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Orientations stratégiques 2010-2014 du CIDR

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Microfinance, entreprises et création d’emplois 

Positionnement du département

Dans de nombreux pays il existe des centaines de petites et moyennes structures de microfinance qui souhaitent se développer et atteindre une taille critique et être plus compétitives. Les autorités de tutelle concernées et les associations professionnelles souhaitent également une consolidation de ce secteur et l’ont souvent inscrite dans leurs stratégies et plans d’actions.

Ces institutions de microfinance ont besoin d’augmenter de taille (mise en œuvre de stratégies de rapprochement et/ou de fusion), de devenir plus efficientes, plus professionnelles et plus rentables. Elles souhaitent être accompagnées dans une diversification systématique des produits (épargne, crédit, transfert, assurance), des implantations (rural, urbain, villes secondaires, bourgs de marché), des clientèles (ménages pauvres, petits agriculteurs, entrepreneurs urbains et ruraux, petits commerçants, femmes du secteur informel, petits employés). Une telle stratégie permet de diviser les risques, compenser les marges et optimiser les infrastructures et les ressources humaines.

Leur croissance peut également passer par la création de « guichets » proposant un accompagnement technique et financier à l’émergence et au développement de TPE et PME (insérées en particulier dans des filières agroalimentaires à forte valeur ajoutée). Ces IMF peuvent aussi promouvoir ou s’associer avec des institutions financières spécialisées dans le secteur de la promotion du développement économique local.

L’ambition du département « Microfinance, entreprises et création d’emplois (1) » est double :

- Accompagner les IMF partenaires dans leur consolidation, dans la diversification de leurs produits et de leurs clientèles et dans l’utilisation de la technologie pour réduire les coûts de transactions, augmentant ainsi leur portée, efficience et pérennité ;
- Promouvoir une nouvelle finance plus ouverte et plus inclusive, au service du développement d’entreprises, de la création d’emplois en milieu rural et dans des villes secondaires.

Le département développera des compétences nouvelles pour apporter une offre pertinente sur ces créneaux stratégiques. Ces compétences concerneront les regroupements de petites entités, les rapprochements entre IMF intervenant sur des territoires proches ou entre IMF à clientèles complémentaires, les fusions d’entités juridiques, les alliances commerciales entre IMF ou entre IMF et banques. Il appuiera les IMF dans la mise en œuvre de produits financiers innovants, à forte valeur ajoutée sociale et environnementale. Il développera des partenariats avec des nouveaux acteurs, notamment issus du secteur privé du Nord et du Sud.

A l’horizon 2014, le département comptera trois programmes régionaux, répartis dans chaque grande zone d’intervention (Afrique de l’Ouest, Afrique de l’Est / Madagascar et Afrique Centrale). En Afrique de l’Ouest, les pays concernés seront prioritairement la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo ; en Afrique Centrale, le Cameroun et le Tchad ; en Afrique de l’Est, l’Ethiopie, le Kenya, le Mozambique (ou Zambie ou Rwanda), la Tanzanie et Madagascar.

Chaque programme régional disposera de deux à trois conseillers techniques à compétences complémentaires, probablement l’un dans le renforcement institutionnel avec un profil « bancaire » et l’autre en financement rural et financement de filières et PME agroalimentaires. Ces conseillers travailleront avec des cadres régionaux de haut niveau et couvriront plusieurs pays de la sous-région, en appui à des projets locaux.

Axes stratégiques du département

a. Accompagner la consolidation et la transformation des IMF existantes en particulier celles qui interviennent en zones rurales

Le département s’appuiera sur sa connaissance du secteur de la microfinance rurale, sur son expérience en matière de renforcement des capacités institutionnelles d’IMF existantes acquise en Afrique de l’Est et sur sa connaissance des cadres réglementaires et politiques sectorielles pour développer une méthodologie d’accompagnement efficace pour des programmes de consolidation du secteur.

Il cherchera à compléter ses compétences en conduite d’opérations de rapprochement et fusion d’IMF, alliances commerciales entre différents types d’institutions financières à vocations complémentaires, construction d’institutions financières de taille régionale et nationale, tant sur les plans d’ingénierie financière que juridique et organisationnel. Une collaboration étroite avec PAMIGA (Groupe Microfinance Participative pour l’Afrique) apportera la synergie et la complémentarité nécessaires au succès de ces opérations.

b. Renforcer les capacités des IMF partenaires à diversifier leurs produits et leurs clientèles et à adopter les nouvelles technologies

Un des leviers pour assurer une meilleure efficience et rentabilité des IMF existantes et leur permettre de mieux gérer leurs risques est la diversification des produits et des clientèles. Un autre levier majeur est l’utilisation des technologies pour étendre les services à moindre coût. Il s’agit des différentes déclinaisons de la « banque à distance » utilisant la téléphonie mobile ou des cartes à puces pour assurer des transactions décentralisées.

Le département renforcera les capacités des IMF appuyées pour leur permettre de développer ces produits, d’adopter ces nouvelles technologies et de pouvoir délivrer de façon sûre et efficiente des services financiers à ses clients. Il développera de nouvelles compétences, passera des alliances techniques et commerciales avec des opérateurs de différents types : banques du Nord et du Sud, prestataires de téléphonie et cartes de paiement, grands opérateurs en microfinance du Sud ayant une expérience avérée dans ces domaines. Il approfondira également son partenariat avec des opérateurs et bureaux d’études spécialisés du Sud, en particulier, les organisations membres de l’AIDR (Alliance Internationale de Développement et de Recherche).

c. Appuyer les IMF partenaires dans l’installation de guichets de financement pour le développement d’entreprises créatrices d’emplois

Le département appuiera toutes les IMF partenaires dans la création d’un guichet « financement de TPE et PME » avec du personnel dédié, dans le développement de produits d’épargne et de crédit adaptés à ce type de clientèle et dans la collaboration avec des prestataires de services non financiers (BDS) pour qu’ils puissent accompagner la croissance harmonieuse des entreprises financées.

Les IMF appuyées bénéficieront de divers appuis au niveau des manuels de procédures d’analyse de demandes des TPE et PME, des méthodes d’évaluation et de suivi, de définition des produits adaptés au marché visé (montant, échéances, garantie, etc.). En matière de conseil en BDS, les IMF identifieront à l’échelle nationale, les bureaux les mieux positionnés sur chaque type d’entreprise et passeront des accords avec eux pour le renforcement des entreprises financées.

Dans deux nouveaux pays d’implantation, probablement en Côte d’ivoire et au Ghana, le département promouvra la création de nouvelles IMF dont le portefeuille comportera une importante « composante TPE et PME » dans tous les secteurs économiques porteurs, mais plus particulièrement en aval des chaînes de valeur agroalimentaires. La Côte d’Ivoire sort d’une période d’instabilité et renoue avec la croissance et les initiatives économiques y sont nombreuses. Le Ghana est un pays réputé pour son dynamisme entrepreneurial, y compris dans les villes secondaires. Dans ces deux pays, le département développera des partenariats et synergies économiques avec des acteurs locaux bien positionnés, aussi bien des IMF existantes œuvrant en amont que des prestataires BDS soutenant ces TPE et PME ou des projets d’appui au secteur privé, rural et urbain. Ces deux expériences auront pour but de constituer une « référence » en matière de financement de TPE et PME urbaines. Une capitalisation des méthodologies et produits mis en œuvre permettra une plus large réplication ultérieure.

Le département veillera à mettre en place des mesures incitatives pour que les entreprises financées créent des emplois pour des jeunes et des femmes. Cette stratégie passera par le choix de privilégier certains secteurs intensifs en main d’œuvre, de s’insérer dans des programmes de développement économique urbain et de faire bénéficier les TPE et les PME financées de mesures d’accompagnement intégrées. Dans les grandes villes où une grande disparité sociale existe, le département cherchera aussi à appuyer le financement d’entreprises d’insertion dans le but de contribuer à la lutte contre la très grande pauvreté en offrant des lieux d’apprentissage et d’emplois. Pour ce faire, le financement de bailleurs institutionnels et de fondations d’entreprises pour qui la création d’emplois et l’insertion de jeunes est un enjeu stratégique fort sera privilégié.

d. Promouvoir des innovations financières par le développement de produits et services à forte valeur ajoutée sociale et environnementale contribuant à l’atteinte des ODM

En Afrique subsaharienne, l’accès aux services financiers reste limité et touche, tous prestataires confondus, moins de 20 à 30% de la population. Le département contribuera à la promotion d’une finance plus inclusive, qui offre à davantage de personnes l’accès à des services financiers tout en leur proposant une gamme plus large et variée de produits pour s’adapter à leurs besoins et contraintes. Le département testera et développera en particulier des produits à forte valeur sociale et environnementale dans des domaines tels que le financement de l’eau rurale, l’énergie solaire, à l’échelle des communautés et des collectivités locales, des plans d’épargne pour l’éducation de jeunes, etc.

Il mettra également en œuvre des recherches-actions en « financement des moyens d’existence » (Livelihood finance) pour introduire cette approche qui a fait ses preuves en Asie, dans des pays ou zones d’Afrique où les populations vivent dans des environnements fragiles. Toutes les IMF appuyées par le département bénéficieront de conseils pour les aider à développer des financements adaptés pour accompagner les ménages dans la diversification de leurs ressources et le développement de stratégies économiques alternatives.

Pour ce faire, le département développera des alliances stratégiques avec des grandes entreprises industrielles œuvrant dans ces domaines (sociétés d’eau ou d’énergie) et qui, au titre de leur responsabilité sociale et environnementale souhaitent mettre leur compétence au service du développement, des fondations d’entreprises qui ont un souci de contribuer aux OMD, et un partenariat avec un grand opérateur asiatique, spécialisé en « Livelihood finance ».

e. Mettre en place une nouvelle organisation en cohérence avec le nouveau modèle économique du département

Trois programmes régionaux seront mis en place ou renforcés au cours de ce plan stratégique. Celui de l’Afrique de l’Est sera renforcé pour inclure de nouveaux pays : Madagascar, Zambie, Mozambique. Il recrutera pour ce programme au moins un conseiller technique régional supplémentaire et un ou plusieurs experts nationaux à compétences complémentaires. Un programme Afrique de l’Ouest sera créé avec l’implantation prévue dans de nouveaux pays tels que la Côte d’Ivoire et le Ghana. Le programme d’Afrique Centrale couvrira deux pays, le Cameroun et le Tchad.

Afin de créer des réelles opportunités d’apprentissage et d’innovations techniques et méthodologiques, le département constituera un véritable pôle d’expertise, composé de son équipe permanente (responsables de programme au siège et coordonnateurs régionaux Afrique de l’Ouest, Centrale et de l’Est) et de consultants du Nord et du Sud (incluant les experts de l’AIDR) avec qui un travail sera fait sur la durée.

Pour la mise en œuvre de cette approche, le département développera un modèle économique mixte, comportant :

- Un socle de projets et programmes diversifiés pour lesquels le département est opérateur ou apporte l’assistance technique ;
- Un volant d’études et de missions de conseil apporté en partie par des donneurs d’ordre avec qui le département a une relation de collaboration régulière et en partie par des opportunités saisies conjointement par le département et ses partenaires du Nord et du Sud.

Le département participera à la mise en œuvre de la stratégie financière du CIDR, notamment en renouvelant le partenariat avec des bailleurs institutionnels et en élargissant les catégories de partenaires à des fondations de grandes entreprises et banques du secteur privé. Il cherchera à renouer durablement avec certains d’entre eux en s’appuyant sur sa nouvelle offre d’intervention.

(1) Ancien département « Systèmes financiers décentralisés »

Documents joints

Publié le jeudi 25 février 2010, par CIDR

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