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Rapport d’activité 2011 - Microfinance, entreprises et création d’emplois

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Appuyer les IMF partenaires à installer des guichets de financement d’entreprises

Les deux partenaires qui pourraient le plus rapidement installer un guichet de financement d’entreprises sont (i) ICS Cameroun, du fait de la demande croissante de femmes entreprenantes voulant accéder à des crédits individuels (hors de leur groupe de solidarité), de plus gros montants et de durée plus longue, et (ii) PRIDE Tanzanie RFW, qui considère que le financement de PME en aval de filières diffuses et moins bien structurées est une façon plus sécurisée de s’ouvrir à un marché plus vaste de chaînes de valeur agricole.

Au Ghana, OVCF a inclus le financement à moyen terme de PME agroalimentaires dans son portefeuille de prospect. Deux types de PME ont été identifiés pour le moment : les PME agro-industrielles qui produisent et transforment, comme dans la filière de l’hévéa (mais qui achètent aussi auprès de petits planteurs périphériques), et les PME de transformation, comme Fruitiland qui fabrique des jus d’agrumes pour l’export, à partir d’un approvisionnement local auprès de petits et moyens producteurs. Les conditions de financements vont différer lorsqu’il s’agit de groupes de producteurs ou de PME. OVCF veillera à ce que les banques aient des produits et du personnel dédié pour servir les PME de façon adaptée. L’emploi créé ou maintenu dans ces PME sera également suivi.

En fin d’année, une étude de faisabilité a été conduite en Côte d’Ivoire, visant à identifier une IMF partenaire, la demande en financement des PME agro-alimentaires et la rentabilité de ce marché, à court et moyen terme. Le but est de formuler un nouveau projet dédié au financement de PME agro-alimentaire dans ce pays très entreprenant d’ici fin 2012.

Promouvoir des innovations pour l’atteinte des ODM

En 2011, deux évaluations de performance sociale d’IMF partenaires ont été accompagnées par le département qui y a dépêché une chargée d’étude : WPS au Kenya et ICS Cameroun à Maroua et Garoua. Les projets ou institutions de microfinance appuyées par le CIDR ont souvent les mêmes forces (le ciblage des pauvres et des exclus) mais aussi des efforts à faire pour diversifier leurs produits et services et pour renforcer les capacités du personnel (qui dépend beaucoup du SIG et de la méthodologie plus ou moins participative employée). Le POS du département a prévu d’y pallier.

Mettre en place une nouvelle organisation en cohérence avec le nouveau modèle économique du département

Le modèle économique du département sera significativement déterminé par la mise en place de coordinations régionales et par un partenariat étroit avec des organisations du Sud tels que BASIX India, K-REP et MIFED Cameroun, dans le cadre du programme TRIAD.

Coordination Régionale Afrique de l’Est

La création de la coordination régionale correspond à une volonté du département et du CIDR de décentraliser les responsabilités et les lieux de prise de décision, au plus près des partenaires locaux et de leurs besoins, au plus près des décideurs politiques publics sectoriels et transversaux et au plus près des sources de financement (elles-mêmes de plus en plus déconcentrées), de façon à être agile et réactif dans la formulation de réponses adaptées et dans leurs mises en œuvre sur le terrain, en fonction d’opportunités. Un travail approfondi a été effectué en concertation entre le siège et le terrain en 2011. Les grandes lignes suivantes ont pu être dégagées.

Dans le cadre de MECE et de l’Afrique de l’Est, la coordination régionale dispose d’un coordinateur qui développe, gère et évalue un portefeuille de projets et programmes pays qui sont sous sa responsabilité. En l’occurrence, celle de l’Afrique de l’Est couvrira dans un premier temps cinq pays : Ethiopie, Kenya, Madagascar, Tanzanie et Rwanda, auquel le Mozambique ou le Malawi pourrait se joindre. Un ou plusieurs experts régionaux feront partie de cette équipe régionale qui a pour vocation d’apporter une expertise court terme, à des programmes n’en nécessitant pas davantage du fait de la maturité du secteur (Kenya par exemple) ou des partenaires (PRIDE Tanzanie par exemple), et d’apporter un appui technique et un suivi méthodologique à des conseillers techniques pays, qui sont affectés à des projets et programmes pays, là où le besoin d’appui plus intensif se fait ressentir (Madagascar Centre de Ressource, Ethiopie réplication de RSCF, Rwanda appui aux SACCO…).

Les mandats de la coordination régionale proviendraient pour 50 % de contrats d’interventions directs pluriannuelles (Tanzanie FSDT et Kenya PROFIT), 40 % de missions d’appui et d’expertise auprès de projets et programmes où un conseiller technique officie (Ethiopie RUFIP, Rwanda MICROLEAD 2, Madagascar CDR) et 10 % de formations et d’études ponctuelles, qui peuvent ouvrir des perspectives intéressantes ultérieurement. Des contrats pluriannuels sont importants pour assurer une stabilité à la coordination régionale et lui donner la visibilité de son action.

La coordination régionale développe un partenariat de co-promotion et d’exécution avec des organisations de la sous-région de façon à s’insérer dans le paysage institutionnel régional et être perçu comme tel. Il réalise des études complexes et à portée nationale avec des bureaux nationaux ou sous-régionaux (exemple K-REP, Essence). Il intervient en formation dans des instituts locaux et régionaux existants (exemple MicroSave) en profitant de leur système de marketing. Il identifie de nouveaux projets et programmes avec des ONG professionnelles nationales et co-promeut ces projets avec elles.

Un plan d’affaires a été développé. Il montre qu’un équilibre des comptes peut être rapidement atteint.

Une telle organisation de coordination régionale peut fonctionner en complémentarité avec un directeur de département qui prendrait en charge les dimensions de R&D, de KM, de dialogue politique au Nord et au Sud, effectuerait deux missions de supervision et d’appui-conseil pointues par an et qui se chargerait des montages financiers et mobilisation de ressources au Nord.

Partenariat avec BASIX et PAMIGA

Comme développé dans les faits marquants du département MECE, un partenariat avec BASIX India et PAMIGA a émergé en 2011 avec le démarrage du programme MICROLEAD 1 où ce consortium appuie deux partenaires de CIDR notamment sur le plan de la technologie et s’est poursuivi avec la participation de conseillers techniques régionaux seniors à des missions de formulation de propositions pour MICROLEAD 2, notamment au Rwanda, en Tanzanie et au Ghana.

Au niveau du siège, des consultations ont aussi abouti à la volonté de promouvoir un programme plus ambitieux à l’échelle de l’Afrique Sub-Saharienne. Un document conceptuel a été finalement rédigé et soumis à la SDC pour un financement d’amorçage. Un atelier de planification de deux jours a été organisé à Berne en novembre et a officiellement marqué le démarrage du processus de mobilisation de ressources pour le financement de ce partenariat Sud-Nord-Sud.

S’il devait aboutir, nul doute que ce partenariat ouvrirait la porte pour MECE à d’autres façons d’opérer, d’autres méthodes de travail, d’autres formes de financement et aussi d’autres relations avec des acteurs sur le terrain.

Il est positif que ce partenariat démarre en Afrique de l’Est car il pourra s’appuyer sur une coordination régionale, certes en pleine mutation, mais relativement mieux dotée en experts chevronnés et disposant d’une souplesse d’intervention.

Pour la coordination régionale Afrique de l’Est, le programme du TRIAD est une opportunité à saisir pour asseoir son modèle économique et développer son portefeuille d’intervention. Le TRIAD ne devrait pas représenter plus de 25 à 30 % du budget de la coordination régionale Afrique de l’Est en 2013 et 2014.

Contribution aux priorités politiques du CIDR 

Accompagner la modernisation des économies locales et la création d’emplois

Le département contribue concrètement à la modernisation des économies locales en zones rurales, en renforçant les capacités institutionnelles des IMF rurales pour qu’elles soient pérennes et puissent servir durablement une clientèle négligée par les banques et en les aidant à développer des produits adaptés pour le financement des ménages ruraux et des chaînes de valeur agricoles.

Le financement des chaînes de valeur agricole est une percée considérable du CIDR. De nombreux acteurs s’intéressent et ont publié sur ce thème, le département MECE du CIDR a des réalisations concrètes à montrer, d’où il tire son savoir et ses bonnes pratiques. En 2011, avec le programme OVCF au Ghana, un pas est franchi dans l’extension de cette nouvelle approche de financement agricole aux banques commerciales au Ghana. De même, avec les études réalisées en Tanzanie, les besoins de financement de PME insérées dans des chaînes de valeur vont être analysés en vue de trouver des solutions financières adaptées. Ce sont des emplois ruraux qui pourront être créés avec un financement adapté des chaînes de valeur agricoles.

MECE contribue aussi à la création d’emplois dans des villes secondaires, au travers des programmes de crédit solidaire, leur financement progressif et leur accompagnement des femmes avec de l’éducation financière. Une étude d’impact sur la création d’emplois décents réalisée a permis au Nord Cameroun d’identifier 2 à 5 % de femmes démunies pouvant progresser vers un statut d’entrepreneur de TPE avec de la création d’emplois (deux à trois emplois en plus) à la clé. Réussir à accompagner ces évolutions sur un plan financier et non financier est essentiel pour l’emploi de femmes et des jeunes dans les villes africaines en prise avec du chômage et des crises sociales.

Participer au renforcement de la dimension sociale du développement

Le département a pu accompagner deux IMF, WPS au Kenya et ICS Cameroun, dans la réalisation d’évaluation de leur performance sociale, suivi au Cameroun par un travail d’exploitation des enquêtes de satisfaction de clientes et des collectes d’histoires de vie, permettant de définir des hypothèses d’impact socio-économique.

Ce chantier sera poursuivi tous les ans du POS et sera accompagné de la définition d’un plan d’action pour améliorer la gestion de performance sociale des IMF appuyées.

Favoriser au niveau des territoires la cohérence des politiques sectorielles et de développement durable

Bien que ne travaillant pas exclusivement avec une dimension forte de territoire, MECE contribue à cet axe stratégique du CIDR en renforçant le capital social des femmes, en consolidant les solidarités traditionnelles des groupes d’entraide et en mettant en place/appuyant la consolidation d’institutions financières, responsables, qui lutte contre la pauvreté en favorisant les activités d’autopromotion.

Publié le lundi 22 octobre 2012

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