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TANZANIE - Données générales - Situation intérieure - Politique extérieure

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Source : Ministère des Affaires Etrangères

Politique extérieure 

Le Président Kikwete a adopté un profil international plus ambitieux que celui de son prédécesseur, entretenant de bonnes relations avec ses voisins et avec les pays donateurs et cherchant à jouer un rôle de puissance régionale notamment dans la crise des Grands Lacs.

ONU

La Tanzanie a siégé au conseil de sécurité en qualité de membre non permanent au cours du biennum 2005-2006. Ban Ki Moon a nommé (janvier 2007) Mme Asha-Rose Migiro, jusqu’ici ministre des Affaires étrangères de Tanzanie, au poste de vice-secrétaire général (n°2) de l’ONU.

Grands Lacs

La Tanzanie a subi le contrecoup des conflits dans la région des Grands Lacs, notamment par l’afflux massif et régulier de réfugiés dont le nombre décroît maintenant très régulièrement : 141 000 personnes étaient prises en charge par le HCR en septembre 2008, contre 217 000 un an plus tôt, parmi lesquels 54 000 Burundais et 87 000 Congolais. L’amélioration de la situation régionale a permis d’amorcer le mouvement de retour des réfugiés dans leur pays d’origine. Le gouvernement tanzanien a proposé, en 2008, la nationalité tanzanienne à 180 000 des 225 000 réfugiés de 1972 ; 46 000 ont déjà fait une demande officielle en ce sens.

Une participation importante à la résolution du conflit en RDC

Dar es Salam a accueilli en juin 1999 et mai 2000 des rencontres entre les Présidents Kagame et Museveni, ainsi qu’en 2001 une rencontre (sans suite) entre les Présidents Kabila et Museveni. En avril 2003, le Président Mkapa a été mandaté pour une nouvelle médiation entre les Présidents Museveni et Kagame. En mai 2003, Dar es Salam a également été le lieu d’une rencontre entre les parties au conflit en Ituri, permettant la relance du processus de paix dans cette région. Par ailleurs, la Tanzanie est un membre actif de la Conférence internationale sur les Grands Lacs, dont elle a accueilli le premier Sommet en novembre 2004. C’est en marge de la cérémonie d’investiture du Président Kikwete, en décembre 2005, que les Présidents Kabila et Kagame ont aplani leurs différends, à la veille des élections générales congolaises.

Un rôle majeur de médiateur dans la crise burundaise

La Tanzanie a exercé son influence pour convaincre les rébellions armées, en particulier le CNDD-FDD de rallier le processus de transition. Elle a continué à jouer ce rôle au sein de l’« initiative régionale » (avec l’Ouganda et l’Afrique du Sud) vis-à-vis du FNL, dernière rébellion active au Burundi et dont les dirigeants se trouvaient à Dar es Salam, jusqu’à la signature d’un accord avec le gouvernement burundais en septembre 2006.

La Tanzanie accueille le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, dont le siège est à Arusha.

Somalie

La Tanzanie est membre du groupe de contact international sur la Somalie. La situation en Somalie et plus largement la stabilité de la Corne de l’Afrique constitue pour la Tanzanie un enjeu de sécurité nationale (terrorisme). Coopération régionale

La Tanzanie a contribué à la renaissance de la Communauté d’Afrique de l’Est (East African Community), dont le siège est à Arusha. Un accord de libre-échange est entré en vigueur en janvier 2005 et les Etats membres se sont fixés l’objectif d’un marché commun d’ici 2010. La Tanzanie a encouragé l’élargissement de l’EAC au Rwanda et au Burundi, devenu effectif fin 2006. Elle joue un rôle mesuré en défendant le respect du calendrier institutionnel initial : union douanière, zone de libre-échange, union monétaire puis intégration politique. La Tanzanie est également membre de la Communauté de Développement de l’Afrique australe (Southern African Development Community, SADC). Elle a quitté le COMESA en septembre 2000.

La Tanzanie (dans le cadre de l’EAC) a signé avec l’UE un accord de partenariat provisoire (APE) (le premier du continent) pour remplacer les accords de Cotonou. Ce nouvel accord prévoit une disparition des droits de douane sur 25 ans et une réduction de ces droits de 63% d’ici 2010. Les négociations reprendront cette année pour l’établissement d’un APE définitif. Union africaine

La Tanzanie a exercé, en 2008, la présidence de l’Union africaine à laquelle le Président Kikwete a été porté à l’unanimité. La présidence tanzanienne a été active, pragmatique et discrète.

Pragmatique, le Président Kikwete a voulu et su favoriser les sorties de crise là où elles étaient possibles : Kenya, tension rwando-congolaise où les développements de janvier 2009 couronnent un patient travail régional, expédition réussie à Anjouan, soutien du retour à l’Etat de droit en Mauritanie, vicissitudes du dialogue inter-burundais.

Le Président Kikwete a en revanche rapidement jugé qu’il aurait peu de marge de manœuvre au Darfour, où il se savait peu écouter. Il s’est donc contenté de convaincre Béchir de l’intérêt de la mise en place de la force hybride et s’est peu exprimé sur le sujet de la CPI. Toutefois, la Tanzanie n’est pas hostile à l’action de la CPI ni à l’inculpation du Président Béchir mais elle considère le moment mal choisi et estime par ailleurs que les éléments présentés au CSNU par l’Union africaine n’ont pas été pris en compte.

En Somalie, la Tanzanie a gardé ses distances, faute de constater une vraie volonté politique.

Le Zimbabwe reste la grande frustration de cette présidence où la Tanzanie s’est constamment heurté à l’immobilisme et à l’exclusivité de l’Afrique du Sud et à la paralysie de la SADC.

De manière plus générale, le Président a fortement défendu l’intégration régionale et le principe de subsidiarité par zones.

P.-S.

- Carte de la Tanzanie

Publié le lundi 28 février 2011, par CIDR

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