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Orientations stratégiques 2010-2014 du CIDR

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Entreprises agricoles, filières et marché 

Positionnement du département

Les variations récurrentes et erratiques des cours des matières premières agricoles et des produits alimentaires représentent des facteurs importants d’instabilité économique et sociale, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Face à ces risques, les décideurs politiques sont très souvent partagés entre un soutien au développement d’une agriculture fortement spéculative ou celui d’une agriculture très subventionnée, au détriment d’une logique économique d’entreprise et de modernisation des agricultures familiales.

Le rôle économique d’un secteur agricole africain basé pour l’essentiel sur l’activité d’exploitations familiales doit être conservé durablement. Pour ce faire il est nécessaire de développer des approches stratégiques et des mécanismes économiques de promotion d’une agriculture familiale « marchande » articulée avec les filières agroalimentaires et les marchés urbains. Cet enjeu économique se double d’un enjeu social particulier à l’Afrique subsaharienne, où la population rurale continuera à augmenter en valeur absolue pendant une ou deux décennies et où le développement économique d’ensemble ne permettra pas d’absorber un exode rural accéléré.

Le département « Entreprises agricoles, filières et marché (1) » a pour ambition à l’horizon 2014, en s’appuyant sur les résultats atteints lors de son précédent plan d’orientation stratégique et la maturité de son réseau de partenaires actuels (« plates-formes nationales »), de démultiplier de manière significative la portée de ses actions et de mettre en œuvre de nouveaux modes de coopération entre les divers acteurs des filières et leur environnement.

Le département fournira aux plates-formes nationales l’accès aux moyens techniques et financiers, aux compétences et ressources humaines, leur permettant de démultiplier rapidement le nombre d’entreprises de production, transformation et de commercialisation de produits agricoles dans leur pays d’intervention. Il renforcera la capacité des plates formes à assurer une qualité constante et reconnue de leurs interventions dans des environnements et contextes changeants. Il favorisera en outre une meilleure prise en compte des dynamiques institutionnelles et la participation des plates-formes nationales à la réflexion sur l’évolution des politiques publiques sectorielles.

Le département appuiera d’autre part la promotion de filières agricoles sur de nouveaux programmes, dans de nouveaux pays et en collaboration avec diverses catégories d’acteurs : acteurs privés (entreprises agroalimentaires, banques et institutions de microfinance), acteurs publics (structures d’appui régional ou national, chambres d’agriculture, etc.), organisations de la société civile (syndicats professionnels, ONG), collectivités territoriales.

A l’horizon 2014, le département interviendra dans quatre nouveaux pays (Côte d’Ivoire (2010), Ghana (2011) et deux autres pays (entre 2012 et 2014). Un programme régional accompagnera les diverses interventions au Bénin, au Burkina, au Mali et au Togo. Le département aura développé une démarche active de communication sur les résultats et les impacts de ses actions. Il aura structuré des partenariats dans les nouveaux pays d’intervention.

Axes stratégiques du département

a. Accompagner la croissance et démultiplier la portée des plates-formes nationales d’appui aux entreprises agricoles en Afrique de l’Ouest

La croissance programmée des activités des plates-formes d’appui aux entreprises agricoles et agroalimentaires au Bénin, au Burkina, au Mali et au Togo peut avoir des conséquences en termes de maintien de l’éthique et de la qualité des interventions. Elle nécessite notamment une gestion plus efficiente des ressources financières et des ressources humaines et doit s’accompagner d’un renforcement de leurs capacités de communication.

Les plates-formes devront élaborer et appliquer une démarche de qualité reconnue et évaluable répondant aux attentes et besoins des partenaires techniques et financiers. Le département procédera par étapes : standardisation des démarches de promotion des entreprises, enrichissement des pratiques, évaluation et amélioration de la performance des équipes. Il impliquera chacune des plates-formes nationales dans un travail de conceptualisation d’outils accessibles à tous. Il s’attachera à développer des actions de partage de savoirs entre les entreprises d’un même pays et entre entreprises de différents pays.

Les plates-formes de ces quatre pays devront, dès 2010, être à même de créer et d’accompagner dans leur développement de nouvelles entreprises sur une base commerciale en s’appuyant sur les ressources de leur environnement proche. Le département s’attachera à finaliser la mise en place de mécanismes financiers de promotion et de soutien au développement des entreprises (fonds de capital-développement, prêts bancaires, articulation avec les institutions de microfinance).

Afin d’assurer la notoriété des entreprises appuyées, de leur garantir temporairement des avantages fiscaux, de s’assurer du maintien des principes de gouvernance et du respect de l’environnement, les plates-formes définiront, avec l’appui du département, une charte de « responsabilité sociale et environnementale » des entreprises promues et appuyées : recherche de viabilité économique dans le respect et l’équilibre des intérêts de chacune des parties prenantes, importance d’une bonne gouvernance, respect des normes environnementales, intégration des actions dans un schéma de développement durable.

Enfin, au niveau stratégique, des partenariats seront développés avec des organismes et institutions de recherche, avec pour objectifs un accompagnement et une meilleure anticipation de ce que seront les évolutions à terme du secteur agricole, qu’elles soient liées aux mutations désormais inévitables de l’environnement (agronomiques, climatiques), aux innovations technologiques (dans le domaine de la transformation) ou qu’elles soient politiques (importance croissante du rôle des collectivités territoriales).

b. Appuyer la définition et la promotion de stratégies territoriales de développement agricole et rural

Afin de répondre aux exigences de revitalisation de certaines régions rurales, en s’appuyant sur ses acquis en matière de développement d’initiatives économiques et d’entreprises agroalimentaires, le département cherchera à développer notamment à Madagascar et au Ghana une approche visant à permettre à ces zones rurales d’acquérir une véritable « compétitivité territoriale » au niveau agricole et rural.

Un territoire est compétitif s’il peut affronter la concurrence du marché tout en assurant une durabilité environnementale, économique et sociale fondée sur des logiques de réseau et d’articulation inter-territoriale. La recherche de cette compétitivité territoriale suppose la prise en compte des ressources du territoire, l’implication des acteurs et des institutions locales, en premier lieu les collectivités locales, l’intégration des interventions dans une logique d’innovation, la coopération avec les autres territoires et l’articulation avec les politiques régionales et nationales.

Le département appuiera les acteurs de ces territoires dans l’élaboration de « projets économiques de territoires » visant à mieux valoriser les ressources économiques locales et à créer des liens économiques entre acteurs des filières agricoles, au bénéfice d’une sécurité alimentaire durable et de la création d’emplois en milieu rural. Il inscrira ces processus dans le long terme, et au cœur de la stratégie de développement de chacun des territoires communaux et régionaux appuyés (liens avec les plans de développement territoriaux). Il recherchera des synergies et collaborations entre ses actions et celles entreprises par d’autres intervenants, en particulier les autres départements du CIDR.

c. Renforcer l’implication des organisations professionnelles à vocation nationale dans le développement des filières agricoles

Au Bénin et dans d’autres pays dont la Côte d’Ivoire, le département développera des programmes en partenariat avec des structures associatives professionnelles ou interprofessionnelles ayant pour vocation de rendre des services à leurs membres.

Ces actions d’accompagnement permettront de renforcer :

- Les capacités internes de ces structures : efficience organisationnelle, renforcement des capacités de leurs personnels techniques en maîtrise d’ouvrage, mise en relation avec des partenaires et prestataires extérieurs etc. ;
- Leurs capacités à répondre à leurs missions : services efficients aux adhérents, définition de projets économiques innovants et mobilisateurs etc. ;

Le département interviendra sur chacun des niveaux de ces organisations correspondant le plus souvent aux différents maillons de la « chaîne de valeurs » :

- Au niveau de la production, l’ensemble des actions sera mené à travers les organisations de base (groupements, communes) ;
- Au niveau de la transformation et de la mise en marché, les activités seront mises en œuvre et coordonnées au niveau d’organisations régionales ou nationales ;
- Au niveau de la commercialisation, c’est au niveau national des organisations appuyées que seront promus les produits développés ;
- Enfin, transversal à l’ensemble des niveaux, le renforcement des capacités économiques de ces acteurs permettra d’accentuer les effets escomptés.

En cherchant à améliorer la compétitivité et la productivité des filières par le biais de leurs organisations socioprofessionnelles, les programmes contribueront au développement d’une agriculture familiale plus performante, entreprenante et rémunératrice. Ces actions favoriseront également l’émergence de prestataires (labours, traitements post-récolte, gestion, etc.) dont le développement économique sera facilité par la solvabilité des producteurs.

d. Développer un modèle organisationnel du département qui tienne compte de la diversification de ses approches

Le département mettra en place, à partir de 2011, un conseiller technique régional basé en Afrique de l’Ouest. Il accompagnera les activités mises en œuvre par les quatre plates-formes nationales du Bénin, Burkina Faso, Mali et Togo (puis dans un second temps Côte d’Ivoire et Ghana) au niveau du renforcement de leurs compétences, de la mise en place d’une démarche qualité, du management des connaissances et du partage du savoir, etc. Il sera impliqué dans la création et la promotion des fonds nationaux de « capital-développement ». Il sera également associé par le directeur du département aux missions d’appui techniques sur les autres pays d’interventions et les nouveaux programmes.

Le département élaborera courant 2011 un cycle de formation sur trois ans (2012-2014) destiné à un public externe de praticiens travaillant sur la mise en œuvre d’approches entrepreneuriales dans les zones rurales africaines.

Afin d’accompagner sa croissance le département mettra en œuvre une démarche plus volontariste de mobilisation de fonds et intéressera à sa démarche des fondations d’entreprises, des organisations professionnelles agricoles, des banques, des fonds financiers du Nord et du Sud. Un important travail sera mené pour identifier et fidéliser parmi ces organismes ceux avec lesquels sera développée une collaboration sur le long terme. Le département devra se professionnaliser au niveau de ses techniques de négociation tant avec des investisseurs et entreprises privées que des institutions bancaires et financières.

(1) Ancien département « Entreprises de services et organisations de producteurs »

Documents joints

Publié le jeudi 25 février 2010, par CIDR

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