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TANZANIE - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères

Situation intérieure 

Situation politique

La stabilité et la cohésion de la Tanzanie, issue de l’union du Tanganyika et de l’archipel de Zanzibar en 1964, sont directement liées à l’action de Julius Nyerere, chef de l’Etat de 1963 à 1985.

- La Tanzanie a rompu en 1986 avec le dirigisme économique (socialisme agraire) et en 1992 avec le régime du parti unique. Le président Mkapa, élu en 1995 et 2000, n’était pas candidat en 2005, la constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Le candidat du Parti de la Révolution (CCM), M. Jakaya Kikwete, ministre des affaires étrangères depuis 1995, a été élu le 14 décembre 2005 avec plus de 80% des suffrages, au terme d’un processus électoral dont les observateurs ont salué le bon déroulement.

- L’équipe gouvernementale nommée le 4 janvier 2006 a marqué un net renouveau. Elle s’est caractérisée par sa forte féminisation et la prise en compte des équilibres régionaux et religieux. A la suite de scandales financiers, le Président a procédé, en février 2008, à un remaniement majeur, qui s’est accompagné du limogeage du gouverneur de la Canque Centrale. Ces initiatives, qui faisaient suite à l’assainissement du ministère du tourisme quelques mois plus tôt, ont accru la popularité du Président. Les priorités du gouvernement sont le dialogue avec Zanzibar, le problème de la corruption, les questions de développement économique (Mkukuta = stratégie nationale quinquennale de réduction de la pauvreté mise en place fin 2005) ainsi que les réformes structurelles et institutionnelles.

Sur la délicate question de Zanzibar, de son statut et de ses liens avec la Fédération, le Président avait relancé le débat en 2006. Le dialogue - mwafaqa- a bien avancé au début de l’année 2008 ; un accord a été trouvé par le CCM et le CUF (parti d’opposition) pour un partage du pouvoir. Le CCM de Zanzibar a toutefois souhaité soumettre à référendum cette importante modification institutionnelle, solution rejetée par le CUF. Les pourparlers sont restés dans l’impasse jusqu’à la fin de l’année 2009.

A l’approche des élections (automne 2010), les deux partis ont finalement accepté l’idée du référendum sur un gouvernement d’union. Il devrait avoir lieu avant les élections. Les deux partis se sont mis d’accord pour que le partage effectif du pouvoir n’intervienne qu’après les élections générales et sur la base des résultats de celles-ci.

- Le président Kikwete apparaît sans rival. Le principal parti d’opposition, le CUF, concentre son action sur Zanzibar et a peu de projets pour l’Union. Le Chadema, autre parti d’opposition censé représenter les jeunes élites urbaines, peine à définir une ligne claire. Le Président a pris le contrôle du Parti de la Révolution (CCM), réuni pour son 8ème congrès, qu’il dirige depuis 2006 et où il s’était difficilement imposé comme candidat aux élections de 2005. Il a écarté une partie de la vieille garde qui verrouille le parti et le pays depuis longtemps.

- Le Président Kikwete s’est attaché à renforcer la capacité politique du Parlement à exercer son contrôle sur le gouvernement, alors même que son parti y détient plus des trois quarts des sièges (le CCM a remporté pratiquement toutes les élections partielles tenues depuis le début de la législature). Il a aussi su préserver le consensus national sur la laïcité et un projet politique non ethnique, dans un contexte régional troublé.

- Quatre grandes réformes ont vu le jour : 1) dans le secteur public avec pour objectif la cession ou la privatisation d’entreprises publiques (assurance, réseau ferré et portuaire) 2) dans le secteur de l’énergie 3) celle du secteur des transports qui comprend la privatisation d’infrastructures portuaires et ferroviaires et 4) des réformes législatives dont la révision de lois complexes sur la propriété foncière, le décret anti-corruption (Prevention of Corruption Act) et des mesures de soutien aux entrepreneurs locaux pour améliorer le climat des affaires.

Le Gouvernement en place doit toutefois relever plusieurs défis :
- Le sentiment de corruption : la lutte contre la corruption a constitué la priorité des trois dernières années. L’adoption de la loi sur la prévention de la corruption, les arrestations et mises à pied récentes (limogeage du Premier ministre et de trois ministres importants, assainissement du ministère du tourisme et renvoi du gouverneur de la Banque Centrale), donnent l’impression d’une réelle volonté gouvernementale en la matière. Le 25 novembre 2008, deux anciens ministres ont été inculpés dans une affaire de corruption remontant à 2003. Sans atténuer les progrès restant à accomplir, les choses évoluent de manière sensible.

- La crise politique à Zanzibar. Bien que Zanzibar profite largement du renouveau économique apporté par le tourisme, l’aile zanzibarite du CCM est sur la défensive. L’introduction du multipartisme a ravivé les vieux clivages entre les élites de Zanzibar (CCM) et celles de Pemba (CUF). Ces adversaires se retrouvent cependant sur le terrain des revendications souverainistes, qui réapparaissent de façon récurrente.

Situation économique

La Tanzanie a atteint, ces dernières années, un taux de croissance annuel du PIB élevé (autour de 7% de 2002 à 2005, 7,3% en 2007, 7,5 % en 2008) et une stabilité macroéconomique. Des progrès significatifs ont été accomplis dans les domaines de l’éducation primaire, de l’égalité des genres, de l’accès de la population urbaine à l’eau, mais il reste à traduire la croissance en matière d’emploi et de lutte contre la pauvreté (la Tanzanie est l’un des 15 pays les plus pauvres du monde). Beaucoup reste à faire dans le domaine des infrastructures, de la malnutrition et de la santé (SIDA en particulier). Le secteur électrique, en particulier, constitue un sérieux frein au développement du pays (6% seulement des foyers sont connectés au réseau électrique) ainsi que le manque d’infrastructures de transports (le réseau ferroviaire, pourtant important 4500 km, reste très vétuste) et d’infrastructures portuaire (le manque de capacité de déchargement provoque l’encombrement du port de Dar es Salaam). Quant au réseau routier, bien qu’il soit le mieux entretenu de la zone EAC, il est très incomplet.

La récession mondiale a entraîné une baisse de 2,5 points de PIB en 2009 (5%) non pas à cause d’une contagion directe de la crise internationale sur les marchés financiers tanzaniens dont l’exposition extérieure est très limitée (faible intégration financière) mais en raison de son impact sur l’économie réelle. Les principaux secteurs exportateurs de la Tanzanie (produits miniers et agricoles) et les revenus du tourisme ont été touchés dans un premier temps par la réduction globale de la demande.

La baisse du cours du baril, a en revanche, réduit le coût des produits intermédiaires entrainant une baisse des coûts de production tout en relâchant la pression sur l’inflation domestique (11,9% en moyenne sur 2009). En fin d’année 2009, on constate une amélioration du déficit de la balance commerciale due à la baisse des importations et à une augmentation de 7,9% des exportations. Le déficit de la balance commerciale est ainsi passé de 2,95 Mds$ en 2008 à 2,06 Mds$ en 2009.

Les investissements directs étrangers, l’expansion du tourisme et du secteur minier (2ème producteur d’or en Afrique, l’or représentant le 1er poste d’exportation) constituent les grands atouts de la Tanzanie. L’agriculture est également prometteuse mais requiert une réforme de fond, notamment de la propriété foncière, qui n’est pas à l’ordre du jour. Les perspectives pour 2009 sont bonnes, avec une croissance de 7,1% tirée par la construction, les services (télécommunications et banque) et le secteur minier.

- La Tanzanie est l’un des principaux pays bénéficiaires d’APD en Afrique subsaharienne. L’APD bénéficie surtout aux infrastructures, en particulier les routes et le secteur de l’énergie. La contrepartie est une importante dépendance de l’économie tanzanienne à l’égard des bailleurs internationaux (16 % du revenu national brut et 41 % du budget de l’Etat) bien que la base fiscale du revenu national s’élargisse progressivement. Les IFIs y sont très présentes, notamment depuis l’éligibilité de la Tanzanie à l’initiative PPTE renforcée. La Banque Mondiale, avec 620 M USD, compte pour près du tiers des engagements extérieurs annuels. Les bailleurs privilégient l’aide budgétaire (2/3 de l’APD), coordonnée au sein d’un fonds bi/multi de réduction de la pauvreté qui fait de la Tanzanie un laboratoire en matière de gestion de l’aide internationale. En février 2007, le FMI a approuvé un nouvel instrument de soutien à la politique économique tanzanienne (PSI) pour trois ans. Ce dernier remplace la Facilité pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (PRGF) qui a pris fin en Décembre 2006. L’instrument PSI fournira un contrôle externe plus vaste des efforts gouvernementaux de réforme, mais contrairement au PRGF, il n’apporte pas de soutien financier.

- S’agissant de l’environnement des affaires, la Banque Mondiale considère que la Tanzanie compte parmi les dix principaux pays au monde pour le rythme des réformes réglementaires. Cela a des conséquences sur le niveau des IDE, la Tanzanie en étant de loin le principal pays bénéficiaire (en flux et en stock) au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est. Les programmes de privatisation et le développement du secteur minier en sont les principaux leviers.

P.-S.

- Carte de la Tanzanie

Publié le lundi 28 février 2011, par CIDR

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