ralentissement économique global au niveau du pays pendant toute l’année. Ce n’est qu’en fin d’année que timidement, les investisseurs reviennent au Kenya.

Ces deux situations apparemment non reliées ont néanmoins eu des conséquences sur le ralentissement des activités en général et celles de la microfinance en particulier. Cependant, le travail du CIDR n’a pas été directement affecté, d’une part, du fait qu’il est principalement fait en appui à des institutions locales existantes, bien insérées dans leur environnement professionnel et d’autre part, du fait qu’il s’agit d’une deuxième phase visant la réplication de méthodologies qui ont donné des résultats, ce qui lui a créé une certaine légitimité dans les pays.

2.4. Madagascar

Madagascar a connu de fortes tensions liées aux hausses de prix et au fossé grandissant entre les pauvres et les riches, qui ont jalonné l’année. Elles ont entraîné, en fin d’année, des événements qui ont abouti, après trois mois de paralysie du pays, à la démission du président et du gouvernement. L’économie du pays en a été significativement affectée.

Le secteur de la microfinance a aussi naturellement connu beaucoup de difficultés en 2008 : faible croissance, hausse significative des impayés, réseaux mutualistes désorientés et repli sur soi, banques et EMF confrontés à l’étroitesse du marché, etc. La nouvelle loi sur la microfinance a été promulguée. Vola Mahasoa, l’EMF promu par le département dans la région de Tuléar a pu obtenir, dans ce cadre, son agrément en tant qu’EMF de catégorie 2, autorisé à mobiliser l’épargne pour financer son portefeuille de crédit. Vola Mahasoa est la première institution ayant reçu son agrément à Madagascar dans le cadre de cette nouvelle loi.



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