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TCHAD - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères et Européennes

Politique extérieure 

- Le contexte géopolitique tchadien reste difficile : instabilité liée au conflit au Darfour et fragilité de la République centrafricaine.

- Sur le plan régional, la crise du Darfour complique les relations entre le Tchad et le Soudan, en raison notamment de tous les soutiens croisés aux mouvements de rébellion. Or la normalisation des relations entre les deux voisins est essentielle pour parvenir à un règlement politique de la crise et à une paix durable au Tchad. Les différentes tentatives de médiations régionales (accords de Tripoli et Khartoum en 2006, Riyad en 2007 et Dakar en 2008) n’ont pas permis de régler cette question mais constituent un cadre pour poursuivre un processus de dialogue. Ainsi, en raison notamment de l’insistance de la Libye, le Tchad et le Soudan ont rétabli leurs relations diplomatiques en décembre 2008. Un projet de déploiement d’observateurs et d’une « force de défense et de sécurité » régionale à la frontière tchado-soudanaise n’a pas pu être finalisé, malgré le volontarisme libyen sur ce dossier, à la suite de nouvelles tensions entre les deux pays début 2009.

- Une autre tentative de médiation et de résolution sur la crise du Darfour, dirigée par le Qatar (« processus de Doha ») en liaison avec le médiateur burkinabé mandaté conjointement par l’ONU et l’Union africaine, M. Djibril Bassolé, comprend un volet Tchad-Soudan. C’est dans ce cadre qu’a été signé l’« accord de Doha » (3 mai 2009), grâce à la médiation libyo-qatarienne. Il reprenait à son tour les principales dispositions des accords précédents, que les deux pays se sont engagés à appliquer au plus vite : interdiction de toute ingérence et de tout recours à la force, dynamisation des relations diplomatiques et surtout mise en œuvre en urgence, par le « groupe de contact de l’accord de Dakar », de la « force de défense et de sécurité » sur la frontière tchado-soudanaise. Le Qatar, qui a intégré le groupe de contact, était susceptible d’être sollicité pour le soutien financier et logistique de cette force. Enfin, l’accord réaffirmait l’objectif d’un sommet Béchir-Déby à Tripoli, sans qu’aucune date ne soit fixée. L’offensive des rebelles tchadiens, déclenchée le 4 mai 2009, a durablement gelé l’application de ce nouvel accord.

- Cependant, les relations Tchad-Soudan sont actuellement en voie d’amélioration. Cette fois, le processus de normalisation a été d’initiative purement bilatérale, sans entremise d’un tiers, mais avec les encouragements et l’aide du Qatar, de la Médiation (processus de Doha) et probablement de la Libye.

- Après plusieurs visites croisées de délégations de haut niveau dans les deux capitales à partir d’octobre 2009, les deux pays ont donc signé le 15 janvier 2010 à Ndjamena l’« accord sur la normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan ». La visite du Président tchadien à Khartoum (8 février 2010) a ensuite concrétisé spectaculairement cette réconciliation.

- Aux termes de cet accord, une force conjointe mixte soudano-tchadienne doit être mise en place, dont le quartier général sera à Al Geneina, et le commandant sera soudanais pour les six premiers mois. Elle aura pour tâche la surveillance de la frontière. Chacun des deux pays s’est en outre engagé à « mettre fin, de façon concomitante, à toute présence, tout soutien et toute action hostile des groupes rebelles présent sur son territoire ».

- Une autre conséquence de la crise du Darfour a été l’aggravation de la situation humanitaire au Tchad, qui a dû accueillir 350 000 réfugiés (soudanais et centrafricains) et doit gérer près de 200 000 déplacés dans l’Est. Cette situation entraîne des affrontements intercommunautaires, et le risque de tensions avec les populations hôtes reste présent.

Relations bilatérales

Relations politiques

- Le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. KOUCHNER, s’est rendu au Tchad, le 10 juin 2007, avant de se rendre à Khartoum, afin de proposer une solution politique et sécuritaire aux conséquences régionales de la crise du Darfour.

- Le président IDRISS DEBY ITNO s’est rendu à Paris mi-juillet 2007 où il s’est entretenu avec le Président de la République. Il a participé au Sommet de Lisbonne (UE-Afrique) le 9 décembre et s’est entretenu à cette occasion avec le président Sarkozy. Il a effectué une visite privée à Paris du 9 au 12 décembre.

- En 2008, à la suite des événements de février, le Président SARKOZY et le Ministre B. KOUCHNER se sont rendus au Tchad le 27 février (le Ministre a poursuivi sa visite dans l’Est les 28 et 29 février).

- Les 21 et 22 novembre 2008, le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. KOUCHNER, s’est de nouveau rendu au Tchad, afin d’évaluer la situation dans l’Est tchadien (et notamment les retours de déplacés) et de rencontrer les autorités de ce pays. Il a également participé aux cérémonies de transfert d’autorité entre Eufor et la MINURCAT, les 14 et 15 mars 2009, à Ndjamena et Abéché.

- Au moment de la dernière offensive des rebelles tchadiens, le Ministre B. KOUCHNER a reçu son homologue tchadien, M. MOUSSA FAKI (6 mai 2009), et lui a réitéré la ferme condamnation par la France de cette agression.

- A l’occasion d’une visite privée, le Président Idriss Déby a rencontré son homologue Français à Paris, le 16 octobre 2009.

Relations économiques

La France reste, juste après le Cameroun (concerné essentiellement par le transfert des produits pétroliers), le principal partenaire économique du Tchad. Depuis dix ans, le montant annuel moyen des échanges oscille entre 40 et 80 millions d’euros. Le solde commercial franco-tchadien a fortement progressé grâce à la hausse des exportations françaises, constituées principalement de médicaments, de farines et céréales, de matériel électrique, automobile et de BTP. Les importations françaises en provenance du Tchad restent concentrées à 83% sur la gomme arabique. La France occupe le second rang des IDE (investissements directs à l’étranger) au Tchad, derrière les Etats-Unis impliqués dans l’exploitation pétrolière. Malgré un environnement des affaires relativement difficile, on dénombre un vingtaine de filiales d’entreprises françaises, qui disposent de perspectives de développement réelles.

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération franco-tchadienne a été remise en perspective par l’évaluation de 10 années de coopération, entre 1992 et 2003, les travaux bilatéraux de fin octobre 2006, relatifs à la revue de la commission mixte d’octobre 2002 et, enfin, l’élaboration du « Document Cadre de Partenariat 2006 - 2010 ». Aujourd’hui, la coopération bilatérale est recentrée dans le cadre de ce « DCP 2006 - 2010 », doté d’une enveloppe estimative comprise entre 118 et 133 M€ sur la période considérée. Les priorités fixées par le DCP sont :
- au titre des objectifs du millénaire pour le développement (OMD mis en œuvre par l’AFD) : l’éducation de base ; l’eau et l’assainissement ; la santé et la lutte contre le Sida.
- au titre des secteurs transversaux : la gouvernance et la consolidation de l’Etat de droit ; la francophonie et la culture ; l’enseignement supérieur et la recherche.

La France apporte donc une coopération civile importante au Tchad, par la mise en œuvre du DCP (11,4 M€ ont été décaissés en 2007, 22,2 M€ en 2008), ainsi que par une aide humanitaire et alimentaire de 4,5 M€ en 2008. En sa qualité d’interlocuteur politique privilégié du Tchad, la France exerce son influence sur les dossiers stratégiques et maintient son rang de partenaire essentiel en matière de coopération institutionnelle. De même, elle demeure un bailleur de fonds bilatéral significatif des secteurs OMD, notamment au travers des actions menées par l’AFD : entre 2002 et 2007, les engagements de l’AFD sous forme de subventions à la République du Tchad se sont élevés à près de 80 millions €, dont 10% au titre de l’ajustement structurel et 90% au titre de l’aide-projet. Les moyens français sont désormais mis en œuvre en coordination avec les autres bailleurs de fonds, notamment la Commission européenne, avec laquelle le « réflexe européen » est acquis, dans l’esprit de la Déclaration de Paris.

P.-S.

- Carte du Tchad

Publié le mardi 20 avril 2010, par CIDR

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