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Rapport d’activités 2011 - Entreprises agricoles, filières et marchés

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Madagascar

Ce programme qui vise à développer la démarche ESOP dans le contexte malgache a démarré en 2007 en partenariat avec l’ONG malgache « Harmonisation des Actions pour la Réalisation d’un Développement Intégré » (HARDI). Il avait pour objectifs de consolider un Groupement d’Intérêts Economiques (GIE - transformation et commercialisation de produits agricoles) dans la région de Tuléar (Sud Ouest de l’Ile) ainsi que développer la démarche sur d’autres filières et entreprises dans la région Analamanga (plateaux à l’Est de Antananarivo). Il prévoyait aussi, à cette fin, d’appuyer la création et le renforcement des compétences d’une plate-forme ESOP au sein de l’ONG partenaire. Il s’achèvera mi-2012.

Malgré la pertinence des objectifs du programme, confirmée fin 2010 par une évaluation du projet commanditée par l’Agence Française de Développement (AFD), on peut constater des écarts entre ce qui a été réalisé et les prévisions : en fin de programme, neuf promoteurs sont appuyés (pour treize prévus) et seules deux entreprises ont des perspectives d’autonomisation immédiate dès début 2012. Deux raisons majeures à cette situation :

  • Liées au contexte : 2009 et 2010 avaient vu une dégradation profonde du contexte politique et économique du pays. Bien que les activités du secteur privé aient légèrement repris en 2011, le regain est resté timide et la situation politique du pays est restée tendue. Les niveaux d’activités économiques sont encore bien au-dessous de ceux observés avant la crise. Bien que relativement épargnés, l’agriculture et le secteur de l’alimentation ne peuvent plus compter dans ce contexte sur le pouvoir d’achat urbain, fortement dégradé, des populations locales. Le contexte de crise a de plus largement accentué les difficultés du département et de l’ONG HARDI à négocier de nouveaux partenariats financiers.
  • Techniques : il s’est avéré difficile de mener de front constitution d’une nouvelle équipe au sein de HARDI et, dès les premières années, la création et le développement d’entreprises au rythme prévu (quatre par an) dans un contexte rendu particulièrement difficile.

Plusieurs points positifs sont malgré tout à tirer de cette période :

  • la variété des filières concernées (artisanat, transformation de soja en yaourt, fruits frais et en confiture, miel, huiles essentielles, café, …) et la richesse des expériences acquises,
  • le potentiel d’autres régions (Itasy) proche d’Antananarivo a pu être identifié,
  • l’équipe de la plate-forme, stable, qui a acquis une réelle connaissance du milieu des PME du secteur agroalimentaire et maîtrise désormais les relations entre ces PME, les producteurs et les acteurs de leur environnement.

La plate-forme a notamment beaucoup travaillé avec les promoteurs sur la valorisation de leurs produits et la recherche de marchés et cette expérience est reconnue comme une expertise de HARDI, pertinente et originale dans son environnement professionnel et institutionnel.

Le Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement (CCFD) examine ainsi avec intérêt la possibilité proposée par HARDI de continuer à appuyer les activités de la plate-forme pour une nouvelle phase de plusieurs années qui permettrait de consolider les acquis.

Appuyer la définition et la promotion de stratégies territoriales de développement agricole et rural

A Madagascar, le programme élaboré par le CIDR, HARDI et le Service national d’appuis aux CSA en 2011 visait le renforcement du rôle et des capacités des Centres de Services Agricoles (CSA) dans la mise en œuvre de la politique régionale de développement et de structuration des filières agricoles, élevage et pêche.

Son financement est en cours de montage. Le département et l’ONG malgache HARDI ont été présélectionnés pour accompagner les Comités Régionaux d’Orientation et d’Allocation des fonds de développement agricoles (CROA) et pour un appui aux centres de services agricoles dans plusieurs régions, appui qui pourrait être mené sur les bases suivantes :

  • améliorer les capacités opérationnelles et organisationnelles des CSA,
  • renforcer les processus participatifs de définition des plans de développement des districts et leur mise en cohérence avec la politique régionale, mettre en réseau les CSA,
  • mettre à leur disposition des possibilités de financement via un appui au CROA.

En cas de succès de cette candidature, des premières activités seront donc menées avec les CSA ciblés. La mise en place d’un programme plus vaste est toujours envisagée pour 2012.

Renforcer l’implication des organisations professionnelles à vocation nationale dans le développement des filières agricoles

réalisé au 31/12/2010 cible au 31/12/2011 réalisé au 31/12/2011
Nombre de nouveaux programmes mis en œuvre impliquant des organisations professionnelles agricoles de taille nationale démarrage du programme Bénin CCR-B
Programme Côte d’Ivoire élaboré et déposé
2 programmes en cours : Bénin CCR-B et Côte d’Ivoire FENARIZ-CI
Etude de faisabilité nouveau pays
2 programmes en cours : Bénin CCR-B et Côte d’Ivoire FENARIZ-CI
Elaboration d’un programme sur le Haute Guinée
Première ébauche d’un programme régional Afrique de l’Ouest avec le CRCOPR

Bénin

Ce programme mis en œuvre avec ETD vise à appuyer la dynamique dans laquelle le Conseil de Concertation des Riziculteurs du Bénin (CCR-B) et ses membres se sont engagés (planification stratégique, partenariats) en renforçant de manière rapide et efficiente leur capacité à rendre des services à leurs adhérents. Elle articule :

  • des activités à très court terme pouvant avoir un impact sur la productivité et les revenus des producteurs (magasins de stockages, matériel de production et de traitement post-récolte, aménagements de bas-fonds, mise à disposition de semences de riz certifiées et d’intrants),
  • des mesures à court terme permettant de développer des activités de production agricole et de transformation à coûts maîtrisés : formation sur les itinéraires techniques ; appuis aux groupements en matière de négociation avec des entreprises de transformation et de commercialisation. Ces impacts ont été renforcés par des actions visant à une meilleure valorisation sur les marchés nationaux de la production locale : plaidoyer, actions de communication.

Toutes les activités planifiées en 2011 ont été réalisées ou engagées. La création d’un fonds de garantie (120 000 Euros), les activités d’aménagements de bas fonds (60 ha), de construction de magasins de stockage (6) et de fournitures de matériels à 48 unions communales ont été menées à bien.

Les impacts de ces investissements sur les organisations membres du CCR-B (présence accrue de ces organisations sur le marché du riz) et sur les producteurs (amélioration des conditions de commercialisation, meilleure valorisation des produits) seront visiblement importants mais ne seront réellement significatifs qu’à fin 2012, les entreprises promues devant s’appuyer sur la récolte de riz de novembre 2011-janvier 2012 pour démarrer réellement leurs activités.

Les activités programmées en matière d’accompagnement pour l’élaboration des projets d’entreprises, de conseil au personnel du CCR-B, de formation aux itinéraires techniques de production pour les producteurs, à la gestion pour les producteurs élus des unions communales et régionales, et d’études (formation du prix du riz, recensements des producteurs…) ont également été toutes réalisées.

Les activités comme le travail en matière d’ingénierie de formation (formation des conseillers régionaux) ou la mise en œuvre des plans d’affaires par les unions communales et régionales ont été initiées et s’achèveront en 2012.

Le programme a permis de démontrer que le CCR-B et ses membres sont en mesure de contribuer fortement à la mise en place de systèmes durables d’approvisionnement en intrants, de collecte et de transformation et de commercialisation du paddy.

Conformément à ses objectifs, le programme a fortement contribué à placer le CCR-B et ses membres comme des acteurs incontournables pour le développement de la filière riz au Bénin, tant aux niveaux national que régional et local. Ils ont ainsi été le principal interlocuteur de l’Etat dans la distribution d’intrants aux riziculteurs et pour la mise en place de réseaux de producteurs de semences et, avec la Plate-Forme Nationale des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (PNOPPA), ils ont été consultés par l’Etat dans l’élaboration d’un partenariat Banque Mondiale/Etat Béninois.

Fin 2011, le CCR-B a sollicité le CIDR et ETD pour l’accompagner dans l’élaboration de ses nouvelles orientations stratégiques. Ce chantier permettra de définir précisément les axes sur lesquels pourront être engagés de nouvelles collaborations.

Côte d’Ivoire

L’année a été plus particulièrement consacrée à une étude et une analyse du contexte postélectoral et de l’évolution du positionnement des acteurs sur la filière riz. Cette étude et de nombreuses rencontres avec les acteurs représentatifs de la filière ont permis la reformulation des modalités de partenariats du projet (sans que soient modifiés ses objectifs et les activités prévues), et leur acceptation par l’ensemble des parties concernées (OPA, Etat ivoirien, bailleurs dont l’AFD).

2011 a également permis de mener des actions pour un démarrage effectif des activités dès la reconnaissance juridique de la faîtière acquise : rédaction des profils de postes à pourvoir, notes méthodologiques sur la mise en place du fonds de soutien, méthodes de diagnostic des Coopérative Départementale de Riziculteurs (CODERIZ), planification technique et financière des activités, …

Nouveaux programmes

Le programme conçu et élaboré en Haute-Guinée avec la FUPRORIZ-HG a été proposé en 2011 à l’AFD (Fonds d’Innovation Sectorielle (ONG) - FISONG) et au Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA) sans que ces pistes n’aboutissent. Les contacts pris pour son financement seront réactivés en 2012.

Un programme d’ampleur régionale a été ébauché en fin d’année avec le Cadre Régional de Concertation des Organisations de Producteurs Rizicoles (CRCOPR) qui évolue au sein du Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA). Ce nouveau programme intègrera à la fois des actions de renforcement de l’organisation au niveau régional et des appuis à quatre organisations faitières nationales (dont deux seraient accompagnées dans leur création). En phase avec son plan d’orientation stratégique, il représente aussi pour le département une occasion de donner à cet axe stratégique une ampleur régionale.

Développer un modèle organisationnel du département qui tienne compte de la diversification de ses approches

Sans perdre de vue ses priorités, le département a dû s’adapter aux évolutions et retards dans la mise en œuvre des programmes prévus. L’équipe est restée limitée à trois conseillers (avec le remplacement d’un CT au Bénin en fin d’année (fin de contrat)). La cohésion de l’équipe a pu cependant être renforcée autour d’échanges réguliers sur les activités, d’ateliers de travaux communs en septembre sur des thèmes impliquant toutes les expertises disponibles au sein de l’équipe, et surtout par une plus grande implication des conseillers techniques dans les travaux du département (préparation des dossiers de demande de financement, renforcement des compétences des deux plates-formes du Burkina Faso et du Mali (bilans de compétence des équipes et formations, audits des fonds investis dans les ESOP)).

La future organisation qui sera mise en place en 2012 autour du programme régional ESOP est également élaborée.

2011 a vu également se concrétiser quelques avancées en termes de recherche et mise en œuvre de nouveaux partenariats : des contacts ont été pris notamment en Côte d’Ivoire auprès de sociétés internationales (opérateurs de téléphonie notamment) qui développement des politiques de RSE de même qu’auprès de certaines fondations privées d’entreprises (Seed Foundation du groupe Pierson Export par exemple), ou philanthropiques mais particulièrement axées sur le développement de l’entreprenariat (AGRA et son département « market acces »).

Le département a pu aussi intéresser à sa démarche des organisations françaises s’appuyant sur des producteurs agricoles : signature d’un partenariat de quatre années avec ACCIR en Champagne Ardennes (financée par le reversement par leur coopérative d’1/1000ème de leur chiffre d’affaires), première visite d’échanges avec le Centre Français du riz et le syndicat français des riziculteurs en Camargue.

Le département (directeur et CT) a enfin défini des modalités de veille technique et sectorielle qui seront appliquées en 2012.

Contribution aux priorités politiques du CIDR 

Accompagner la modernisation des économies locales et la création d’emplois

C’est avant tout par la promotion d’une approche entrepreneuriale des économies rurales que le département a contribué à cette priorité du CIDR.

S’inspirant des modèles d’entreprises développées ces dernières années (ESOP), le département propose des modèles de développement économiques qui se démarquent du fonctionnement traditionnel des filières agricoles et des pratiques de mises entre leurs acteurs. Cette modernisation s’appuie sur une gouvernance partagée, des relations contractuelles stables entre acteurs, des services aux producteurs pour la mise en œuvre d’une agriculture « marchande » et pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée créée.

Tous les nouveaux programmes du département identifiés et élaborés visent à fournir en priorité une clientèle urbaine locale sensible au développement des PME dans leur pays mais surtout des produits compétitifs en qualité et prix face aux produits importés.

Outre la promotion des ESOP et leur accompagnement, le département a donc mis en œuvre cette dimension dans le cadre d’un partenariat avec une organisation professionnelle agricoles faitière et ses membres (unions régionales et communales) au Bénin, le CCR-B.

Le CIDR, ETD et le CCR-B ont organisé des ateliers d’aide à la décision pour des actions économiques au niveau de chaque Organisation Professionnelle (unions régionales et communales) membre du CCR-B. Puis les investissements prévus ont été réalisés : magasins, bas fonds, matériels post-récolte.

Ces OPA et des opérateurs privés ont ensuite été appuyés afin de gérer ces investissements et fournir des services aux riziculteurs. Ces mêmes opérateurs peuvent aujourd’hui faire appel à un fonds de garantie pour développer leur activité. Le CCR-B a vu ses capacités organisationnelles renforcées par le recrutement d’une équipe salariée de huit cadres, par des actions de formations et par son rôle central dans la mise en œuvre de l’action. S’appuyant sur la dynamique du projet, le CCR-B a montré sa capacité à concevoir et négocier de manière globale avec le Gouvernement des services des partenariats innovants (accès aux intrants à crédit, ventes de leur produits, notamment de semences). Le projet poursuit ses activités sur financement AFD (fin 2012), ce qui permettra de consolider les acquis en termes de services aux producteurs et de modernisation des exploitations familiales.

Le nouveau projet conçu à Madagascar, finalisé en mai, est un programme d’appui à des centres de services agricoles de district dans la région Sofia. Il a également pour objet d’accompagner cette dynamique de modernisation des économies rurales en appuyant la mise en œuvre de politique de développement agricole et rural notamment sur des partenariats privés (ONG, OPA, entreprises agroalimentaires) - publics (autorités de la région, services décentralisés de l’Etat), et de promouvoir des activités génératrices d’emploi.

Participer au renforcement de la dimension sociale du développement

Les termes de référence du travail prévus sur les méthodologies de mesure des impacts des ESOP sur les producteurs et leur environnement ont été largement affinés et ses objectifs et le budget qui y sera consacré significativement renforcés. Sa mise en œuvre en 2012 permettra de mesurer l’impact social des ESOP.

Favoriser au niveau des territoires la cohérence des politiques sectorielles et de développement durable

Le département n’a pas encore mis en œuvre de programme répondant à cette priorité mais les interventions conçues pour la région Sofia à Madagascar s’intègrent totalement dans cette logique en visant à accompagner la mise en œuvre de politiques sectorielles au niveau d’une région. L’action définie s’est notamment inscrite dans la logique du processus de décentralisation en cours à Madagascar.

Une réflexion sur des actions internationales, à l’échelle de la région Ouest-Africaine, a également été entamée avec dans un premier temps un appui (avec d’autres organisations internationales) à la constitution du Cadre régional de concertation des riziculteurs d’Afrique de l’Ouest (CRCOPR - créé dans le giron du ROPPA) au premier semestre. En fin d’année, le CIDR et le CRCOPR ont ébauché les grandes lignes de ce que pourra être une action conjointe. Cette action viserait à appuyer le CRCOPR et ses membres nationaux pour qu’ils puissent se positionner en interlocuteurs des instances régionales et bailleurs internationaux. Ils pourront alors influer les politiques sectorielles définies à l’échelle régionale (CEDEAO, Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), etc.), leur cohérence et le rôle qu’elles donneront aux organisations professionnelles agricoles.

Publié le lundi 22 octobre 2012

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