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TCHAD - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères et Européennes

Situation intérieure 

Situation politique

- Après avoir renversé le président Habré en décembre 1990, le général Idriss Déby Itno a été élu président de la République en 1996, puis réélu en 2001. Le président dispose d’une large majorité à l’Assemblée, puisque le MPS (parti présidentiel) a remporté 113 sièges sur 155 aux dernières élections législatives d’avril 2002. Une révision constitutionnelle a été adoptée par cette Assemblée en mai 2004, ouvrant la possibilité à un troisième mandat présidentiel. Cette révision a été adoptée par référendum, le 6 juin 2005, avec 67,5 % des suffrages.

- Le président Déby Itno a affronté, le 3 mai 2006, quatre candidats mais pas de rival sérieux, l’opposition politique ayant boycotté le scrutin et appelé à la tenue d’une Conférence nationale. Ce scrutin s’est déroulé sans qu’aucun incident ne soit signalé, alors que des mouvements rebelles avaient menacé d’empêcher la tenue de l’élection. Le 28 mai, le Conseil constitutionnel a annoncé les résultats définitifs aux termes desquels le président Déby Itno a recueilli 64,67% des suffrages, avec un taux de participation de 53,8%.

- La France, l’UE et l’OIF apportent depuis plus de deux ans un soutien continu au dialogue politique inter-tchadien, en appuyant l’application de l’accord du 13 août 2007. Ce dernier, signé par 91 partis politiques, mis en œuvre par un « comité de suivi », a fixé un cadre pour le dialogue politique interne (qui permet, via l’accord de Syrte, le ralliement des rébellions) ayant pour objectif l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes.

- L’ensemble du corpus législatif prescrit par cet accord a été adopté (notamment lois sur le code électoral et sur le statut de l’opposition) au 1er semestre 2009. La CENI (Commission électorale nationale indépendante) a alors pu être désignée et mise en place en juillet 2009, après discussions entre majorité et opposition. Le président de la CENI, Ngarmadjal Gami, a annoncé le 7 janvier 2010 à N’Djamena l’adoption du calendrier électoral : les élections législatives auront lieu le 28 novembre 2010, les élections locales le 12 décembre 2010, et le premier tour de l’élection présidentielle se tiendra le 23 avril 2011 (suivi du 2e tour le 12 juin 2011).

- Depuis plus de trois ans, le Tchad doit faire face, sur le plan interne, aux conséquences de la crise soudanaise du Darfour qui reste un facteur de déstabilisation majeur. Le président Déby Itno avait initialement refusé, pour ne pas froisser Khartoum, de soutenir la rébellion darfourienne et avait entamé, à la fin de l’année 2003, une médiation entre les parties, s’attirant ainsi l’hostilité d’une partie de son clan, lié à certains rebelles darfouriens. Le climat politique à Ndjamena s’était alors tendu.

- Depuis le 18 décembre 2005, l’armée tchadienne a réussi à repousser plusieurs attaques des mouvements rebelles, dont celle du 13 avril 2006 sur N’Djaména, celle du 25 novembre 2006 sur Abeché et celle de février 2008 sur N’Djaména. Le Tchad a accusé Khartoum de soutenir la rébellion et de chercher à renverser le président Déby Itno. C’est effectivement avec le soutien du Soudan que les mouvements rebelles tchadiens se sont regroupés en janvier 2009 au sein de l’UFR, Union des forces de la résistance. En mai 2009, ils ont lancé une nouvelle offensive, au lendemain de la signature à Doha d’un nouvel accord entre le Tchad et le Soudan. Cette attaque s’est soldée par une nette victoire des forces gouvernementales. Depuis, la rébellion semble divisée, et certains de ses membres se sont ralliés (Ahmat Soubiane - Mouvement national, le 25 juillet 2009 à Tripoli). L’amélioration récente des relations tchado-soudanaises pourrait avoir pour effet de limiter les tensions récurrentes relevées à la frontière soudano-tchadienne et l’effet de déstabilisation régionale créé par la crise du Darfour.

- Par ailleurs, l’est du Tchad concentre d’autres facteurs d’instabilité, notamment les violences interethniques entre groupes arabes et non arabes, ainsi que les conséquences de la présence de nombreux réfugiés du Darfour, de RCA et de déplacés tchadiens.

- Sur le plan de la gouvernance, même si l’image du pays reste négative à l’étranger, l’exercice des libertés fondamentales est réel sur une bonne partie du territoire tchadien. La presse et les associations (de Droits de l’Homme ou autres) agissent relativement librement. Les « états généraux de la presse », qui ont eu lieu en mai dernier, devraient déboucher sur le vote d’une loi fixant un nouveau régime de la presse et abrogeant l’ordonnance 05 (adoptée lors de l’attaque rebelle de février 2008). En revanche, l’Etat est sous-administré : les administrations centrales et déconcentrées sont faibles, faute de cadres bien formés et de moyens pour travailler efficacement. L’armée pèse lourdement sur le budget de l’état (60 000 hommes environ), alors que les secteurs sociaux, la santé et l’éducation, sont très en retard (56 000 lycéens et 11 000 étudiants au Tchad).

Situation économique

- Aux trois-quarts rural, supportant de fortes disparités de développement entre les villes et les campagnes, le Tchad est un pays aux déficiences structurelles réelles. La faiblesse de son PIB par habitant et de son IDH (170ème/179) vérifie l’hypothèse d’une économie fragile. Les secteurs d’activité sont principalement l’agriculture (16% du PIB) et le commerce (10%), l’industrie manufacturière n’occupant qu’une part marginale et reposant essentiellement sur la transformation (sucre et coton fibre). La filière du coton est en plein repli (-50% de la production en deux ans) ; elle pourrait être mieux soutenue, notamment en raison du facteur d’équilibre social qu’elle représente dans le sud du pays.

- Le secteur pétrolier a profondément modifié l’économie locale : la mise en valeur des gisements pétroliers à Doba en 2002, sur fond de hausse des prix du brut, a multiplié les ressources budgétaires du Tchad par huit. L’exploitation pétrolière, conduite par EXXON MOBIL (Etats-Unis), a généré des recettes représentant jusqu’à 48% du PIB en 2008. La production pétrolière et le raffinage qui s’y rattache laissent présager une expansion industrielle (projet de la raffinerie de Djermaya, 40 km au Nord de Ndjamena, en coopération avec la Chine). Par ailleurs, les explorations menées par le consortium pétrolier sino-tchadien (CNPC) et le lancement des travaux d’exploitation (nouveau champ pétrolifère de Mongo et construction d’un pipe-line de 300 km vers la future raffinerie) pourraient ouvrir de nouvelles perspectives de profits.

- Cependant, l’affectation des recettes pétrolières est à l’origine d’une phase de rupture avec la Banque Mondiale (2006-2008), qui a considéré que le gouvernement tchadien ne respectait pas ses engagements en termes de dépenses publiques (notamment quant à l’utilisation des recettes pétrolières, dont les affectations étaient contraires aux objectifs de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté). N’Djaména, de son côté, a expliqué que la menace persistante d’attaques rebelles l’amenait à accroître fortement les dépenses de sécurité. Dans son dernier rapport-bilan du 15 juin 2009, le GIC (Groupe international consultatif, conseil indépendant créé en 2001 par la BM) considère que "malgré les accidents de parcours rencontrés depuis 2003, le mécanisme de gestion des recettes pétrolières tchadien enregistre des réussites importantes à retenir. Le niveau de transparence dans la gestion des revenus pétroliers, même s’il n’est pas parfait, reste peu égalé ailleurs. Et malgré des niveaux de dépenses de sécurité contestables mais avec des circonstances atténuantes compte tenu des attaques rebelles subies à répétition par le Tchad, le niveau global des dépenses sur recettes pétrolières dans des secteurs prioritaires de réduction de la pauvreté pourrait servir d’exemple dans de nombreux pays". Ainsi après une phase de rupture (liée à l’utilisation des recettes pétrolières), la BM a accepté de rétablir ses relations (réouverture du bureau local).

- Les relations avec le FMI sont également difficiles. La facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) a été abandonnée en février 2008, le gouvernement tchadien n’ayant pas respecté ses engagements en termes de dépenses publiques. Un nouveau programme de référence (SMP) de 6 mois a été accordé et vient d’être prolongé. Sa conclusion est indispensable pour accéder une nouvelle FRPC puis à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE).

P.-S.

- Carte du Tchad

Publié le mardi 20 avril 2010, par CIDR

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